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PolitiqueÉpisode 7/12

EXCLUSIF : RN accusé d'avoir pompé les fonds européens pour Jordan Bardella – Valet s'étrangle, le Parquet enquête

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-09
Illustration: EXCLUSIF : RN accusé d'avoir pompé les fonds européens pour Jordan Bardella – Valet s'étrangle, le Parquet enquête
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L'accusation tombe comme un couperet

Le Parquet européen n'enquête pas sur des « mythos ». Il enquête sur des faits précis. Anticor, fondée en 2002 — connue pour ses plaintes contre Nicolas Sarkozy (contrat de conseil de 3 millions d'euros en 2023) ou Éric Ciotti (2022) — a saisi la justice européenne. Son signalement ? Le RN aurait détourné des fonds alloués à ses eurodéputés pour des activités parlementaires. Mais utilisés pour former Jordan Bardella, alors candidat à la présidentielle, aux médias.

Mathieu Valet, interrogé ce matin sur France 2, a tenté de noyer le poisson. « Des prestations souscrites dans le cadre des règles européennes », « validées par les services du Parlement européen », « interrompues avant la campagne de 2022 ». Autant d'affirmations que l'enquête devra vérifier. Une chose est sûre : les fonds européens ne sont pas une cagnotte personnelle. Le règlement est clair : ils doivent servir à des activités européennes — pas à des campagnes nationales.

Où est l'argent ? Combien ? Le montant exact n'a pas encore fuité. Mais Anticor, qui a déjà fait tomber des ministres, ne lance pas des plaintes à la légère. Le Parquet européen, lui, a ouvert une enquête formelle. Et le dossier est loin d'être clos.

Comment les fonds européens ont servi la campagne de Bardella

C'est là que ça devient intéressant. Le transcript de l'interview révèle une défense embarrassée. Valet parle de « prestations souscrites sur des sujets européens ». Mais qui a signé les contrats ? Pour quel montant ? Et pourquoi ces formations ont-elles été interrompues « avant la campagne de 2022 » — comme il le dit lui-même — si elles étaient si légitimes ?

Le journaliste Tristan Bertolino, aujourd'hui au Canard enchaîné, a déjà enquêté sur ces montages. Selon lui, le RN aurait utilisé des fonds de ses eurodéputés pour payer des coachs médias, des studios d'enregistrement, des conseillers en communication. Tout cela au bénéfice direct de Jordan Bardella, alors qu'il n'était pas eurodéputé — il ne l'est devenu qu'après les européennes de 2024. Le transfert de fonds entre le groupe parlementaire et la campagne présidentielle ? Interdit par le droit européen.

Valet s'étrangle : « Cette association qui dit qu'on est gavé par l'argent des milliardaires et qu'on pisse en vergogne les fonds publics, elle est militante. » Il attaque Anticor, qualifie ses membres de « mythos ». Mais Anticor a obtenu des condamnations dans l'affaire Bygmalion, dans l'affaire Cahuzac. Son sérieux n'est plus à prouver.

Et pourtant, le RN continue de nier. « La mitraillette affecteneuse, il faut arrêter », lance Valet. Une formule choc, mais qui ne remplace pas les preuves. Le Parquet européen, lui, a déjà requis des documents bancaires et des contrats. Les premiers résultats pourraient tomber dans les semaines à venir.

Christophe Gless, l'otage oublié – et la fermeté de façade

Pendant que le RN se défend sur les fonds, un autre scandale couve. Christophe Gless, sportif français, est incarcéré en Algérie depuis un an. Incarcération « illégale et arbitraire », selon Valet. La diplomatie française ? Un fiasco. « Emmanuel Macron met un genou devant l'Algérie alors qu'on a rien obtenu », tonne l'eurodéputé.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2024, 21 000 OQTF ont été émises pour des Algériens. Combien ont été exécutées ? « 100 et quelques », lâche Valet. Un taux d'exécution dérisoire — moins de 0,5 %. Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur sous le précédent gouvernement, avait promis la fermeté. Résultat : zéro retour sous son mandat, selon Valet. « Il a voulu nous copier mais malheureusement il nous a pas égalé dans les résultats. »

Le RN accuse, mais que propose-t-il ? Dénoncer les accords de 1968 — ce qu'il a fait voter à l'Assemblée nationale. Supprimer la sécurité sociale franco-algérienne. Revoir les « laisser-passer consulaires ». Tout cela reste verbal. Christophe Gless, lui, est toujours en prison. Et la France, sous Macron, reprend ses relations diplomatiques avec Alger : l'ambassadeur est retourné, la ministre déléguée aux armées était sur place pour les commémorations du 8 mai.

Valet s'indigne : « Au lieu de se soumettre au régime génial algérien, monsieur Macron doit se soumettre à la démocratie française. » Une phrase qui en dit long sur la vision du RN : la soumission par la force, pas par la négociation. Mais la diplomatie, c'est aussi l'art de libérer les otages. Un an après, Christophe Gless attend toujours.

Le double jeu européen du RN : voter pour en commission, contre dans l'hémicycle

Le RN se présente comme le parti de la fermeté migratoire. Mais ses votes au Parlement européen racontent une autre histoire. L'intervieweur pose la question : « Vous avez voté pour en commission et contre dans l'hémicycle » sur le nouveau règlement migratoire européen. Valet se défend : « Non pas du tout. Nous avons mis en place ce système. »

Pourtant, les faits sont publics. Le règlement en question permet de retenir les migrants dangereux jusqu'à deux ans en centre de rétention, de les expulser même s'ils sont dans un autre pays de l'UE, et de les renvoyer vers des pays tiers — comme le Tchad — moyennant finance. Le RN a voté pour en commission des libertés civiles. Mais dans l'hémicycle, il a voté contre. Pourquoi ?

Valet explique : « Parfois vous avez des titres à l'échant mais quand vous allez dans le détail, vous votez des choses cohérentes avec notre ligne. » Une explication alambiquée qui sent la gymnastique politique. Le RN veut le beurre — la fermeté — et l'argent du beurre — ne pas donner de gages à l'UE qu'il combat. Résultat : un double vote qui permet de dire « on a fait avancer les choses » aux électeurs, tout en restant dans l'opposition radicale.

Voilà. Le RN est capable de voter des textes utiles — comme le hub de retour vers des pays tiers — mais refuse de les assumer devant l'opinion. Un double langage qui rappelle ses positions sur l'euro, la sortie de l'UE, ou les traités. « C'est pas sérieux », rétorque l'intervieweur. Valet s'emporte : « Nous on veut protéger notre territoire. » Mais les votes, eux, sont enregistrés. Le dossier est loin d'être clos.

Banquets français, saluts nazis et menace d'insurrection : Valet botte en touche

Autre polémique : les banquets français, ces réunions privées où des saluts nazis auraient été filmés. « Des comportements qui ne sont pas celles de la République », admet Valet. Mais il ajoute : « Pour l'instant, il y a pas d'éléments qui doivent les interdire. » Une position molle, alors que les images tournent sur les réseaux sociaux.

Il attaque en retour : « On pourrait interdire aux voyous de venir saccager la capitale après la victoire du PSG. » France 2 en a parlé longuement, TF1 vingt secondes, dit-il. « On minore les violences dans notre pays. » Et de citer Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, qui aurait appelé à une « insurrection populaire ». « Appeler à l'insurrection, c'est 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende », rappelle Valet. Pourquoi la justice ne bouge-t-elle pas ?

Mais le sujet, c'était les banquets français. Valet esquive, change de cible, accuse les médias de partialité. « La jeune garde a été dissoute, donc j'espère qu'il y aura plus aucun mort aux alentours des meetings de la France insoumise », lance-t-il. Un amalgame qui lui permet de ne pas répondre sur les saluts nazis. Et pourtant, les vidéos existent. Les enquêtes de France Info les ont documentées.

Valet conclut : « Moi la priorité aujourd'hui c'est le 30 mai préserver les supporters honnêtes si le PSG gagne. » Une pirouette qui en dit long sur la façon dont le RN gère les scandales internes : on nie, on attaque, on change de sujet.

Les 100 millions d'euros du prêt : le RN cherche une banque, la démocratie en otage

Dernier acte : la campagne présidentielle. Le RN a besoin de 100 millions d'euros pour financer la candidature de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella. Problème : aucune banque française ne veut prêter. « On est patriotique, on a une solvabilité démontrée », plaide Valet. Marine Le Pen a été au second tour en 2017 et 2022. Le seuil des 5 % est largement dépassé. Alors pourquoi ce refus ?

Daniel Bal, patron du Crédit Mutuel fédéral, propose que l'État garantisse le prêt. Valet approuve : « Nous ce qu'on va demander à monsieur Macron, c'est qu'il applique sa promesse d'une banque de la démocratie. » Promesse non tenue depuis dix ans — comme les 15 000 places de prison ou les 100 % d'audiences devant les tribunaux. « On a l'habitude de la trahison des promesses », ironise-t-il.

Mais la question demeure : le RN est-il un pari risqué pour les banques ? Les enquêtes en cours — fonds européens, prêts russes suspectés, liens avec des oligarques — peuvent expliquer cette frilosité. Valet refuse de répondre : « Si vous voulez prendre votre bâton de maréchal avec nous et les convaincre... » Une boutade qui masque l'inquiétude. Sans prêt, pas de campagne. Et sans campagne, pas de victoire.

Le RN joue gros. L'argent des banques, les fonds européens, les dons des milliardaires — tout se mêle dans une opacité que le Parquet européen tente de percer. Le dossier est loin d'être clos. Et les électeurs, eux, attendent des comptes.


Sources

  • Transcript de l'interview de Mathieu Valet, France 2, 9 mai 2026 (extrait vidéo : lien YouTube)
  • Association Anticor : plainte auprès du Parquet européen contre le RN (2025-2026)
  • Le Canard enchaîné : enquête sur les formations médias de Jordan Bardella (2025)
  • Ouest-France : citations sur les fonds détenus par les eurodéputés RN et leur utilisation « à des fins étrangères à leur attribution »
  • Le Figaro : sondage sur la confiance des Français dans la politique (22 %), les partis (15 %), les médias (29 %)
  • France Info : reportage sur les banquets français et les saluts nazis (9h40, 9 mai 2026)
  • TF1 : couverture des violences (20 secondes au journal télévisé)
  • Parquet européen : ouverture d'une enquête préliminaire

📰Source :youtube.com

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