Perquisitions au RN : le Parquet européen cible des contrats de communication

Le Parquet européen a perquisitionné hier des bureaux de prestataires de communication du RN. Soupçons : détournement de fonds publics et absence de mise en concurrence. Les contrats visés courent de 2019 à 2024. Jordan Bardella, lui, est dans le viseur d'une plainte pour emploi fictif — datée de 2015. Une enquête pour fraude sur des formations de média training est ouverte depuis mai 2026. Et mardi prochain, Marine Le Pen attend son verdict.
Le Parquet européen passe à l'action
Ses enquêteurs ont débarqué chez des prestataires qui travaillaient avec le groupe RN au Parlement européen entre 2019 et 2024. L'objet ? Des soupçons de détournement de l'usage des fonds européens et de non-respect des règles de mise en concurrence. Selon nos informations, l'enquête porterait sur plusieurs centaines de milliers d'euros. Les enquêteurs ont saisi des documents numériques et papier.
Sébastien Chenu, interrogé ce matin, a tenté de minimiser : « Nous avons respecté les règles, nous le démontrerons ». Il dénonce une instrumentalisation politique à l'approche de l'élection présidentielle. « Ceci annonce le générique de l'élection présidentielle », a-t-il affirmé. Un discours rodé. Le RN conteste toute irrégularité. Et pourtant — le Parquet européen, créé en 2021, avait déjà annoncé en juillet 2025 l'ouverture d'une enquête sur l'ancien groupe Identité et Démocratie (auquel appartenait le RN) pour des dépenses indues de 4,3 millions d'euros (source : lamontagne.fr).
Comment expliquer que les mêmes prestataires aient été systématiquement choisis ? Chenu assure que tout a été fait dans les règles. Mais aucun document probant n'a été produit publiquement à ce stade. L'enquête se poursuit.
Anticor attaque sur le front des assistants
Nouveau front judiciaire pour le RN. Hier, l'association Anticor a saisi la justice. Elle demande l'ouverture d'une information judiciaire pour faux et détournement de fonds publics à l'encontre de Jordan Bardella. L'accusation ? Avoir occupé un emploi fictif d'assistant parlementaire européen en 2015. À l'époque, Bardella était assistant de l'eurodéputé Jean-François Jacques. Un poste qui aurait pu être une simple formalité administrative.
« C'est une histoire qui a 12 ans », a répondu Chenu. Il qualifie Anticor d'association militante « bien connue pour ses positions anti-Rassemblement national ». La présomption d'innocence protège Bardella. Mais les faits devront être établis. Anticor, déjà à l'origine de plusieurs plaintes ayant abouti à des procédures, dispose d'une certaine crédibilité judiciaire. L'affaire n'en est qu'à son début.
Pourquoi maintenant ? Chenu voit une « mécanique » électorale. « Ces procédures enclenchées à la veille des élections ne dupent personne », lance-t-il. Un argument bien rodé. Reste que la justice indépendante agit sur des éléments concrets, pas sur des calendriers politiques.
Les formations de média training dans le viseur
L'affaire la plus concrète, pour l'instant, porte sur des formations de média training. En mai 2026, le Parquet européen a ouvert une enquête pour fraude. Le reproche : Jordan Bardella aurait bénéficié de formations financées par le Parlement européen, censées être destinées à ses activités d'eurodéputé, mais en réalité utilisées pour préparer la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2022.
« Que des fonds européens financent des prestations de média training pour les députés européens, c'est tout à fait banal », se défend Chenu. Il juge « parfaitement ridicule » l'idée qu'en 2021 Bardella pouvait être candidat à la présidentielle, car la justice ne s'était pas encore prononcée sur le cas de Marine Le Pen. Un raisonnement contestable : anticipations politiques et cumul des mandats sont monnaie courante.
Les montants précis ne sont pas encore divulgués. Mais l'enquête est lancée. Le Parquet européen dispose de moyens d'investigation étendus. Si les faits sont avérés, ce serait un détournement de fonds publics européens à des fins partisanes. L'affaire pourrait rebondir.
Marine Le Pen : le verdict dans les starting-blocks
Mardi prochain, Marine Le Pen saura. Verdict ? Le tribunal doit rendre sa décision concernant les emplois présumés fictifs des assistants parlementaires du RN au Parlement européen. Une épée de Damoclès qui plane depuis des années. Si la condamnation est confirmée, elle pourrait entraîner une inéligibilité et bouleverser la campagne présidentielle.
Chenu a été interrogé sur l'image renvoyée par ces affaires : un parti qui s'affranchit des règles. Sa réponse est sans ambiguïté : « C'est surtout l'image d'un parti qui est harcelé par le Parlement européen et par son bras armé ». Il affirme que le RN conteste l'organisation de l'Union européenne. Et de comparer : « Nous n'avons pas les mêmes problèmes avec le Parlement français ». Une comparaison qui tombe à plat — le Parlement français n'a pas la même capacité d'enquête.
Le temps presse. Les électeurs jugeront. Mais avant, la justice parlera.
Chenu dénonce une « mécanique » — mais sans preuves
Sébastien Chenu a sorti l'artillerie lourde ce matin. Interviewé, il a déroulé une défense systématique. Il a reconnu que les perquisitions « annoncent le générique de l'élection présidentielle ». Pour lui, les plaintes sont déposées par des associations militantes, suivies de perquisitions, puis d'enquêtes. Une « petite mécanique » à laquelle le RN serait habitué.
« Nous allons faire la démonstration de notre pleine innocence », a-t-il promis. Mais aucun document n'a été produit. Les preuves, selon lui, existeraient. Il les brandira au moment opportun. Le doute persiste.
Le Parquet européen a-t-il des motifs politiques ? Chenu le sous-entend : « Ceux qui sont à l'origine du dépôt de la plainte ou du signalement sont eux politisés, ça c'est sûr ». Une accusation grave, qui n'est pas étayée par des faits. Le Parquet européen est une institution judiciaire indépendante, composée de magistrats professionnels.
Voilà. Une chose est certaine : la multiplication des procédures nourrit la tension politique. Le RN utilise cette stratégie de la persécution pour fédérer son électorat. Mais les faits, s'ils sont établis, pourraient ébranler le parti.
Conclusion provisoire
Ces enquêtes ne sont pas closes. Les perquisitions, la plainte d'Anticor, l'enquête sur les formations, la décision à venir pour Marine Le Pen — autant de pièces d'un puzzle judiciaire qui se dessine. Le RN dénonce un harcèlement. La justice suit son cours. L'opinion publique attend des réponses. Les prochaines semaines seront décisives.
Sources : Parquet européen, association Anticor, interview de Sébastien Chenu (transcript), lamontagne.fr (juillet 2025 sur l'enquête ID).
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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