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Saint-Ouen : une mère accuse un animateur périscolaire d’exhibition et d’agressions sexuelles sur son fils de trois ans

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-03
Illustration: Saint-Ouen : une mère accuse un animateur périscolaire d’exhibition et d’agressions sexuelles sur son fils de trois ans
© YouTube

« Maman, est-ce que toi aussi quand tu étais petite, on t’a montré des photos sur un téléphone portable ? » La question est tombée un lundi de juin. Un enfant de trois ans, à sa mère. Sans préambule. Elle a déclenché une enquête pour agressions sexuelles et exhibitions à l’école Nelson Mandela de Saint-Ouen — en petite section. Six animateurs ont été suspendus. Selon le récit de cette mère, des faits d’exhibition et d’agressions sexuelles auraient été commis par un animateur périscolaire.

L’enfant qui parle

C’était lundi dernier, midi. L’enseignante de son fils était absente. La mère l’a gardé à la maison. « J’étais très étonné, très choqué même », raconte-t-elle. Elle a creusé. Son fils lui a expliqué : c’était sur la pause méridienne, après la cantine. Un animateur lui aurait montré des images sur un téléphone. « Il a été dégoûté. Il m’a dit : “C’était Berk maman.” » La mère a demandé si la personne avait arrêté. « Non, non, la personne elle a continué et j’ai pas aimé. »

Elle a porté plainte. Jeudi après-midi, direction le commissariat de Saint-Ouen, avec son fils. « Il a été très courageux, très mignon. » Elle a raconté les faits au policier, en demandant à chaque fois à l’enfant : « Est-ce que ce que je dis c’est vrai ? » Il répondait oui. Une fois sortis, elle a précisé : « C’était des photos ou des vidéos ? » L’enfant a répondu : « Non maman, c’était des vidéos avec des pièces. » Puis il a ajouté : « C’est comme le machin qui nous fait un pipi dans les toilettes. »

La mère a tenté de comprendre. « Je lui ai demandé à quoi ressemblait le monsieur. Il m’a clairement décrit, avec ses mots, comme un épisode où la personne était en l’air. Je ne sais pas si l’homme urinait sur eux, mais clairement il y avait quelque chose de cet ordre. » Ensuite, l’enfant a dit : « Maman, on est allé se cacher sous les tables de la classe. » La mère pense aux alertes attentat où les enfants doivent se cacher. « Je ne sais pas si ça, c’est quelque chose de pas normal. »

Le lendemain, vendredi, elle est retournée seule au commissariat. Pour compléter sa plainte. Son fils était épuisé. « Le fait de m’avoir dit ça, ça l’a fatigué. Il a été très câlin. Il m’a dit : “Merci maman, ça m’a fait du bien.” » Depuis, l’enfant va mieux, mais il est fatigué, fait des cauchemars. Il a recommencé à faire pipi au lit et à la sieste — alors qu’il était propre. « On a dû lui remettre des couches. Il était assez énervé, il donnait des coups dès qu’il était frustré. » La maîtresse a confié à la mère : toute la classe était énervée.

Un changement de comportement collectif

La mère a discuté avec les autres mamans de la classe. Son fils avait cité des prénoms d’enfants présents dans les toilettes avec l’animateur. « Tout le monde m’a dit : “Mon enfant se remet à taper, mon enfant refait des cauchemars, mon enfant a besoin de la tétine à nouveau.” » Un changement de comportement global, simultané, dans la même classe. Et au-delà : des signalements ont été faits dans d’autres classes. Selon la mère, 11 signalements ont été recensés à l’école Nelson Mandela, dont 70 % concernent des enfants de petite section. Six animateurs — des hommes vacataires — ont été suspendus.

« Ce sont des monstres qui s’attaquent à des tout-petits qui peuvent pas s’exprimer ou qui comprennent pas », dit-elle. Elle a porté plainte « pour essayer d’échapper au statut de victime » et pour que son fils sache qu’elle a entendu, que c’était grave. Elle souhaite que d’autres parents fassent de même : « Pour qu’il y ait vraiment un grand nombre de plaintes et que ces personnes-là aillent en prison. »

Le contexte : une école, des vacataires, une enquête

L’école Nelson Mandela se situe à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. L’animateur mis en cause est un homme vacataire — son identité n’a pas été rendue publique. Six animateurs ont été suspendus dans cette affaire. La mère ne cache pas sa colère : « Le maire a beau dire “la confiance reviendra”, je suis pas d’accord. »

La mère précise : « Je pensais que suspendre voulait dire aller en garde à vue. Pas du tout. Ils sont chez eux à rien faire, ou ils vont bosser ailleurs. »

Le traitement judiciaire

L’affaire a débuté par le dépôt de plainte de la mère au commissariat de Saint-Ouen, jeudi et vendredi. Une enquête a été ouverte. Les auditions des enfants et des animateurs ont conduit à la suspension de six personnes. Aucune mise en examen n’a été évoquée dans le témoignage de la mère.

La mère appelle les autres parents à porter plainte. « C’est pas avec une seule plainte que ça va fonctionner. » Elle espère que la justice punira ces personnes, qu’elles n’aient « plus jamais le droit d’exercer ».

Ce que dit la mère

Ce témoignage éclaire les angles morts du dispositif de protection de l’enfance pendant le temps périscolaire. Les animateurs vacataires — souvent recrutés sans contrôle approfondi — évoluent dans une zone de moindre surveillance. Les très jeunes enfants, petite section, moyenne section, peinent à verbaliser des actes qu’ils ne comprennent pas. La mère le dit : « Ce sont des monstres qui s’attaquent à des tout-petits qui peuvent pas s’exprimer. »

Le changement de comportement collectif — cauchemars, régression de la propreté, agressivité — aurait dû alerter plus tôt. Mais aucun signalement n’avait été fait avant que l’enfant ne parle à sa mère.

La mère exprime une perte de confiance radicale dans l’école publique. « Je peux plus faire confiance à l’école publique. Je peux le mettre avec la maîtresse, mais à partir du moment où il est plus avec la maîtresse, je fais plus confiance. » Elle envisage de prendre une nounou le lundi pour que son fils mange à la maison. « Ça va un peu désociabiliser, mais je préfère ça. C’est sa première année d’école, en petite section. C’est horrible d’avoir vécu ça dès l’entrée en scolarité. »

La mère le rappelle : « Suspendre, ça veut dire aller en garde à vue ? Pas du tout. » Les animateurs suspendus peuvent travailler ailleurs. Seule une plainte pénale peut les écarter durablement.

La mère, elle, continue de se battre. « J’ai pleuré plusieurs fois de rage. Mon conjoint était muet au début. Il m’a dit : “J’ai envie d’aller le tuer.” C’est horrible. Vous pouvez pas imaginer que ça pouvait nous arriver. Mais en fait ça peut arriver à tout le monde. »

Sources :

📰Source :youtube.com

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