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PolitiqueÉpisode 30/29

Glucksmann, Saakachvili et les réseaux d'influence : un témoin brise le silence

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-04
Illustration: Glucksmann, Saakachvili et les réseaux d'influence : un témoin brise le silence
© YouTube

Félix Marcar, un témoin direct

Il a 51 ans. Vit à Athènes aujourd'hui. Son parcours est un roman : fils d'un avocat d'affaires austro-allemand et d'une galeriste new-yorkaise, il a fréquenté Stanislas, produit du rap français, tagué dans les rues de Paris, puis fréquenté Davos pendant quinze ans. Aujourd'hui, il témoigne.

Dans un entretien accordé à Blast, il raconte ses années géorgiennes. Celles où il a côtoyé Raphaël Glucksmann, alors jeune intellectuel atlantiste, et Mikheil Saakachvili, président de la Géorgie de 2004 à 2013. Selon lui, tous deux étaient payés par le National Security Council géorgien — un organe d'État. Marcar affirme que l'argent venait probablement de fonds américains : USAID, Soros, National Endowment for Democracy.

Le témoignage le plus accablant concerne une femme. L'ex-compagne de Marcar, qui dirigeait une ONG en Géorgie. Selon lui, après un déjeuner avec Saakachvili, celle-ci a commencé à recevoir des SMS « très insistants, très lourds » du président. Marcar affirme que Glucksmann a servi d'intermédiaire : il aurait fourni le numéro de téléphone de la jeune femme à Saakachvili, puis l'aurait poussée dans le bureau du président et fermé la porte derrière elle — ce que confirme un livre publié en Allemagne où l'ex-compagne témoigne.

« Je ne peux pas attester qu'il ait été de manière structurelle un rabatteur de femmes pour Saakachvili, précise Marcar. Mais il a servi de rabatteur avec mon ex. »

Selon Marcar, le journaliste du Monde, contacté pour un portrait de Glucksmann, aurait d'abord refusé d'inclure cette anecdote, faute de source supplémentaire. Ce n'est qu'après que l'ex-compagne a accepté un appel de sa part pour confirmer les faits qu'il a été contraint d'en parler partiellement. « Il raconte un quart de l'histoire », déplore Marcar.

Les années géorgiennes de Glucksmann

D'après Marcar, Glucksmann était bien plus qu'un simple consultant. Il était un lobbyiste pro-américain, pro-armement, anti-soviétique à outrance. « Nous étions tous les deux employés du gouvernement, sauf que lui était 1000 fois plus proche de Saakachvili », raconte-t-il.

Selon Marcar, Le Monde a publié un portrait de Glucksmann en juillet 2024. D'après lui, ce portrait est « du vernis ». Il omet les accusations de harcèlement, minimise le rôle de lobbyiste, et présente une image lisse du candidat possible à la présidentielle. Un autre article, signé Mark Endevel, est selon lui « vraiment meilleur » et plus critique.

La question des financements reste centrale. Marcar affirme que le National Security Council géorgien était probablement alimenté par des fonds américains. « Étant donné le niveau de richesse de la Géorgie, je pense que c'est soit Soros, soit USAID, soit le National Endowment for Democracy qui payait nos salaires. »

Où en est la justice ?

Aucune procédure judiciaire n'est connue à ce stade. Marcar rapporte des faits, ce sont des témoignages — pas des décisions de justice.

L'ex-compagne de Marcar témoigne dans un livre publié en Allemagne. Ce livre constitue une pièce à charge supplémentaire, mais il n'a pas donné lieu à des poursuites. Les faits remontent aux années 2000-2010.

Au-delà du cas Glucksmann

Selon la source, la France accueille à bras ouverts des dictateurs quand l'intérêt économique le commande. La vidéo affirme qu'Emmanuel Macron et Jacques Lang ont redoré l'image de Mohammed ben Salmane après l'assassinat de Jamal Khashoggi.

« Les oligarques nous font croire à une pseudo-démocratie », déclare Marcar. Une phrase qui résume son parcours : de l'atlantisme béat à la critique radicale du système.

Et maintenant ?

Plusieurs questions restent ouvertes. La première : d'autres témoins vont-ils se manifester ? Marcar n'est pas le seul à avoir fréquenté les couloirs du pouvoir géorgien.

La deuxième : selon Marcar, quel rôle a joué Le Monde dans cette affaire ? Le journaliste a-t-il volontairement minimisé les accusations, comme le suggère Marcar ? Ou s'agissait-il d'une prudence professionnelle ?

La troisième : Glucksmann peut-il répondre point par point aux accusations ? Pour l'instant, il s'est contenté d'une dénégation vague.

Enfin, cette affaire pose une question plus large : comment la France traite-t-elle les lanceurs d'alerte ? Marcar a choisi de témoigner sur Blast, un média indépendant.

« Je suis absolument convaincu que ni lui ni moi n'avions besoin d'être payés pour croire que l'hégémonie américaine était le pire des systèmes à l'exception de tous les autres », conclut Marcar.

Le Dossier continuera d'enquêter sur ces réseaux d'influence.

📰Source :youtube.com

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Épisode 30 · 2026-08-04

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