LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

PolitiqueÉpisode 25/32

Euthanasie validée, réseaux sociaux censurés : le Conseil constitutionnel joue double jeu

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-17
Illustration: Euthanasie validée, réseaux sociaux censurés : le Conseil constitutionnel joue double jeu
© YouTube

Une date. Un virement. Une question. Mais d'abord, les faits.

Le 14 août, le Conseil constitutionnel a validé la loi légalisant l'euthanasie et le suicide assisté. Pas de censure, même partielle. Juste trois réserves d'interprétation : une garantie particulière pour les majeurs protégés, une extension de la clause de conscience aux pharmaciens, et la possibilité pour le responsable d'un établissement privé de refuser la procédure dans ses locaux. Le texte devra être appliqué en tenant compte de ces ajustements. Rien de plus.

Le même jour, la même institution a censuré une tout autre loi. Celle qui, présentée comme une protection des mineurs, prévoyait d'interdire purement et simplement les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Le Conseil a jugé cette interdiction "trop générale et disproportionnée" — tout en pointant l'absence de garanties suffisantes pour le droit au respect de la vie privée.

Emmanuel Macron a immédiatement réagi. Il a chargé le Premier ministre Sébastien Lecornu de proposer une nouvelle rédaction du texte censuré.

Le paradoxe Ferrand : libéral sur les réseaux, conservateur sur la vie ?

Le Conseil constitutionnel est présidé par Richard Ferrand. Sa principale qualification, selon la source, est d'être l'ami de longue date du chef de l'État.

L'avocat Philippe Rijan, interrogé dans la même source, n'y voit rien de surprenant. Il rappelle qu'une loi peut être "complètement stupide" et parfaitement constitutionnelle. La preuve ? Les lois de finance votées depuis 1974, qui n'ont jamais été jugées anticonstitutionnelles, si ce n'est plus de cinquante ans de déficits et un pays au bord de la banqueroute. "Aucune de ces lois n'était anticonstitutionnelle. Elle était complètement stupide et elle va coûter une fortune", selon l'avocat.

Le raisonnement est implacable. Une loi constitutionnelle n'est pas une loi juste. C'est une loi conforme à un texte, lui-même interprété par des juges non élus. "Le Conseil constitutionnel contrôle la conformité des lois à un bloc de constitutionnalité extrêmement large, comprenant des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et des principes objectifs à valeur constitutionnelle qu'il définit à sa guise", poursuit Philippe Rijan.

Autrement dit : ce sont les juges, et pas le peuple, qui décident du périmètre du droit de mourir et de la liberté d'expression des mineurs. Une dérive que dénonce l'avocat : "Une loi même gravement contraire à l'intérêt des Français peut être validée selon le seul critère de la conformité à ces principes dictés par des juges non élus."

Le Conseil constitutionnel, dernier rempart contre la surveillance — vraiment ?

Prenons le temps d'examiner la décision sur les réseaux sociaux. Selon la source, le Conseil a censuré l'article 1er de la proposition de loi "visant à protéger les mineurs des risques liés aux réseaux sociaux". Motif : l'interdiction est "trop générale et disproportionnée au regard de la liberté d'expression et de communication". Les juges ont également souligné l'absence de garanties suffisantes pour le droit au respect de la vie privée.

L'euthanasie : une victoire en trompe-l'œil pour Macron ?

Examinons maintenant la validation de l'aide à mourir. Le Conseil constitutionnel a jugé le texte conforme à la Constitution, avec trois réserves seulement. Pour Emmanuel Macron, c'est une victoire politique indéniable.

Mais cette victoire est peut-être une victoire à la Pyrrhus. Car la validation de la loi euthanasie n'est pas une adhésion du Conseil au bien-fondé du texte. C'est un simple constat de conformité juridique.

L'avocat Philippe Rijan le dit sans détour : "Dans la loi aide à mourir, il n'y a pas de problème de constitutionnalité. C'est pas un problème d'aider les gens à mourir s'ils veulent mourir par rapport à la constitution. Après, on peut considérer que c'est immoral, que c'est stupide, que ça va être détourné, que c'est un moyen de vider les hôpitaux parce que l'État est en faillite. Tout ça est très pertinent."

Incendies, piratage fiscal, Farage : l'été 2026

Pendant que le Conseil constitutionnel rendait ses arbitrages, la France continuait de brûler. Selon la source, entre 93 000 et 120 000 hectares ont été parcourus par les flammes depuis le début de l'année 2026. Des dizaines de feux ont été combattus simultanément, mobilisant pompiers, moyens aériens et renforts. Les conditions extrêmes — canicule successive, sécheresse prolongée, végétation desséchée — ont multiplié les départs de feu.

La spécialiste Marie-Stella du Chiron, docteur en sciences forestières, souligne un paradoxe : les forêts pourraient bénéficier de ces feux à long terme. Le feu permet à la matière minérale de revenir au sol, et les sols deviennent plus fertiles. Mais elle pointe aussi un problème structurel : la plupart des conifères ont été introduits en France pour des objectifs industriels — comme ces plantations de pin maritime en monoculture destinées à alimenter une usine de pâte à papier près de Bordeaux. La végétation naturelle, elle, serait plutôt faite de chênes et de charmes.

Ce débat sur la sylviculture n'est pas anecdotique. "En France, on n'a pas vraiment de notion de sylviculture", regrette la chercheuse, qui a appris son métier en Allemagne.

Le même jour, l'actualité s'est chargée de rappeler la fragilité des institutions. Un piratage des fichiers de la direction générale des finances publiques a touché 678 000 particuliers et professionnels.

Au Royaume-Uni, Nigel Farage a démissionné de son mandat pour se ressoumettre au suffrage de ses électeurs après un scandale lié à un don non déclaré de 5 millions de livres sterling. Farage a remporté l'élection partielle avec 63 % des suffrages face à 33 autres candidats. Selon l'universitaire britannique John Lockland, cette élection partielle présentait un caractère absolument inédit et constitue un succès personnel pour Farage lui permettant de poursuivre son parcours.

Et maintenant ?

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision. La France doit maintenant digérer ce double arbitrage juridique et politique.

Sur les réseaux sociaux, le gouvernement doit proposer une nouvelle rédaction du texte censuré.

Sur l'aide à mourir, le plus dur commence : la mise en œuvre de la loi.

Sur le fond, le "gouvernement des juges" continue de faire débat. Philippe Rijan l'exprime avec une franchise rare : "Si le critère devait être de ne garder que les bonnes lois, autant aller jusqu'au bout de la logique et dire qu'il n'y a plus de parlement, c'est juste le Conseil d'État qui fait le droit dans ce pays."

Les Français ont mémoire courte. En 2026, le débat sur l'euthanasie va continuer. La censure des réseaux sociaux sera réécrite. Les incendies renaîtront — n'en doutez pas.

Une certitude : le contribuable, lui, n'a pas de juge pour le protéger. Il paie une facture qui explose — pour des services publics qui s'effondrent.

C'est peut-être ça, le vrai scandale de l'été 2026.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 25 · 2026-08-17

Euthanasie validée, réseaux sociaux censurés : le Conseil constitutionnel joue double jeu

Sur le même sujet