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JusticeÉpisode 22/33

22 avenue Foch : l’antre parisienne de Jeffrey Epstein, entre photos de mineures et fichier des 62 prénoms

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-05
Illustration: 22 avenue Foch : l’antre parisienne de Jeffrey Epstein, entre photos de mineures et fichier des 62 prénoms
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Accroche — un hook dramatique mais sobre

La bâtisse néoclassique se dresse derrière une haute grille noire hérissée de pointes. Une boîte aux lettres en laiton, deux panneaux d’interdiction de stationner. Rien ne distingue ce lieu des autres hôtels particuliers du quartier. Pourtant, derrière cette façade cossue, un système de prédation sexuelle s’est organisé pendant des années. Le majordome de Jeffrey Epstein, Waltson Vierra Cotrotten, a conduit son patron à l’aéroport du Bourget le samedi 6 juillet 2019. Epstein monte à bord de son Gulfstream G550, direction les États-Unis. Il ignore qu’il file vers son arrestation, quelques heures plus tard, sur le tarmac de Teterboro, dans le New Jersey. Le 23 août, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour viols sur mineurs. Le 23 septembre, les policiers franchissent la grille.

Les faits — ce qui s’est passé

D’après le podcast Crim Story du Parisien (épisode 1, diffusé en juillet 2026), les enquêteurs sonnent à la loge de la gardienne. Elle dispose d’un double des clés. Ils traversent une salle monumentale meublée d’un grand miroir, des vitraux médiévaux jettent une lumière douce sur un double escalier recouvert d’un tapis rouge. L’appartement se trouve au deuxième étage. Il s’agit en réalité de deux logements formant un duplex. Au sixième étage, Epstein possède deux autres petits appartements de 20 et 37 m², occupés par un couple d’employés.

Ce que les policiers découvrent en entrant, le podcast le décrit avec précision : l’entrée principale donne sur un couloir avec une banquette d’une dizaine de places, surmontée de trois grands miroirs. En face, une console expose des photos de Jeffrey Epstein en compagnie de personnalités — Donald Trump, Michael Jackson, Mohammed ben Salmane, Bill Clinton, Mick Jagger, Woody Allen, Steve Jobs, et même le pape Jean-Paul II. La suite est un enchaînement de pièces : chambres, salons, cuisine, salles de bain en marbre. La décoration est chargée, kitsch. Dans la plupart des pièces, des dizaines de photos de jeunes filles presque nues sont accrochées aux murs. Un singe et un éléphant en peluche, une peau d’ours blanc, une statue de guerrier africain d’1,70 m, une mygale dans un cadre. Dans une salle à manger, sur une étagère, les enquêteurs trouvent même un crâne humain.

Le bureau est immense, les murs recouverts de cuir rouge matelassé. Une salle de sport avec un mur entier de miroir. Fin 2015, Epstein a fait rénover l’appartement par le cabinet d’architecte Alberto Pinto pour 1,2 million d’euros. La moitié de cette somme a été consacrée au salon d’apparat, avec une armoire rouge à 120 000 € et un tapis à 48 000 €.

Les objets saisis sont précisément listés par le podcast : une boîte de strings en bonbon, un harnais génito-facial en cuir noir. Surtout, un fichier informatique intitulé « Confidential Comprehensive Chart ». Il contient 62 prénoms de femmes, avec leur âge, la date de la rencontre, leur numéro de téléphone, et les prestations sexuelles réalisées — « pénétration » ou « sexe oral » sont inscrits devant chaque prénom. Un policier confiera par la suite que la simple consultation de ce fichier, et même la perquisition, suffit à déduire que quiconque entrait dans ce lieu ne pouvait ignorer les déviances d’Epstein.

Le majordome Waltson Vierra Cotrotten, au service d’Epstein pendant dix-huit ans, est auditionné sur place. Il confie avoir observé, durant toutes ces années, un nombre important de jeunes femmes venant voir son patron. Il modère cependant ses propos : selon lui, ces femmes lui semblaient toutes majeures, et il n’a appris les activités pédocriminelles de son employeur qu’en lisant des articles de presse. Il a du mal à imaginer que tout ce qui a été dit puisse être vrai.

Le contexte — ascension fulgurante et réseau français

Pour comprendre comment un homme issu d’une famille modeste de Brooklyn a pu accumuler une telle fortune et une telle impunité, il faut remonter le fil. D’

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