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SociétéÉpisode 18/26

Attentat de Monaco : l'ombre des services secrets ukrainiens

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-11
Illustration: Attentat de Monaco : l'ombre des services secrets ukrainiens
© YouTube

Une bombe, une cavale, une exécution

Vingt-neuf juin. Une déflagration secoue la Principauté. Un colis piégé explose au pied d'un immeuble. Trois blessés. Parmi eux, un adolescent.

La cible : Viktor Yermolaev. L'un des hommes les plus riches d'Ukraine. Il a fait fortune dans le bâtiment, les vins et les spiritueux. Malgré les interdictions, il continue de vendre à la Russie. Volodymyr Zelensky a gelé ses actifs. En 2022, Yermolaev fuit et s'installe à Monaco. Son train de vie soutenu est documenté par des journalistes ukrainiens.

Les enquêteurs identifient la principale suspecte : Anastasiia Berezovska, 39 ans. Son visage fait le tour du monde. Les autorités la recherchent. Mais elle prend la fuite. Son trajet : de Monaco à Francfort, puis Francfort-Pologne, et Pologne-Kiev. Selon les journalistes du Figaro, ce parcours est trop évident.

Peu après son arrivée en Ukraine, on retrouve son corps près de Kiev. Plusieurs balles dans la tête. Les autorités monégasques et françaises demandent des analyses ADN pour vérifier si la dépouille correspond à celle de la poseuse de bombe. Interpol avait émis un avis de recherche.

Les arrestations qui intriguent

Pour le meurtre d'Anastasiia Berezovska, la police interpelle deux hommes. Leur profil interpelle. Un ancien membre des forces de l'ordre ukrainiennes. Et un employé actuel du renseignement ukrainien. Selon la police, ces hommes auraient, à plusieurs reprises, transféré de l'argent sur les comptes de Berezovska. Lors des perquisitions, la police découvre chez l'un d'eux un local au sous-sol ressemblant à une salle de torture. La justice a ordonné leur placement en détention.

Leur avocat dénonce une machination russe. « Tout cela a été conçu en Russie parce qu'ils avaient besoin de ternir la réputation de notre État », affirme-t-il. « Regardez comment l'Ukraine est présentée aujourd'hui. On prétend que les forces spéciales ont commis un attentat terroriste en Europe. »

La piste russe ou le règlement de comptes ?

Sur les plateaux de télévision ukrainiens, l'ombre de la Russie plane. Une piste évoquée converge vers le fils de Viktor Yermolaev. Il a été récemment condamné pour escroquerie. « C'est à cause de ses centres d'appel massivement implantés en Russie. C'est la signature des Russes », selon des médias ukrainiens. Le fils de l'oligarque n'a plus la nationalité ukrainienne. Il est chypriote. Son fils, lui, est encore ukrainien.

De leur côté, les réseaux prorusses désignent Zelensky comme le commanditaire de l'attentat de Monaco.

Autre hypothèse évoquée : un règlement de comptes entre oligarques. La Côte d'Azur et Monaco sont un repaire d'oligarques ukrainiens et russes. « Ces Ukrainiens et Russes n'ont pas de fibre nationaliste. Ils veulent gagner de l'argent. Parfois, ils travaillent ensemble ou les uns contre les autres », selon L. Menget.

Des questions sans réponse

La résolution extrêmement rapide de cette affaire pose plus de questions qu'elle n'en résout. « On a l'impression qu'il y avait une volonté de couper court à cette affaire », selon A. Casse, journaliste au Figaro. « Le fait qu'elle soit retrouvée morte, c'est le meilleur dénouement possible. Ça arrange beaucoup de personnes. »

Pourquoi Anastasiia Berezovska est-elle retournée à Kiev si elle était repérée ? « Pourquoi ils ont torturé la personne qu'ils ont embauchée ? » s'interroge A. Casse. Les enquêteurs français et monégasques attendent les résultats des analyses ADN. Sans cela, impossible de confirmer que la femme morte à Kiev est bien celle qui a posé la bombe.

Une source au contact de l'oligarque ukrainien dit au Figaro : « C'est une histoire invraisemblable. On parle d'un policier qui a interpellé ses propres collègues. » Selon cette source, ce serait une façon pour l'Ukraine de montrer que les enquêteurs ont bien fait leur travail. « Mais ça arrange tout le monde de croire que cette femme est morte. »

Les services judiciaires français et monégasques font des demandes d'informations très précises auprès des Ukrainiens. Ils attendent notamment des données sur l'ADN de la femme retrouvée à Kiev, pour la comparer avec les empreintes de la poseuse de bombe.

Sources

  • Le Figaro (enquête de A. Casse et L. Menget)
  • Médias ukrainiens (plateaux télé, journalistes)
  • Réseaux prorusses
  • Déclarations de l'avocat des suspects

📰Source :youtube.com

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