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JusticeÉpisode 10/16

FARGE et Christian H : les millions versés à Daesh sous le nez des services secrets

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-15
Illustration: FARGE et Christian H : les millions versés à Daesh sous le nez des services secrets
© YouTube

5,6 millions d'euros. Une somme colossale. La justice française accuse la cimenterie Farge et son ex-directeur Christian H d’avoir versé cette somme à des groupes terroristes en Syrie. Un procès explosif, où les droits de la défense ont été piétinés. Et un mail déclassifié qui révèle l’implication des services secrets.

Un procès bâclé, une défense muselée

"Quatre jours sans poser une seule question." Solange Dominique, l'avocate de Christian H, ne décolère pas. Son client a écopé de cinq ans de prison ferme pour "financement du terrorisme". Une condamnation obtenue lors d’un procès où la défense n’a pu s’exprimer que trois heures sur six semaines d’audience.

Les chiffres claquent. 5,6 millions. 20 factions armées. 10% de taxe pour Daesh. Le tribunal a tout agrégé : pots-de-vin, achats de matières premières, même les salaires des employés syriens. "Quand on achète son pain en zone occupée, on paye le boulanger, pas l’occupant", tonne l’avocate.

Et ce n’est pas rien : les victimes du Bataclan ont été déclarées irrecevables. Le tribunal lui-même reconnaît l’absence de "lien" entre les versements et les attentats. Pourtant, il écrit noir sur blanc que cet argent s’est "transformé en kalachnikovs". Incohérence ? "Du spectacle", répond Dominique.

Les services secrets savaient

Un mail. Une seule pièce déclassifiée. Mais elle fait mal. Le document prouve que la DGSE était informée des versements aux groupes armés. "Les services utilisaient la présence de la Farge", affirme l’avocate. Christian H fournissait des renseignements quotidiens.

2012-2014. Pendant deux ans, l’usine syrienne — 0,3% du chiffre d’affaires du groupe — a fonctionné sous la pression des factions. L’Armée syrienne libre d’abord, puis Daesh. "Ils croyaient protéger les employés", plaide la défense. Erreur d’appréciation ? Certainement. Complicité avec le terrorisme ? Rien ne le prouve.

George Malbrunot, journaliste otage en Syrie, et Fabrice Balanche, géopoliticien, ont témoigné. En vain. Leurs analyses sur la complexité du terrain ont été balayées. "Pas juristes", a tranché le tribunal.

Le poids du plaidoyer américain

CHERPA ONG. Derrière ce sigle, une organisation financée par George Soros. Elle a porté plainte dès 2016. Et imposé sa narration : la Farge serait restée "par appât du gain". Le tribunal s’en est inspiré. Lourdement.

Pire : les juges français se sont appuyés sur le plaidoyer de culpabilité signé aux États-Unis par la maison-mère. "Ils ont repris les calculs américains sans vérification", dénonce Dominique. Une justice au rabais.

Christian H a fait appel. Son avocate réclame sa libération immédiate. "Le mandat de dépôt est illégal", assure-t-elle. La cour d’appel saura-t-elle entendre ce que le tribunal a étouffé ?

Sources

  • Décision du tribunal correctionnel de Paris du 12/04/2026
  • Transcript intégral de l’interview de Solange Dominique (Figaro TV)
  • Mail déclassifié de la DGSE (réf. 2014-3872/SY)
  • Dépositions de George Malbrunot et Fabrice Balanche

📰Source :youtube.com

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