Extrême droite française : l'offensive silencieuse des réseaux Bolloré au RN

Les faits
Marc de Cacqueray-Valmenier, ancien chef du GUD, travaille depuis 2023 pour Vincent Bolloré. Emmanuel Casajus, sociologue spécialiste de l’extrême droite, le révèle : sa mission est d'assurer la sécurité privée du magnat des médias.
Cette embauche n’est pas un cas isolé. D’anciens membres du GUD et d’autres groupuscules radicaux ont été recrutés dans des médias proches de Bolloré. Le RN, lui, puise dans ces mouvances pour son militantisme de terrain — collage d’affiches, service d’ordre — tout en maintenant un discours public de dédiabolisation.
Les kiosques proposent des revues comme Éléments ou La Nouvelle Revue d'Histoire, qualifiées par le chercheur de "néofascisme de salon". Ces publications coexistent avec une armée d’influenceurs d’extrême droite sur les réseaux sociaux.
Une stratégie d’influence bien rodée
L’Action française, mouvement royaliste étudié par Casajus lors d’une immersion entre 2015 et 2016, illustre cette stratégie. Structurée comme un parti — formations hebdomadaires, entraînements sportifs, actions médiatiques —, elle cultive un recrutement familial et bourgeois. Ces militants radicaux servent de vivier au RN, qui leur confie des tâches logistiques ou rédactionnelles.
La violence reste un marqueur identitaire. "Dans les bagarres de rue, ils collectionnent des trophées — écharpes volées, drapeaux piétinés", rapporte Casajus. Une violence ritualisée, où le "capital guerrier" détermine le prestige hiérarchique. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène : les algorithmes favorisent par défaut les contenus d’extrême droite.
La justice impuissante ?
Malgré un nombre important de personnes fichées S pour radicalité d’extrême droite — considérée comme une menace majeure selon les autorités —, la dissolution des groupuscules reste inefficace. "Ils se reforment sous un autre nom, gardent leurs followers", constate Casajus. Les condamnations, comme celle de Cacqueray-Valmenier, n’empêchent pas leur réinsertion dans des cercles influents.
Une menace systémique
La porosité entre médias, milieux d’affaires et extrême droite radicale dessine une menace systémique. Bolloré emploie un ancien membre du GUD. Le RN recrute des militants formés à l’Action française. Les réseaux sociaux normalisent les discours les plus radicaux.
Comme dans d'autres pays, le risque est un verrouillage idéologique progressif. Une stratégie d’autant plus efficace qu’elle s’appuie sur des infrastructures solides — médias, réseaux, think tanks — bien plus durables que les groupuscules violents.
📰Source :www.youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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