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SociétéÉpisode 2/1

EXCLUSIF: Le système Bolloré-C News - Comment une chaîne toxique et son patron menacent la démocratie française

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-09
Illustration: EXCLUSIF: Le système Bolloré-C News - Comment une chaîne toxique et son patron menacent la démocratie française
© YouTube

27 réprimandes en 6 ans. Des propos racistes répétés. Une ARCOM incapable. C News, la chaîne de Vincent Bolloré, est un poison pour le pluralisme médiatique. Mediapart tire la sonnette d’alarme.

Sous l’emprise d’un homme

Vincent Bolloré ne cache plus ses ambitions. Depuis 2019, sa chaîne C News multiplie les dérapages. Racisme, islamophobie, fake news : elle canalise et amplifie les voix de l'extrême droite française. Et ce n’est pas un simple accident.

L’ARCOM, l’autorité de régulation, a infligé 27 réprimandes à C News depuis 2019. Mais aucune sanction sérieuse. Pas de suspension, pas de retrait de la TNT. Pourtant, la loi de 1986 sur la liberté de communication prévoit de « débrancher » une chaîne qui ne respecte pas ses engagements. Alors, pourquoi l’ARCOM reste-t-elle immobile ?

« L’ARCOM est défaillante, voire complice », accuse Karine Foutu, directrice de Mediapart. « Elle n’actionne pas tous les leviers que la loi lui donne. » Résultat : C News continue de diffuser ses propos toxiques sur une fréquence publique, accessible gratuitement à tous.

Le racisme à l’antenne

Le dernier scandale ? Une comparaison raciste. Bali Bagayoko, maire de Saint-Denis, a été comparé à un singe sur l’antenne de C News. Une plainte a été déposée. Le parquet a ouvert une enquête. Mais ce n’est qu’une énième alerte.

Mediapart a recensé les dérapages de C News. Des propos d’Éric Zemmour sur les immigrés en 2020. Des fake news lors de l’affaire Thomas Perotto en 2023. Une incitation à signer une pétition de Philippe de Villiers en septembre 2024. La chaîne accumule les provocations.

« Ce n’est pas de l’information, c’est de la propagande », dénonce Karine Foutu. « Sa raison d’être est de permettre aux idéologues d’extrême droite de conquérir le pouvoir. » Avec succès. Les audiences de C News explosent. Elle est devenue un acteur majeur du débat public.

L’ARCOM en panne

Face à ces dérives, l’ARCOM reste muette. Pourtant, l’autorité de régulation a les moyens d’agir. La loi de 1986 lui donne le pouvoir de suspendre une chaîne. Mais elle ne bouge pas.

« On aurait déjà dû débrancher C News », estime Sophie Tayer Polian, députée écologiste. « Et pourtant, la chaîne a obtenu une nouvelle licence pour 10 ans en 2025. » Une décision incompréhensible.

L’ARCOM manque de moyens. Elle manque surtout de courage. « Elle est en total violation de ses propres injonctions », accuse Daniel Obon, député LFI. « Les propos tenus sur C News sont des propos d’incitation à la haine. L’ARCOM doit les sanctionner. »

Une menace pour la démocratie

Les conséquences sont lourdes. C News sape la concorde citoyenne. Elle alimente la haine et la division. Ses cibles ? Les immigrés, les musulmans, les élus de gauche. Une méthode bien rodée.

« On jette en pâture les noms de ceux que C News considère comme des adversaires », explique Youes Abzouus, journaliste à Mediapart. Les conséquences sont directes. Menaces de mort, campagnes de haine : les cibles de C News vivent un enfer.

Jean-Jacques Bazire, directeur de France Valdeoire, en sait quelque chose. En 2021, il avait refusé de diffuser un documentaire sur Jeanne d’Arc produit par C News. Pascal Praud, l’animateur star de la chaîne, a répété son nom à l’antenne. Résultat : Bazire a reçu des dizaines de menaces de mort. Protégé par la police.

« La liberté d’expression est encadrée », rappelle Dominique Sopo, président de SOS Racisme. « On ne peut pas inciter à la haine. » Pourtant, C News le fait quotidiennement. Avec impunité.

L’audiovisuel public en péril

L’offensive de C News s’accompagne d’une attaque contre l’audiovisuel public. Une commission d’enquête parlementaire, menée par Charles Loncle, transforme le débat en machine de guerre.

« L’audiovisuel public est crucial pour la démocratie », défend Nathalie Sonnac, professeure en sciences de l’information. « C’est un bien commun. » Pourtant, il est sous pression. Les moyens diminuent. Les critiques fusent.

La catastrophe est annoncée. Sans un audiovisuel public fort, le pluralisme médiatique disparaîtra. C News deviendra la norme. Le poison de Bolloré contaminera tout.

Il est temps d’agir

Mediapart lance un appel. « Il faut débrancher C News », clame Karine Foutu. « L’ARCOM peut et doit agir. » La solution est simple : retirer la chaîne de la TNT.

Ce n’est pas une censure. C News pourrait continuer à diffuser sur les box des opérateurs. Mais elle perdrait son accès gratuit à tous les Français. Et surtout, elle perdrait sa légitimité.

« Le moment est venu », insiste Dominique Sopo. « C News est un vecteur majeur du racisme en France. » Sans action rapide, la démocratie française sombrera.

Sources :

  • Mediapart
  • ARCOM documents
  • RSF (Reporters Sans Frontières)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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