TotalEnergies : 5 milliards de bénéfices, des profits en Suisse et un impôt qui fuit

5 milliards en trois mois — et des profits qui migrent
Selon la source, le bénéfice net de TotalEnergies a augmenté de 51% au premier trimestre 2026, à près de 5 milliards d'euros. Le groupe a augmenté le dividende de 6%. Patrick Pouyanné a déclaré devant la commission des finances du Parlement que le deuxième trimestre s'annonce « plus élevé que le premier ».
Pendant que les prix à la pompe flambent, le groupe maintient un plafonnement volontaire du prix du carburant. Un geste que Pouyanné qualifie de « contribution volontaire ». « Rien ne nous obligeait », a-t-il insisté.
Un parlementaire a dénoncé ce qu'il appelle une « optimisation » : les profits réalisés en France seraient transférés vers la filiale suisse du groupe, Totsa. Basée à Genève. Là où l'impôt sur les sociétés est plus faible.
« Genève vend cher à la France. La marge reste en Suisse », a-t-il lancé.
Pouyanné a répliqué. Les prix de transfert, a-t-il affirmé, sont « les prix internationaux ». Le fisc français les audite. « C'est totalement faux », a-t-il martelé.
Selon la source, dans le rapport financier de TotalEnergies, une ligne intitulée « reste du monde » affichait 5,9 milliards d'euros de bénéfices en 2024, soit un quart des profits mondiaux du groupe.
Le PDG a reconnu que l'essentiel de cette catégorie provient de la Suisse et de Singapour. Et que le taux d'imposition effectif sur cette ligne est de 17,8%.
Un milliard de dollars de trading pendant la guerre
Selon le média « Financiel Tam », les traders de TotalEnergies à Genève auraient empoché « plus d'un milliard de dollars » en spéculant sur le pétrole pendant la guerre au Moyen-Orient.
Un député a évoqué un milliard de dollars de profits de guerre contre 200 millions de « charité d'images ».
Pouyanné a expliqué que l'activité de trading est localisée en Suisse parce que « c'est là que se trouvent toutes les activités de négoce pétrolier de tous nos concurrents ».
TotalEnergies est une entreprise française, créée en 1924 par le gouvernement français pour garantir la souveraineté énergétique du pays.
Un parlementaire a rappelé que pendant la guerre en Ukraine, « vos raffineries françaises ont soudainement dégagé des bénéfices » et que le groupe a « soudainement payé des impôts en France ».
Un impôt à 17,8% — et des comptes qui restent flous
Selon Patrick Pouyanné, le taux d'imposition effectif de la catégorie « reste du monde » est de 17,8%.
Un député a demandé quand le groupe publierait les comptes détaillés de Totsa, pays par pays. « Je ne peux pas m'engager à publier avant la fin de l'année », a répondu le PDG. Il a invoqué un délai de 18 mois pour les équipes, indiquant que le rapport pays par pays de 2025 ne paraîtrait qu'en 2027.
« Pourquoi TotalEnergies devrait le faire pendant que tous mes concurrents ne le font pas ? », s'est-il interrogé.
Des actionnaires qui fuient la France — et un PDG qui alerte
Selon la source, la part des investisseurs institutionnels français dans le capital de TotalEnergies est passée de 27% il y a cinq ans à environ 12% aujourd'hui. Une perte de 15 points. Les investisseurs américains représentent désormais 52% du capital institutionnel.
Pouyanné a attribué cette évolution aux critères ESG excluant les énergies fossiles des portefeuilles « responsables », aux directives européennes SFDR et aux décisions du gouvernement français « d'exclure TotalEnergies des listes des investissements d'irresponsable à cause des énergies fossiles ».
Un député a souligné : « Vous nous indiquez vous-même avoir perdu 15% de vos investisseurs institutionnels français en raison de règles prudentielles excluant TotalEnergies de ce qui est considéré comme responsable », avant de dénoncer une « attitude quasi schizophrénique ».
« Je souscris à vos propos », a répondu Pouyanné.
Le PDG a rappelé que TotalEnergies investit 4 milliards par an dans la transition énergétique, et qu'elle vise 20% de son activité dans l'électricité en 2030.
Une contribution exceptionnelle refusée — mais pas exclue
« Nous avons fait une contribution volontaire, a rappelé Pouyanné. Rien ne nous obligeait à plafonner le prix à la pompe. »
Un député a insisté : « Les bénéfices explosent. Vous refusez de redistribuer. »
Pouyanné a répondu : « Nous ferons ce que décidera la représentation nationale dans le respect des règles de droit. »
« C'est pas à vous de décider », a convenu le député.
Le PDG a ajouté : « Je suis pas favorable à l'encadrement par l'administration des prix et des marges. »
Un dossier loin d'être clos
Selon la source, TotalEnergies a payé plus d'impôts en 2026 qu'en 2025, mais ces impôts sont versés aux pays producteurs.
La commission des finances a posé les jalons d'une enquête plus large. Les comptes de Totsa, les prix de transfert, la catégorie « reste du monde » — autant de zones d'ombre qu'un rapport pays par pays, promis pour 2027, pourrait éclaircir.
Le PDG a invoqué la concurrence : « Pourquoi devrais-je révéler des données commerciales sur nos activités alors que mes concurrents ne le font pas ? »
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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