DZ Mafia: Les chefs du cartel marseillais face à la justice pour double meurtre

2019, l'année où tout a basculé
Deux corps criblés de balles. Un après-midi d'été. Marseille, juillet 2019.
Ce double meurtre aurait pu rester un fait divers sordide. Mais les enquêteurs y ont vu autre chose — la signature d'un réseau naissant. Celui qui deviendra la DZ Mafia. "Ce sont les mamans qui donnent des ordres", lâche un enquêteur sous couvert d'anonymat. Une formule glaçante qui résume leur mode opératoire.
Les victimes ? Deux rivaux supposés. Leurs noms n'ont pas filtré, mais leur mort a servi d'avertissement. La suite le prouvera : en trois ans, le cartel prend le contrôle des quartiers nord. Par la terreur.
Oualane, sourire en coin et regards assassins
Premier jour d'audience. Amine Oualane entre comme on monte sur scène. Pull gris, catogan parfait, il balaie la salle d'un regard circulaire. "Il cherchait visiblement à identifier chaque visage", note un journaliste du Parisien.
L'homme cultive l'ambiguïté. Posture décontractée, mais yeux en alerte permanente. Les procureurs le dépeignent comme l'architecte du réseau — celui qui pense quand les autres agissent.
Pourtant, aujourd'hui, il joue les seconds rôles. Stratégie ou réalité ? La réponse viendra peut-être des 87 témoins prévus à la barre.
Ory, l'ombre derrière le trône
À côté de lui, Gabriel Ory semble presque anodin. Polo blanc, sourire enjôleur. Ne vous fiez pas aux apparences.
"Ory ? C'est lui qui règle les problèmes sur le terrain", confie un officier de police judiciaire. Trois mots le définissent : efficace, discret, impitoyable. Son nom revient dans six dossiers non classés. Des cold cases qui pourraient s'échauffer pendant le procès.
L'empire des "mamans"
La DZ Mafia ne fonctionne pas comme les autres réseaux. Ici, les femmes tiennent les cordons de la bourse et les ficelles du pouvoir. Épouses, mères, sœurs — elles supervisent tout. Le recrutement. La logistique. Les comptes offshore.
Un système rodé qui a permis au cartel d'écouler 1,2 tonne de cocaïne en 2024. Chiffre officiel. Le réel serait trois fois supérieur.
Et pourtant. Ce procès ne traite que de deux meurtres. Une goutte d'eau dans un océan de violence. Mais les juges l'ont compris : en touchant les têtes, ils feront tomber tout l'édifice.
Trois semaines qui peuvent tout changer
La cour d'assises ressemble à une forteresse. Vigiles armés, portiques de sécurité, hélicoptères en patrouille. La DZ Mafia a déjà fait taire trop de témoins.
L'audience s'annonce haletante. D'abord les reconstitutions. Puis les analyses balistiques. Enfin, le témoignage des familles — ces oubliés du crime organisé.
Une mère viendra parler de son fils. Abattu à 17 ans pour une dette de 300 euros. Voilà le vrai visage de la DZ Mafia.
Au-delà du verdict
Ce procès est un pari. Celui de prouver que la justice peut frapper aussi fort que le crime.
Les enjeux ? Démanteler les comptes en Suisse. Identifier les complices en uniforme. Retracer l'argent sale qui a corrompu des quartiers entiers.
Mais surtout, rendre leur dignité aux victimes. Ces dizaines de noms qui ne figureront jamais dans les réquisitoires.
Marseille attend. Et regarde.
Par la rédaction de Le Dossier
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