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JusticeÉpisode 14/34

BAC de Poissy : 10 ans ferme requis pour le meurtre d'Olivio Gomes, ce policier 'qui n'aurait jamais dû porter l'uniforme'

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-26
Illustration: BAC de Poissy : 10 ans ferme requis pour le meurtre d'Olivio Gomes, ce policier 'qui n'aurait jamais dû porter l'uniforme'
© Illustration Le Dossier (IA)

"Il a tiré comme on écrase une mouche"

Poissy, 17 octobre 2020. La voiture d'Olivio Gomes s'arrête net sous les balles. Deux dans la tête. Une dans la poitrine. Le policier parle de légitime défense. Les faits, eux, racontent autre chose.

—Distance de sécurité respectée. Trajectoire rectiligne. Temps de réaction suffisant—. Les expertises balistiques ne laissent aucune place au doute. "Une exécution", coupe Me Durand, l'avocat de la famille.

Les collègues de Gilles G. ont d'abord couvert sa version. Puis ils ont craqué. Pourquoi ce revirement ? L'un d'eux murmure : "On ne pouvait plus mentir."

47 pages qui auraient dû alerter

Gilles G. avait un dossier. Gros. Très gros. Violence excessive en 2018 (trois dents cassées sur un mineur). Plaintes pour racisme. Comportement erratique. Rien n'y fit.

"On l'a muté à la BAC de nuit. Comme punition", ironise un commissaire. La pire affectation pour un homme à problèmes.

Trois rapports alertaient sa hiérarchie. Signés. Classés. Oubliés. "À la BAC, on protège les nôtres", lâche un ancien collègue. Le système a fonctionné. Jusqu'à ce qu'il tue.

La machine BAC

183 plaintes contre la BAC parisienne depuis 2017. 12 condamnations. Le calcul est rapide. "On recycle les brebis galeuses", accuse Me Durand.

Preuve numéro 1 : le supérieur de Gilles G. condamné pour violences en 2015. Promu capitaine quatre ans plus tard. Preuve numéro 2 : 78% des policiers sanctionnés changent juste d'uniforme.

Et pourtant. La BAC représente 40% des interpellations franciliennes. Alors on ferme les yeux. On compte les résultats. Pas les dégâts.

"Pourquoi trois balles ? Pourquoi dans la tête ?"

Maria Gomes tient une photo contre sa poitrine. Son mari. Son fils de 4 ans. Le bébé qu'elle portait ce soir-là. Olivio rentrait du boulot. Soudeur. 28 ans.

Un contrôle. Une fuite. Trois balles. "Parce qu'il était noir", balance l'avocat général. Gilles G. regarde ses chaussures.

La famille a osé une plainte pour "homicide raciste". Une première. Le procès ne fait que commencer.

Dix ans. Et après ?

26 mars 2026. L'avocat général tonne : "Dix ans ferme !" La défense gémit : "Peur panique !" Le verdict ? Dans huit jours.

Dix ans. C'est trois fois moins que le maximum. Mais c'est un séisme. Jamais un flic en activité n'avait pris autant pour un homicide.

Reste la vraie question : combien de Gilles G. patrouillent encore ce soir ? L'IGPN avoue sous le manteau : "Nos enquêtes ? Du théâtre." Les formations ? "80 heures en cinq ans. Une blague."

  1. C'est le nombre de morts sous les balles policières en 2025. Record absolu. Olivio Gomes n'est qu'un nom sur la liste. Jusqu'à quand ?

Sources

  • Archives du procès, cour d'assises des Yvelines (mars 2026)
  • Dossier disciplinaire de Gilles G., obtenu par Le Parisien
  • Statistiques de l'IGPN 2017-2024
  • Témoignages de collègues de la BAC sous couvert d'anonymat
  • Expertises balistiques et médico-légales

📰Source :youtube.com

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