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PolitiqueÉpisode 6/17

Loi d'urgence agricole : 296 voix, une fracture, une enfant morte

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-21
Illustration: Loi d'urgence agricole : 296 voix, une fracture, une enfant morte
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La nuit de tous les dangers

La nuit a été longue à l'Assemblée. Très longue.

296 députés ont dit oui, 224 non. Le texte laisse des traces profondes dans la majorité présidentielle. Les néonicotinoïdes — ces insecticides interdits en France depuis 2018 — sont sur le point de faire leur retour. Leur retour par la petite porte. (Oui, vous avez bien lu.)

François Denhez, chroniqueur à Marianne, ne mâche pas ses mots : « C'est une loi purement politique. C'est une loi d'affichage. Elle ne répond en aucun cas aux attentes du monde agricole. »

Quinze députés Renaissance ont voté contre. Élisabeth Borne s'est abstenue. La ministre de la Transition écologique ? Elle a menacé de démissionner si le texte passait en l'état. Voilà.

François Gemenne, professeur à HEC et coauteur du 6e rapport du Giec, résume le malaise : « C'est un peu l'agriculture contre l'écologie. C'est ça, le plus dommageable. C'est d'opposer les deux, y compris dans la mise en scène de la bataille entre les deux ministres. »

Sébastien Lecornu, ministre de l'Agriculture, accuse la gauche d'« instrumentaliser à des fins politiciennes » le débat. La gauche, elle, dénonce un « passage en force » — ce sont les mots de l'ex-ministre Agnès Pannier-Runacher.

Et pourtant. Derrière les postures, il y a une famille. Une enfant morte. Un drame sanitaire que la loi ne fait qu'effleurer.

Le poison dans la loi

Deux molécules, deux cultures, une même inquiétude.

L’acétamipride, pour la filière noisette ; le flupyradifurone, pour les betteraves et les cerises. Le texte ne les réautorise pas directement. Il ouvre une dérogation — sous condition d'un avis favorable de l'Anses. Une porte dérobée, en somme.

Mais les critiques fusent. L'Ordre des médecins et seize sociétés savantes ont déjà donné un avis négatif. Une pétition de 2,1 millions de signatures réclame le maintien de l'interdiction. Le rapport de l'Anses, lui, pointe des risques pour les abeilles et la santé humaine.

Rien n'y fait. La majorité a choisi son camp : celui de l'urgence politique, pas de l'urgence sanitaire.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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