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EnvironnementÉpisode 7/18

Insecticides interdits : comment l'urgence agricole a fracturé l'exécutif

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-21
Illustration: Insecticides interdits : comment l'urgence agricole a fracturé l'exécutif
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Coup de tonnerre à l'Assemblée : deux néonicotinoïdes interdits depuis 2018 pourraient faire leur retour. La France, qui se présente en championne des accords climatiques, reste pourtant la reine européenne des dérogations pesticides. Un paradoxe qui crispe jusqu'au sommet de l'État.

L'urgence agricole contre la science

Acétamipride. Flupyradifurone. Derrière ces noms de laboratoire, deux tueurs d'abeilles bien connus. Bannis en France, mais toujours utilisés chez nos voisins.

Le gouvernement a trouvé une astuce : refiler le bébé à l'Anses. L'agence devra gérer les demandes de dérogation — une manœuvre pour éviter un nouveau revers constitutionnel. Oui, vous avez bien lu : le même Conseil qui avait torpillé la loi Duplomb en 2022.

« Ces molécules menacent la biodiversité, point. » François Gemmenne (GIEC) ne décolère pas. Alors pourquoi céder ? Le lobby betteravier a mis le paquet. Son argument choc : « Sans ces insecticides, on n'est plus compétitifs. » Pourtant, la France importe déjà 80% de ses noisettes. Et les betteraves ? « Avec +2°C, cette culture deviendra impossible dans le Sud », prévient l'Inrae. On se bat pour des chimères.

La dérogation qui cache la forêt

En sous-traitant les autorisations à l'Anses, les députés croyaient se débarrasser du problème. Raté. L'agence se retrouve piégée. « Chaque refus provoquera des recours en cascade », souffle un conseiller du ministère. Et ce n'est que le début.

« Après, ce sera le glyphosate », redoute Barbara Pompili, prête à claquer la porte. La prophétie pourrait se réaliser : voyez l'Allemagne, où les exceptions pesticides ont explosé.

Les Pays-Bas montrent une autre voie. Leur plan abeilles subventionne les alternatives bio. La France ? Elle préfère les rustines.

Trois issues possibles

  1. Le coup de frein : Le Conseil constitutionnel pourrait censurer le texte comme en 2022. LFI a déjà préparé son recours.

  2. L'effet domino : Si la loi passe, attendez-vous à un déluge de demandes. Chaque filière voudra sa dérogation.

  3. Le virage manqué : On pourrait réorienter les subventions vers l'agroécologie. Mais ça, c'est pour une autre législature.

Ironie du sort : cette loi d'« urgence » ne sauvera rien. Les revenus agricoles continueront de s'effondrer. Les betteraves disparaîtront sous les coups du climat. Reste un legs empoisonné : des décennies de pollution des sols. Merci pour les générations futures.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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