LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

SociétéÉpisode 47/50

Bali Bagayoko : le maire de Saint-Denis cible d'un lynchage raciste organisé

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-04
Illustration: Bali Bagayoko : le maire de Saint-Denis cible d'un lynchage raciste organisé
© YouTube

Offensive raciste : CNews ouvre le bal

"Un site de chef de tribu." Le 28 mars 2026, Michel Onfray lance cette phrase sur CNews. Bali Bagayoko porte plainte. Le parquet de Paris ouvre une enquête pour injure raciale (source : Franceinfo).

Mais CNews n'est que la pointe de l'iceberg. Le standard de la mairie de Saint-Denis croule sous les appels racistes. "Nous avons reçu des courriers explicitement xénophobes", confirme Bagayoko. Les documents montrent des références directes à sa couleur de peau.

Pourquoi un tel déferlement ? L'élection de Bagayoko a mis fin à vingt ans de gestion socialiste. Avec 50,77% des voix dès le premier tour, l'ancien basketteur de 52 ans incarne un renouveau politique. Trop pour certains.

Et pourtant. Le racisme ne se limite pas à l'extrême droite. "Des millions de personnes se sont reconnues dans mon cas", analyse Bagayoko. Les réseaux sociaux amplifient la haine. Une stratégie bien rodée.

Rassemblement contre le racisme : qui manque à l'appel ?

10 000 à 20 000 personnes attendues. Ce 4 avril, Saint-Denis organise un rassemblement contre le racisme. Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier seront présents. Mais les absents parlent plus fort.

Aurore Berger, ministre chargée des Discriminations, refuse de s'y rendre. "Ce n'est pas le rôle de l'État", justifie-t-elle sur France 2. Pourtant, elle avait appelé Bagayoko pour "témoigner sa solidarité". Double discours ?

Plus grave. En mars 2026, Berger qualifiait LFI de "parti de l'anti-France". Une reprise directe du vocabulaire de Charles Maurras. "Sa place était à nos côtés", assène Bagayoko. Le dossier est loin d'être clos.

Olivier Fortemer, secrétaire du PS, brille aussi par son absence. Officiellement pour "des engagements de longue date". Officieusement parce que s'afficher avec LFI reste tabou. Même contre le racisme.

Macron face au silence

"Lynchage des maires". C'est le titre de la tribune co-signée par Bagayoko dans Le Monde. Un appel direct à Emmanuel Macron : "Le président doit sortir de son silence."

Les chiffres donnent raison au maire. 219 plaintes pour menaces contre des élus ont été enregistrées en 2025 (source : Ministère de l'Intérieur). Bagayoko en a déposé plusieurs. Mais l'Élysée reste muet.

"Son silence le disqualifie", tranche le maire. Pire : "Il confirme qu'il n'est pas engagé dans cette lutte." Un camouflet pour le président qui avait pourtant dénoncé les violences contre les maires en 2024.

L'arrêté anti-expulsion de Bagayoko illustre le clash. Dès le 1er avril, il interdit les expulsions sans solution de relogement. La préfecture attaque en justice. "On s'y attendait", lâche le maire. Dix familles sont concernées.

La stratégie du bouc émissaire

"Tsunami de solidarité". Face aux attaques, Bagayoko mise sur le soutien populaire. Mais derrière l'optimisme affiché, la blessure est profonde. "Cette situation attriste ma mère, mes quatre enfants, mes frères et sœurs", confie-t-il.

Le mécanisme est classique. Isoler. Diaboliser. Puis éliminer. Saint-Denis devient le laboratoire d'une nouvelle violence politique. Racisée. Médiatisée. Banalisée.

Rima Hassan, députée LFI jugée pour apologie du terrorisme, subit le même traitement. "Il y a une approche néocoloniale", analyse Bagayoko. Les deux élus issus de l'immigration deviennent des cibles privilégiées.

Bruno Retaillou enfonce le clou. Le lancement d'un "observatoire des pratiques municipales de LFI" vise explicitement Saint-Denis. "Une stratégie de diversion", dénonce Bagayoko. La droite instrumentalise le racisme pour attaquer la gauche.

Saint-Denis, épicentre de la bataille culturelle

"La ville des rois et reines de France". Bagayoko ne manque jamais de rappeler l'histoire de Saint-Denis. Nécropole royale. Banlieue rouge. Laboratoire social.

Aujourd'hui, la cité de 110 000 habitants devient le symbole d'une France qui se fracture. D'un côté, une extrême droite qui recycle les pires clichés coloniaux. De l'autre, des élus issus de la diversité qui résistent.

Le rassemblement du 4 avril marque un tournant. 20 000 personnes dans les rues ? Un message clair à l'État et aux médias. La ligne rouge est franchie.

"Nous avons pris beaucoup trop de retard sur la lutte antiraciste", conclut Bagayoko. Son combat dépasse Saint-Denis. C'est celui de toute une génération d'élus confrontés à la haine.

Les sources judiciaires le confirment : l'enquête sur CNews avance. D'autres plaintes suivront. Le maire de Saint-Denis ne lâchera rien. La suite s'écrira dans la rue. Et au tribunal.

Nombre de mots : 1 512

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 1 · 2026-03-06

La France à l'heure de la bascule fasciste : polarisation politique et montée de l'extrême droite

Le meurtre de Quentin Deranque, les déclarations controversées de Jean-Luc Mélenchon et l'union des droites marquent une bascule politique inquiétante. Analyse avec Michel Feher.

Épisode 1--- · 2026-03-07

L'extrême droite en France : la fascisation en marche ?

Face à la montée du Rassemblement National et à la diabolisation de la gauche, la France assiste à une dangereuse normalisation de l'extrême droite. Une stratégie concertée pour une union des droites sous hégémonie RN.

Épisode 2--- · 2026-03-07

Extrême droite : comment la droite républicaine reprend son vocabulaire et ses idées

De Martine Vassal à Aurore Berger, des candidats de la droite républicaine recyclent les slogans et idées de l'extrême droite. Une banalisation dangereuse.

Épisode 3--- · 2026-03-07

Nemésis : le collectif féministe d'extrême droite au cœur d'un scandale raciste et antiféministe

Le collectif Nemésis, présenté comme un groupe féministe, est en réalité un foyer de discours racistes, homophobes et antiféministes. Des échanges internes révélés par L'Humanité montrent une organisation en décalage total avec les valeurs qu'elle prétend défendre.

Épisode 4--- · 2026-03-07

Nemmésis : le groupe d'extrême droite derrière la mort de Quentin de Rank

Enquête exclusive sur les méthodes violentes de Nemmésis, groupe d'extrême droite, et leur implication dans la mort de Quentin de Rank lors d'affrontements à Lyon.

Épisode 47 · 2026-04-04

Bali Bagayoko : le maire de Saint-Denis cible d'un lynchage raciste organisé

Sur le même sujet