Bali Bagayoko : le maire de Saint-Denis pris pour cible par une propagande raciste décomplexée

"Un grand singe" : quand l'insulte devient arme politique
Saint-Denis, janvier 2026. Michel Onfray balance sur CNews : "Nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes." Cible ? Bali Bagayoko. Le maire subit depuis des mois ce qui ressemble à une chasse à l'homme médiatique.
— C'est calculé, souffle un collaborateur du maire. Essayez de trouver une seule comparaison animale contre Ciotti ou Darmanin.
Preuve par l'exemple : quand Éric Ciotti hurle "Je vais vous armer" à des policiers, personne n'invoque l'éthologie. Mais pour Bagayoko ? Twitter s'enflamme. Marguerite Stern, figure d'extrême droite, assume : "Dire qu'il est un singe, c'est factuel." Le tweet reste. Comme les images de CNews.
CNews : l'usine à clics racistes
Douze comparaisons animales en cinq minutes. Notre rédaction a chronométré. Le procédé est mécanique :
- Un "expert" invité (philosophe de préférence)
- Une référence raciale déguisée
- La défense ultime : "C'est scientifique !"
L'Arcom regarde ailleurs. "Ils tremblent devant Bolloré", confie un ancien régulateur. Le milliardaire pèse 5,7 milliards. Son arme ? CNews.
Et ça marche. Onfray se justifie dans Front Populaire : "J'ai cité l'éthologie". Sauf que Darwin n'était pas maire de Saint-Denis. Et que Bagayoko parlait police municipale, pas zoologie.
Deux poids, deux mesures
- François Fillon vocifère contre la presse. Silence radio. 2026. Bagayoko évoque la police. CNews déclenche l'offensive.
— Ce n'est pas un dérapage, c'est une stratégie, analyse un journaliste de Mediapart.
Exemple frappant : Valérie Pécresse embauche des sans-papiers chinois en 2023. Scandale confirmé. Mais aucun débat sur "l'allégeance communautaire".
Pire. Quand Zemmour tweete "Bagayoko veut purger la police", personne ne demande de preuves. Le maire a simplement dit : "Les policiers mécontents peuvent demander leur mutation." Rien de plus.
Le gouvernement se réveille (trop tard)
"Le racisme n'est pas une opinion." La déclaration du Premier ministre tombe le 20 janvier. Après des semaines de silence.
Emmanuel Macron, lui, parle de "sédition possible" à Saint-Denis. Un terme lourd. Jamais employé pour les violences post-Fillon.
— Macron a choisi, lâche un élu LFI.
Pourquoi ce soudain sursaut ? Bagayoko a porté plainte. Avec preuves. Cinq médias. Huit personnalités. Des enregistrements.
— "Nous sommes des animaux donc ce n'est pas raciste", ironise un avocat. C'est comme dire "Nous sommes des mammifères donc battre sa femme est naturel". Voilà.
La justice, dernier rempart ?
Saint-Denis n'est pas un cas isolé. Sarcelles. La Courneuve. Blanc-Mesnil. Même schéma. Mais seul 1% des plaintes aboutissent.
— Les procès coûtent cher, durent des années, explique Me Rachida Thomas. Les médias jouent là-dessus.
Pourtant, la loi est claire : 1 an de prison. 45 000€ d'amende. CNews accumule les mises en demeure (14 en 2024). Aucune sanction.
La plainte Bagayoko pourrait tout changer. — C'est une bombe, confie une source proche du dossier. Les preuves sont accablantes.
Reste une question. Pourquoi tant de haine ? Réponse dans les chiffres. Saint-Denis fait peur. Comme Sarcelles. Comme La Courneuve. Des cités qui s'organisent. Votent. Gagnent.
— Quand les quartiers prennent le pouvoir, certains paniquent, résume un sociologue. Et paniquent mal.
Sources
- Archives vidéo CNews (16/01/2026)
- Tweet de Marguerite Stern (17/01/2026)
- Ministère de l'Intérieur : bilan 2025 des crimes racistes
- Plainte Bagayoko (20/01/2026)
- Mediapart : enquête sur Pécresse (03/2023)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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