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Faits diversÉpisode 6/8

Anastasiia Berezovska : la suspecte de l'explosion de Monaco retrouvée morte en Ukraine

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-08
Illustration: Anastasiia Berezovska : la suspecte de l'explosion de Monaco retrouvée morte en Ukraine
© Illustration Le Dossier (IA)

Une explosion en bord de Méditerranée

Tout commence un lundi soir, rue Révérend-Père-Louis-Frolla, à Monaco. Nous sommes le 29 juin 2026, il est environ 21 heures. Une déflagration déchire la quiétude du quartier résidentiel, à quelques mètres de la frontière avec Beausoleil. Selon Nice-Matin, une bombe a explosé sur le pas de la porte d’un immeuble de trois étages. Bilan : trois blessés. Les secours se mobilisent rapidement. Le parquet de Monaco ouvre une enquête. Dès le lendemain, le procureur précise qu’il ne s’agit pas, « au vu des éléments dont je dispose, d’un attentat qualifiable de terroriste », selon des déclarations reprises par le même quotidien.

Les investigations s’orientent vers un mobile criminel. La cible serait Vadim Ermolaev, un homme d’affaires ukrainien connu pour ses liens avec des milieux oligarchiques. L’explosion ne l’a pas atteint. Mais l’attentat visait bien sa personne, selon les enquêteurs.

Une suspecte sous le coup d’une notice rouge d’Interpol

Très vite, les soupçons se concentrent sur une femme. Son visage apparaît sur une photo non datée obtenue par Reuters le 3 juillet. Il s’agit d’Anastasiia Berezovska, Ukrainienne de 39 ans. L’Express rapporte qu’elle parle allemand et qu’elle est activement recherchée via une notice rouge d’Interpol. Les autorités monégasques l’accusent formellement. Les chefs de poursuite sont lourds : « tentative d’assassinats, dépôt dans une intention criminelle sur la voie publique d’un engin explosif, association de malfaiteurs », lit-on dans un communiqué du parquet cité par Ouest-France. Des « éléments de preuve concordants suggèrent que Ms. Berezovska est impliquée en tant qu’auteur des faits », ajoute la même source.

La notice rouge la décrit comme la principale suspecte. Elle est recherchée pour tentative de meurtre, dépôt d’explosif et association de malfaiteurs. Selon L’Express, la notice précise sa nationalité ukrainienne et sa maîtrise de l’allemand. Le portrait est celui d’une femme mobile, capable de se déplacer en Europe.

Mais à ce stade, personne ne sait où elle se trouve.

Un corps retrouvé près de Kiev

Le 6 juillet, à 23 heures, heure locale (20 heures GMT), on découvre le corps d’une femme près de Kiev. Le média ukrainien Ukrainska Pravda publie l’information le lendemain, citant des sources au sein des forces de l’ordre. La dépouille est identifiée comme celle d’Anastasiia Berezovska. Elle a été abattue par balle. Les circonstances exactes de sa mort restent floues. L’Express, qui relaie l’information, précise qu’aucune autre source indépendante n’a confirmé les faits au moment de la publication. L’information repose sur un seul média ukrainien et des sources policières non nommées.

Comment la suspecte est-elle passée de Monaco à l’Ukraine ? Qui l’a exécutée ? Où se trouvait-elle entre l’explosion du 29 juin et sa mort ? Les questions s’accumulent. Les réponses, elles, se font rares.

Le traitement judiciaire : une enquête ouverte, un témoin disparu

Du côté de Monaco, l’enquête suit son cours. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour tentative d’assassinat, dépôt d’explosif et association de malfaiteurs. Un juge d’instruction est saisi. Les autorités monégasques collaborent avec Interpol et, probablement, avec les services français — Monaco étant une principauté étroitement liée à la France par des accords de coopération judiciaire.

Mais le décès de la principale suspecte complique considérablement l’enquête. Si Anastasiia Berezovska était bien l’auteure de l’attentat, sa mort empêche tout interrogatoire, toute confrontation. Si elle n’était qu’un maillon — une exécutante, une complice —, son silence définitif laisse les commanditaires dans l’ombre. Et si elle était innocente, comme le voudrait la présomption qui la protège encore, sa mort violente prive la justice d’un témoin crucial.

Regardons les faits : une personne soupçonnée dans une affaire d’oligarque est retrouvée morte par balle en Ukraine, une semaine après l’attentat. Le dossier est loin d’être clos. Il est même peut-être plus opaque que jamais.

Ce que ça dit de la France — et de l’Europe

Ce fait divers, par son décorum monégasque et son épilogue ukrainien, semble à première vue éloigné de la France. Pourtant, Monaco est une enclave au cœur du territoire français. Les enquêtes criminelles s’y mènent souvent avec l’appui des polices françaises, et les suspects peuvent être extradés via la France. Or, ce que révèle cette affaire, c’est la difficulté pour les systèmes judiciaires occidentaux — en particulier français — de protéger les personnes qui se retrouvent mêlées à des dossiers impliquant des oligarques et des réseaux criminels transnationaux.

Anastasiia Berezovska était sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Elle était localisée. Mais entre son signalement par Interpol et sa mort, aucun mécanisme de protection n’a pu être activé. Pourquoi ? Les moyens de la justice française sont-ils trop limités face à des réseaux disposant de ressources illimitées ? La coopération avec l’Ukraine, pays en guerre, est-elle trop faible ? Ou s’agit-il d’une élimination ciblée, programmée avant même que la justice ne puisse agir ?

La réponse, pour l’instant, reste inconnue. Mais ce cas illustre une réalité que les enquêteurs français connaissent bien : dans les affaires d’oligarques — qu’il s’agisse de biens mal acquis, de trafics ou de tentatives d’assassinat —, les témoins et les suspects sont souvent des cibles. Les protéger exige une coordination internationale rapide et discrète. Trop souvent, la machine judiciaire est trop lourde, trop lente. La mort d’Anastasiia Berezovska n’est peut-être que la dernière illustration de ce constat amer.

Le dossier, lui, est loin d’être clos. Les investigations se poursuivent à Monaco, en France, peut-être en Ukraine. Mais avec la disparition de la suspecte, les chances de connaître toute la vérité s’amenuisent. Pour les trois blessés, pour l’oligarque visé, pour la justice, il reste surtout des zones d’ombre que seuls des recoupements patients pourront dissiper.

Sources : L’Express (article du 7 juillet 2026), Ukrainska Pravda (cité par L’Express), Reuters (photo), Nice-Matin (déclarations du procureur, détails de l’explosion), Ouest-France (qualifications pénales).

📰Source :rss_article

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