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PolitiqueÉpisode 12/12

Xenia Fedorova, l'agent d'influence russe expulsée : la guerre hybride de Moscou frappe la France

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-05
Illustration: Xenia Fedorova, l'agent d'influence russe expulsée : la guerre hybride de Moscou frappe la France
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Les faits

Xenia Fedorova, 42 ans, ancienne directrice de la chaîne RT France, a été expulsée du territoire français. Décision de justice rendue publique le 4 août 2026. Selon LCI dans son Grand Dossier, les autorités françaises l'accusent d'être une « agente d'influence » au service du Kremlin. « Elle n'a jamais été titulaire de la carte de presse, elle n'a d'ailleurs jamais demandé », a rappelé Vincent, expert militaire invité sur le plateau. « C'est une agente russe et elle a toujours agi ainsi. »

L'expulsion — confirmée par le ministère de l'Intérieur et le Quai d'Orsay — intervient après plusieurs mois de surveillance. Fedorova était protégée, selon LCI, par Vincent Bolloré, propriétaire de médias comme CNews et JDNews, après la fermeture de RT France en 2022. Les détails exacts de cette protection n'ont pas été précisés. Mais le lien entre l'ancienne propagandiste et l'homme d'affaires français est documenté par plusieurs sources, dont Le Canard enchaîné, cité dans l'émission.

Mais l'affaire Fedorova n'est que la partie émergée de l'iceberg. Le même jour, LCI a révélé que le groupe de hackers Storm-1516, lié au renseignement militaire russe (GRU), a lancé une campagne de désinformation ciblant des personnalités politiques françaises. Raphaël Glucksmann, député européen et figure de l'atlantisme, est dans le viseur. Selon Étienne Gérard, journaliste présent sur le plateau, les hackers ont copié le code graphique du média Blast pour diffuser de fausses informations. « Ils reprennent les couleurs, le blason, le logo d'un média, et le titre, mais l'article est faux », a-t-il expliqué.

Et ce n'est pas tout. D'après Le Canard enchaîné, cité par LCI, Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat potentiel à la présidentielle, sera également victime de cette opération de déstabilisation. L'objectif ? « Semer le doute, la suspicion, la discorde au sein des sociétés occidentales ouvertes », a résumé Vincent.

Les méthodes de Storm-1516 sont rodées. En 2024, ils avaient déjà créé de faux sites d'information locaux pour amplifier la colère des agriculteurs français. Ou encore inventé une invasion de punaises de lit à Paris avant les Jeux Olympiques. « Ils exploitent les failles sociétales », a souligné le colonel Perdeon, consultant défense sur LCI. « En France, ils axent beaucoup sur l'anti-américanisme et s'attaquent aux personnalités perçues comme atlantistes. »

Le contexte

Cette offensive informationnelle s'inscrit dans une guerre totale entre la Russie et l'Ukraine, qui dure depuis plus de quatre ans. Sur le terrain, les violences s'intensifient. Le 4 août 2026, une vidéo diffusée par LCI montre un drone russe FPV traquant un civil ukrainien à Kherson. L'engin explose à quelques mètres de l'homme, qui survit miraculeusement. « Ce n'est pas de l'artillerie, c'est un drone FPV. L'opérateur voit directement qui il vise », a commenté le correspondant de LCI sur place.

Ce phénomène — qualifié de « safari humain » par les autorités ukrainiennes — est documenté depuis des mois. En mai 2025, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a publié un rapport accusant la Russie de « crimes contre l'humanité » dans la région de Kherson. Les pilotes de drones russes, souvent très jeunes, agissent dans un climat d'impunité totale. « Ils sont absolument persuadés qu'ils ne risquent rien », a noté Vincent.

Parallèlement, l'Ukraine peine à se défendre. Selon une analyse de France 24 reprise par LCI, Kiev n'arrive plus à intercepter les missiles russes. Les stocks de missiles Patriot américains s'épuisent, et Donald Trump hésite à autoriser leur production sous licence en Ukraine, craignant une fuite technologique. Le système Freja, moins cher, ne sera pas opérationnel avant juin 2027. « Les Ukrainiens n'ont plus de quoi protéger leurs villes », a résumé Hélène Bonet, journaliste LCI.

En représailles, l'Ukraine frappe les infrastructures russes. Les drones ukrainiens ont détruit environ 40 % des capacités de raffinage russes, selon des données citées par LCI. Les entrepôts de Wildberries, géant du e-commerce russe, ont été visés : 900 000 m² détruits, soit 17 % du total. La pénurie de carburant touche les provinces, tandis que Moscou et Saint-Pétersbourg restent approvisionnés. Une vidéo montrant un automobiliste russe incapable d'acheter de l'essence a été diffusée.

Les gains territoriaux russes restent marginaux : 38 km² conquis en juillet 2026, selon l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), cité par l'AFP. Mais le coût humain est colossal : 1 132 pertes russes (tués ou blessés) par kilomètre carré conquis. « Infiltrer n'est pas conquérir, conquérir n'est pas tenir », a rappelé Vincent.

Le traitement judiciaire

L'expulsion de Xenia Fedorova a été confirmée par la justice française. Il ne s'agit pas d'une condamnation pénale, mais d'une mesure administrative fondée sur des accusations de menaces pour la sécurité nationale. Selon LCI, les autorités françaises — Laurent Nuñez, préfet de police, et Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères — ont justifié cette décision par la nécessité de lutter contre l'ingérence étrangère.

Fedorova n'a jamais été poursuivie pour espionnage au sens classique. Les charges retenues contre elle relèvent de la diffusion de désinformation et de l'influence pro-russe. Son avocat a dénoncé une atteinte à la liberté d'expression, mais les experts invités sur LCI ont balayé cet argument. « Ce n'est pas une question de liberté d'expression, c'est le mensonge institué pour semer le chaos », a tranché Vincent.

Aucune autre procédure judiciaire n'a été annoncée concernant les opérations Storm-1516. Les hackers, basés en Russie, sont hors de portée des tribunaux français. La France mise sur la vigilance des médias et des citoyens, et sur la coopération avec ses alliés pour contrer ces attaques.

Ce que ça dit de la France

Cette affaire révèle une tension profonde dans la société française. D'un côté, une démocratie ouverte, perméable aux manipulations. De l'autre, un État qui réagit, mais souvent trop tard. La France est-elle vraiment préparée à la guerre hybride ? Voilà.

Les opérations de désinformation russes exploitent des failles bien réelles : l'anti-américanisme latent, la défiance envers les médias traditionnels, les colères sectorielles (agriculteurs, Gilets jaunes). Moscou n'invente pas les problèmes, il les amplifie. Et il le fait avec des moyens massifs. « Ils produisent du contenu, des films, des milliers de tweets », a rappelé le colonel Perdeon. « Vous finissez par le croire. »

La France dépense pourtant des sommes considérables pour sa sécurité. Avec 57 % du PIB en dépenses publiques, record mondial, on pourrait s'attendre à une protection efficace. Mais l'argent est englouti dans un millefeuille administratif de 1 200 agences, des doublons, des subventions clientélistes. Pendant ce temps, les services de renseignement manquent de moyens humains et techniques pour traquer les agents d'influence. Le rapport de la Cour des comptes 2023 pointait 150 milliards d'euros de dépenses inefficaces par an. Ce n'est pas un problème de moyens, c'est un problème d'organisation.

L'affaire Fedorova illustre aussi la porosité entre certains milieux d'affaires et la propagande russe. Vincent Bolloré, qui a protégé l'ancienne directrice de RT France, est un magnat des médias. Ses chaînes, CNews et JDNews, sont régulièrement accusées de relayer des thèses complotistes. Sans préjuger de ses intentions, cette proximité interroge. À l'approche de la présidentielle de 2027, la vigilance est de mise.

Les démocraties libérales sont vulnérables par nature. Leur force — la liberté d'expression, le débat public — est aussi leur faiblesse. La Russie le sait et en joue. La France doit choisir : soit elle renforce ses défenses informationnelles, soit elle continue de subir. Les 12 000 contribuables qui quittent le pays chaque année pour fuir une fiscalité confiscatoire ne sont pas les seuls à partir. La confiance dans les institutions s'érode aussi.

Et maintenant ? L'expulsion de Fedorova est un premier pas. Mais les Storm-1516 continueront. Les Glucksmann et Philippe ciblés devront redoubler de prudence. Le vrai test aura lieu dans les urnes. Si la désinformation russe parvient à influencer le scrutin, ce ne sera pas seulement une défaite pour la France, mais pour toute l'Europe. Les chiffres ne mentent pas : 45,4 % du PIB en prélèvements obligatoires, 110 % de dette publique. Un pays qui dépense autant pour son État devrait être capable de protéger sa démocratie. Sinon, à quoi bon ?

📰Source :YouTube

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