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PolitiqueÉpisode 8/6

Macron : interception d’un 4e pétrolier russe, le Kremlin crie à la piraterie

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-07
Illustration: Macron : interception d’un 4e pétrolier russe, le Kremlin crie à la piraterie
© YouTube

Interception en haute mer — le commandant du Tagor en garde à vue

Une frégate française intervient à l’ouest de la Bretagne. Objectif : arraisonner le Tagor, suspecté d’appartenir à la flotte fantôme russe. Pavillon camerounais — un faux pavillon, selon Paris.

Le commandant refuse d’obtempérer. Il est placé en garde à vue. La France mène l’opération avec les Britanniques. L’armée diffuse une vidéo de l’intervention. Macron la relaie.

« Nous considérons ces actions comme illégales, à la limite de la piraterie internationale », rétorque Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin. « Nous contestons qu’elles aient pu être menées dans le plein respect du droit international. »

Le Kremlin crie. Le droit international, lui, ne dit rien. Pas encore.

Neuf mois, quatre interceptions — quel bilan ?

Tout commence en septembre 2025. Le Boracay est le premier pétrolier russe intercepté au large de la Bretagne. Il repart après une amende. Son commandant est condamné en mars.

Depuis, trois autres navires ont subi le même sort. Le Tagor est le quatrième. La France veut montrer aux Russes qu’elle les voit — mais le résultat concret reste mince.

« Le bateau va repartir et il va rien se passer », résume Marie Jégo, journaliste. « La Russie va de toute façon continuer. »

Retenez ce chiffre : sur les 600 à 1000 navires que compte la flotte fantôme russe, seuls quatre ont été interceptés par la France. Le reste continue de naviguer sans encombre.

40 % de l’effort de guerre russe — le chiffre qui tue

Macron lâche le chiffre : « Ces flottes fantômes représentent des dizaines de milliards d’euros pour le budget de la Russie et financent, selon nos évaluations, 40 % de l’effort de guerre russe. »

Quarante pour cent. (Oui, vous avez bien lu.)

Ces navires transportent du pétrole russe vers l’Asie — principalement la Chine et l’Inde. Ils évitent soigneusement les eaux territoriales des pays qui sanctionnent. La plupart battent pavillon étranger. Une nébuleuse juridique quasi impossible à contrôler — Moscou en profite.

« La particularité du droit maritime international, c’est qu’il interdit d’arraisonner un navire en haute mer si l’État du pavillon n’a pas donné son accord », explique un expert cité dans la vidéo. « Si le navire bat pavillon camerounais, la marine française doit d’abord obtenir l’autorisation de l’administration camerounaise. »

Une contrainte que Moscou exploite sans vergogne.

Drones, espionnage, sabotage — quand les pétroliers cachent autre chose

Ces navires ne se contentent pas de transporter du pétrole. Certains serviraient de bases flottantes pour le renseignement. Le Danemark s’en inquiète — lorsqu’un pétrolier russe passe au large de ses côtes, plusieurs vols de drones non identifiés sont signalés au-dessus du pays.

La Suède, elle, soupçonne des tankers russes d’avoir participé au sabotage de câbles sous-marins entre la Finlande et l’Estonie. « Nous avons observé des mâts et des antennes qui ne se trouvent pas normalement sur ces navires », témoigne un expert.

C’est là que ça devient intéressant. Ces bateaux pourraient cacher d’autres objectifs derrière leurs activités apparentes. Une guerre hybride menée en silence, loin des regards.

L’hypocrisie européenne — acheter du gaz russe en toute discrétion

L’offensive française a des limites. Plusieurs, même.

Premièrement : le droit international. La convention de Montego Bay interdit l’arraisonnement en haute mer, sauf pour piraterie ou traite d’esclaves. Le non-respect des règles environnementales n’entre pas dans ces exceptions.

Deuxièmement : l’hypocrisie des États. « La semaine dernière, l’Angleterre a levé des sanctions sur le pétrole russe pour soulager le marché de l’essence. » « On n’a jamais autant consommé de gaz russe liquéfié. On est en train de remplir nos réservoirs. »

Les faits sont têtus. En janvier 2027, l’interdiction européenne d’acheter du pétrole russe doit entrer en vigueur. En attendant, l’Europe continue d’importer massivement du gaz russe. La France aussi.

« On est pris dans un réseau de contradictions », résume Guillaume Lagane.

Les États-Unis ont essayé — et ils ont échoué

Les Américains ont tenté le coup avant nous. Ils ont saisi quatre navires russes. Et maintenant, ils ne savent pas quoi en faire

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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