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SociétéÉpisode 13/14

Mortiers contre policiers : quand l'État crée l'impunité selon ses propres forces

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-13
Illustration: Mortiers contre policiers : quand l'État crée l'impunité selon ses propres forces
© YouTube

Pas un jour sans attaque

C'est un fait divers banalisé. Les attaques au mortier contre les forces de l'ordre sont devenues, selon un syndicaliste policier invité sur CNews, « absolument quotidiennes en Île-de-France ». Pas un jour sans qu'un commissariat ou une patrouille soit visé. Aucun département épargné.

Le soir de la finale de la Ligue des champions, des collègues du syndicaliste ont essuyé une attaque. Il décrit des scènes de chaos : des policiers contraints de se réfugier derrière un container à verre, submergés par une foule. « 1000 personnes », lance-t-il. Mille personnes qui, selon lui, « détestent les policiers ».

Mais le phénomène a pris une nouvelle dimension. Les mortiers ne suffisent plus. Désormais, les agresseurs utilisent des bombes agricoles — des engins autrement plus destructeurs. Pourquoi ? Parce que, selon ce policier, « ils savent que la conséquence sera moindre ». La certitude de l'impunité, en somme.

Un État accusé de tout permettre

Le syndicaliste accuse frontalement : « L'État a créé l'impunité. » Une phrase qui résume le sentiment de nombreux policiers et gendarmes.

Selon lui, les forces de l'ordre sont devenues « les privilégiés des terroristes et des délinquants ». Non pas qu'on leur accorde des faveurs — mais parce qu'on les a laissés faire. L'impunité s'est installée, et l'État en est le premier responsable.

Le syndicaliste cite l'ancien ministre Gérald Darmanin. Il a mis en place des outils répressifs contre l'usage des mortiers. On a ajouté des articles au code de procédure pénale, créé un délit spécifique d'achat ou de détention de mortiers d'artifice. Mais le résultat est là : « il y en a de plus en plus ».

L'outil ou l'homme ?

Le débat de fond ? Faut-il criminaliser l'objet ou punir l'homme ? Le syndicaliste dénonce une approche qui s'attaque à l'instrument plutôt qu'à celui qui le tient. « On alourdit la procédure, on la spécialise, mais on s'intéresse à l'outil et pas du tout à celui qui le tient », explique-t-il.

La logique est implacable. Qu'importe que ce soit un mortier, une bombe agricole ou un cocktail Molotov ? L'arme change, la violence reste. Et tant qu'on ne s'attaquera pas à l'auteur, on jouera au chat et à la souris. Les délinquants s'adapteront toujours plus vite que le législateur.

Le général Bertrand Cavalier apporte une analyse plus profonde. Pour lui, le phénomène est désormais « culturel ». La violence contre les forces de l'ordre n'est plus un acte isolé. Elle s'inscrit dans une culture, une éducation, un terreau fertile où l'impunité a germé. Et pourtant.

Sommes-nous déjà en soumission ?

La question brutale : « Est-ce qu'il n'est pas déjà trop tard ? » Le syndicaliste craint que la France ne soit devenue « un pays en état de soumission ». Même par rapport aux autres pays européens.

Cette phrase est un aveu d'impuissance. Les policiers, censés protéger la société, se sentent abandonnés. Leur demande est simple : du soutien. Pas des budgets colossaux, pas des réformes complexes. Juste le sentiment que l'État est derrière eux.

« Il y a une chose qui ne coûte pas cher au niveau budget et que tout le monde peut avoir, c'est le soutien », insiste-t-il. Un soutien qui, selon lui, fait cruellement défaut.

Ce que révèle cette violence quotidienne

Ce fait divers — si on peut encore appeler ainsi un phénomène quotidien — révèle une tension profonde. Celle entre la perception de l'autorité publique et l'efficacité de la réponse judiciaire.

D'un côté, des policiers qui se sentent en première ligne, abandonnés par un État qui a créé les conditions de l'impunité. De l'autre, une réponse politique qui s'attaque aux symptômes (les mortiers, les bombes agricoles) plutôt qu'aux causes (les auteurs, leur éducation, leur culture).

Le syndicaliste mentionne le procureur, mais fait la distinction : l'action publique du parquet n'est pas la même que l'indépendance du juge d'instruction. C'est ce dernier qui décide de la prison ou non. Et visiblement, la décision n'est pas assez ferme.

La France est-elle en train de perdre la bataille de l'autorité ? Les chiffres, quand ils existent, sont éloquents. Selon les données disponibles, les violences contre les forces de l'ordre augmentent. Les tentatives d'homicide ont bondi de 12 % en 2023. Les coups et blessures volontaires de 5 %. Et pourtant, le sentiment d'impunité persiste.

Et maintenant ?

La question reste ouverte. Les policiers attendent un signal fort. Pas une énième circulaire, pas un énième article de loi. Un signal politique, clair, qui dise que l'État ne tolérera plus que ses représentants soient attaqués quotidiennement.

Le général Cavalier, lui, regarde l'horizon avec inquiétude. La violence est devenue culturelle. Et les cultures ne se changent pas par décret.

À suivre.

Cet article est basé sur une source unique : la vidéo CNews « Reda Belhaj : L'État a créé l'impunité ». Les faits rapportés n'ont pas été corroborés par d'autres sources au moment de la publication. La présomption d'innocence s'applique à toute personne mise en cause. Les circonstances exactes des attaques décrites restent à établir par une enquête judiciaire indépendante.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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