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SociétéÉpisode 15/7

Périscolaire : le scandale des violences systémiques sur enfants

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-02
Illustration: Périscolaire : le scandale des violences systémiques sur enfants
© YouTube

160 000. Ce chiffre vous glace ? Moi aussi

160 000 enfants violés ou agressés chaque année. Une ville moyenne. Près de 60 % de ces violences surviennent dans des institutions censées les protéger — écoles, centres aérés, cantines. (source : CIVIS)

À Paris, la Mairie annonce 52 animateurs suspendus depuis 2023. La vérité ? "On ne compte plus les signalements enterrés", souffle Anne, du collectif SOS périscolaire. Prenez l'affaire Reusé : 13 victimes de 3 à 6 ans, un agresseur condamné à 20 ans. Premier signalement en 2016. Première plainte trois ans plus tard. Trois années où l'homme a continué en toute impunité.

"On l'a juste muté ailleurs", concède une source à la Dasco. Routine. Les preuves ? Des vidéos. Des témoignages d'enfants. Rien n'y a fait.

Le silence organisé des institutions

26 000 agents et vacataires dans le périscolaire parisien. Un vivier idéal pour les prédateurs. "Signalez un problème ? On vous écarte", témoigne Christine, ex-animatrice.

L'école Saint-Dominique (7e arrond.) a fait exploser le scandale. Après le reportage de Cash Investigation, des dizaines d'enfants ont brisé le silence. "Ils m'ont mis des jouets à l'intérieur", murmure une fillette de 5 ans.

Trois chiffres qui disent tout :

  • 16 000 signalements en 2025
  • 3 % ont déclenché une enquête
  • 0 responsable sanctionné

"Les parents tournent en rond entre la Mairie, l'Éducation nationale et la Dasco", s'indigne l'avocate Nagaraj. Personne ne prend le dossier. Personne ne veut savoir.

"Croire l'enfant d'abord" : un principe bafoué

"Quand un gamin de 6 ans parle, croyez-le." Le Dr Dora Bassi (UAPED) martèle ce message depuis des années. Les chiffres lui donnent raison : moins de 2 % de fausses accusations.

Et pourtant. Trois UAPED seulement à Paris — aucune habilitée à recueillir officiellement la parole des enfants. Conséquence ? Des gamins de maternelle interrogés comme des criminels au commissariat. Des PV truffés d'erreurs. 87 % de classements sans suite.

Kessy, mère d'une victime de Reusé : "Mon fils a dû tout raconter trois fois. À 6 ans, c'est une seconde violence."

L'ombre d'Outreau plane toujours. Ce fiasco judiciaire des années 2000 sert désormais de prétexte pour douter systématiquement. "On laisse filer 99 coupables pour éviter une erreur", déplore Nagaraj.

Des promesses qui n'arrêtent rien

"Laxisme" : le mot est de Macron lui-même. Le 24 avril 2026, la Mairie de Paris annonce des mesures. Trop tard. "Des mots, toujours des mots", rétorque le collectif SOS périscolaire.

Les solutions existent depuis 2018 :

  • Signalement unique indépendant
  • Formation obligatoire
  • UAPED habilitées partout
  • Protection des lanceurs d'alerte

Rien n'avance. "Les maires bloquent tout", explique Anne. Question de pouvoir. De budgets.

Ce matin même, Mediapart révèle de nouveaux cas dans le 15e. Mêmes schémas. Mêmes dénis.

Maintenant, agissez

Le 119 ? Sature. Le manuel de prévention parisien ? Distribué après les faits.

La solution tient en trois mots : croire. Former. Protéger.

En attendant, des milliers d'enfants retournent chaque matin dans ces lieux qui devraient les protéger. Leurs bourreaux ? Souvent des hommes. Souvent signalés. Toujours en poste.

Derrière chaque chiffre, un prénom. Une voix étouffée. Une vie volée. Combien de rapports faudra-t-il encore avant d'agir ?

Sources :

  • Mediapart
  • Commission indépendante sur l'inceste et les violences faites aux enfants (CIVIS)
  • Documents internes de la Mairie de Paris
  • Témoignages des familles victimes

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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