LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

SociétéÉpisode 14/11

Vinted : annonces suspectes, mais pas de preuves de trafic d'enfants

Par la rédaction de Le Dossier · '
Illustration: Vinted : annonces suspectes, mais pas de preuves de trafic d'enfants
© YouTube

Une vidéo, une onde de choc

Le déclencheur ? Une vidéo TikTok, postée le 15 juin. Jena, influenceuse suivie par plus de 300 000 abonnés, montre des annonces Vinted au contenu déroutant. « Il y a personne qui parle du fait qu’il y a du trafic d’enfance sur Vinted », lâche-t-elle. À l'écran : une figurine à 30 000 euros, décrite avec « 7 ans, 1,22 m ». Son appel à signaler en masse est entendu. Très vite, des milliers de rapports affluent vers Pharos, la plateforme gouvernementale de signalement des contenus illicites.

Parmi les annonces les plus partagées : une simple rose à 20 000 euros, à récupérer au Portugal en main propre. Description : « jusqu'à 1 mois, 50 cm ». Westfance a tenté de remonter la piste. L'annonce a disparu.

Détails troublants, absence de preuves

Alors, que cachent ces annonces ? « Prématuré », « 10 ans », « 140 cm » — pris hors contexte, ces mots inquiètent. Sauf que Vinted a des catégories de tailles préremplies pour les vêtements. La plateforme les applique automatiquement, même pour des objets qui n'ont rien à voir avec un body ou un pyjama. Et la mention « prématuré » ? Elle arrive en tête de liste au moment de la sélection. Pas de quoi crier au complot, mais assez pour faire du bruit.

Ce n'est pas la première fois — en 2023, des accusations similaires avaient déjà circulé. La théorie, alors : des réseaux pédocriminels dissimulaient du trafic de mineurs via des annonces. La police nationale avait conclu qu'aucun élément concret ne confirmait une activité criminelle. Cette année, l'affaire a pris une ampleur suffisante pour que les autorités s'en mêlent.

La haute commissaire saisit l'ARCOM et Pharos

Sarah El Haïry n'a pas attendu. Le 19 juin, la haute commissaire à l'enfance annonce sur X avoir saisi l'ARCOM et Pharos. Son message : face à ceux qui exploitent, marchandent ou s'en prennent aux enfants, l'État ne détournera pas le regard. Selon Europol, la police nationale a également transmis plusieurs signalements. Les enquêteurs cherchent maintenant à déterminer si certains contenus cachent un système de communication codé, voire de la traite humaine. Ou si tout cela n'est qu'une désinformation virale. Pour l'instant, les deux pistes restent ouvertes.

Vinted dément, l'enquête continue

Le 24 juin, Vinted casse le silence. Sur Instagram, la plateforme publie un communiqué : « Nous avons examiné en détail les annonces partagées en ligne. Nous n'avons trouvé aucun élément indiquant un lien avec le trafic d'enfants. » Bref, Vinted ne voit rien. Mais l'affaire tombe dans un climat ultra-sensible : depuis l'affaire Liana, qui a traumatisé l'opinion et relancé le débat sur la protection des mineurs, les autorités en ont fait une priorité. L'enquête, elle, suit son cours.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Sur le même sujet