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PolitiqueÉpisode 5/12

Ran Branco accuse Macron de verrouiller les institutions et dénonce le 'jeu de dupe' LFI-RN

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-25
Illustration: Ran Branco accuse Macron de verrouiller les institutions et dénonce le 'jeu de dupe' LFI-RN
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Un candidat qui prédit la violence

Ran Branco est formel. La violence n'est pas une option — c'est une conséquence. « Ces violences, c'est pas nous qui les provoquons », explique-t-il. « C'est d'un côté tous les flux de la mondialisation, les révolutions technologiques qui existent et de l'autre nos gouvernants qui n'apportent pas les bonnes solutions et qui cherchent à accaparer le pouvoir par tout moyen. »

L'ancienne figure des gilets jaunes se présente comme une « solution médiatrice ». Il affirme avoir les capacités — « notamment du fait de notre connaissance du système institutionnel » — pour trouver des solutions qui permettent de « contourner les obstacles et éventuellement de résorber les difficultés ».

Mais si le système refuse d'écouter ? « On entamera le rapport de force nécessaire pour exiger réparation », prévient-il.

Une menace à prendre au sérieux ? Branco insiste : « On fait tout comme il faut et normalement ça devrait marcher. Si en face il triche et qu'il nous empêche d'y arriver, là on entamera le rapport de force. »

L'article 11 comme arme de révolution

Le candidat ne cache pas sa stratégie. Il veut utiliser l'élection présidentielle pour mener à bien un « coup d'État institutionnel ». L'arme ? L'article 11 de la Constitution — celui qui permet au président de déclencher des référendums.

« Ça nous permettrait de court-circuiter toutes les forces politiques parlementaires qui autrement feraient obstacle », détaille-t-il. « Même des institutions comme le Conseil constitutionnel qui se refusent de contrôler les référendums fondés sur l'article 11. »

Concrètement, Branco veut faire passer des réformes lourdes : la possibilité pour les citoyens de faire leur propre loi (le RIC), une réorganisation des pouvoirs publics, et « un peu toutes les propositions radicales » de son programme.

Un programme qu'il dit avoir construit avec sérieux. « On a d'abord commencé à construire un appareil territorial avec les ruches et 70 structures départementales », affirme-t-il. « On a en parallèle construit le programme avec plus de 600 propositions vraiment en tout domaine très détaillé. »

Le tout sans « avoir à négocier, à mander, se retrouver dans une situation où en réalité on mélange des enjeux de pouvoir personnels avec la pureté des idées ».

Macron : le verrouillage méthodique

Pour Ran Branco, Emmanuel Macron n'est pas un accident. C'est un rouage. « C'est le rouage type de l'engrenage que je décrivais, mais comme tout rouage parfaitement substituable », analyse-t-il.

Il remonte le fil. La droite qui adopte des primaires. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé qui s'effondrent. François Fillon qui émerge — « trop libéral, trop anti-étatique » — et se fait piéger. « Je pourrais multiplier les différents facteurs qui ont permis l'ascension de cet homme », dit-il.

Mais le diagnostic est plus profond. Branco publie dès juillet 2017 un ouvrage, Contre Macron, qu'il présente comme « un ouvrage d'anthropologie politique ». Il y décrit Macron comme « une forme de séducteur » — par opposition à « des formes politiques plus nobles ».

Aujourd'hui, le constat est sans appel. « Emmanuel Macron a très peur de finir comme Nicolas Sarkozy », affirme Branco. « Il a tout fait — à part ce que je considère être un coup d'État institutionnel en 2024 après la dissolution — pour garder le contrôle sur l'appareil d'État. »

Comment ? « À travers le jeu de nominations, s'assurer qu'il y a un certain nombre d'affidés qui se maintiennent aux principaux postes de la magistrature, de verrouiller les institutions. »

Et de se protéger. « Sarkozy n'avait pas anticipé, à la fois parce qu'il n'avait pas assez de temps et parce qu'il pensait être réélu », rappelle Branco. « Il a été complètement mis à nu et vulnérabilisé sous le quinquennat suivant de François Hollande. »

Macron, lui, aurait tout verrouillé. « On est dans une dynamique d'appropriation de nos institutions à des fins de protection de l'intérêt personnel », conclut-il.

Le « jeu de dupe » LFI-RN sur l'Europe

Un des passages les plus incisifs de l'entretien concerne le rapport des deux principaux partis d'opposition à l'Union européenne. Branco dénonce un « jeu de dupe » entre La France insoumise et le Rassemblement national.

Les deux formations se présentent comme opposées. Mais selon lui, elles sont « toutes deux favorables à l'UE ». Une accusation grave, qui mérite d'être vérifiée.

Le 1er juin 2026, Jean-Luc Mélenchon accusait Marine Le Pen d'avoir posté une vidéo montée de lui, jugée trompeuse, datant de février 2025 (source : Le Monde). Les tensions sont réelles. Mais Branco va plus loin : il affirme que le clivage est artificiel.

« La gauche n'est pas venue dénoncer ces pratiques parce qu'elle considérait que Charles de L'Oncle était un ennemi idéologique », dit-il à propos de l'affaire impliquant Xavier Niel et un député. « On est dans une sorte de ségrégation idéologique au sein de cette société qui profite à nos dominants parce qu'elle génère de l'impunité. »

Une analyse qui rejoint sa critique plus large du système politique. « Il y a une dynamique d'accaparement prédatrice extraordinaire et volontairement », assène-t-il.

Les oligarques et le pouvoir médiatique

Branco ne se contente pas de critiquer les politiques. Il vise aussi les puissances économiques et médiatiques. Il cite nommément Xavier Niel, qu'il dit avoir rencontré.

« On a vu il y a quelques jours qu'il avait organisé une forme de compromat à l'égard d'un député de la nation parce qu'il avait remis en question ses intérêts », affirme-t-il, en référence à l'affaire Charles de L'Oncle.

Son indignation est double. « Non seulement du fait de la pratique et de sa consécration par la République — parce que Xavier Niel est un des plus proches du président de la République aujourd'hui — mais aussi de l'absence de réaction du corps social du fait de la division partisane. »

Il décrit ces oligarques comme des « prédateurs obsessionnels ». « C'est y compris en ayant déjà — comme c'est le cas des personnes en l'espèce — des dizaines de milliards d'euros, il continue à creuser, il continue à chercher au sein et à travers le pouvoir de nouvelles ressources. »

Une image illustre son propos : celle des yachts accumulés autour du Grand Prix de Monaco le week-end précédant l'entretien. « Cette sorte de gloutonnerie presque physiquement incarnée en un lieu et croissante comme une sorte de contamination parasitaire », dit-il.

Le pouvoir médiatique est dans le viseur. « Le pouvoir médiatique a une influence majeure sur la justice, se prête à toutes les instrumentalisations », accuse Branco. « L'état de droit n'existe plus parce qu'on est dans l'arbitraire le plus absolu aujourd'hui en France. »

Il appelle à un « nettoyage médiatique » pour en finir avec l'influence des intérêts privés. « La clé, c'est le nettoyage médiatique. Le fait qu'on soit plus dans un système oligarchique où ce sont des intérêts privés qui puissent influencer dans un sens ou dans l'autre la discussion. »

L'absence de référendum : un traumatisme ?

Branco revient longuement sur l'absence de référendum depuis 2005. « Ça fait plus de 20 ans qu'il n'y a pas eu de référendum sur notre sol », rappelle-t-il. Lui-même n'a pas pu voter à celui de 2005 — il avait 15 ans.

Pourquoi cette absence ? « Je pense qu'il y a eu un traumatisme avec 2005 », analyse-t-il. « Il y avait une machine, déjà ça s'était joué à pas grand-chose avec Maastricht, mais on avait réussi à faire passer la chose. »

La classe politique serait restée « dans la conviction qu'avec une machine bien dirigée, le résultat quel qu'il soit serait acquis ». Le référendum de 2005 a montré le contraire. « On a découvert que c'était pas le cas. »

Depuis, plus rien. « On est resté sur le modèle gaulliste où si on perd un référendum, on démissionne », explique Branco. « On n'a pas su faire la transition sur l'utilisation du référendum comme un vrai instrument de démocratie et de souverainisation du peuple. »

Résultat : « Le vote tel qu'il existe aujourd'hui, c'est un vote en négatif. Vous votez pour éliminer. »

Il propose un référendum sur la sortie de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Mais aussi sur des sujets de société comme l'euthanasie et la prostitution. « Quel que soit la décision que vous prenez sur l'euthanasie, ça ne rentre pas en contradiction avec un programme économique », justifie-t-il.

La GPA, la prostitution et la « lâcheté des politiciens »

Sur les sujets de société, Branco a des positions tranchées. « Je trouve que la GPA est une abomination », dit-il sans détour. Il critique le contournement des législations nationales par le fait d'aller à l'étranger — « d'utiliser des mères pondeuses, comme ça a été la spécialité ukrainienne pendant des années ».

Il dénonce « la lâcheté des politiciens sur ce sujet ». « Ils disent : 'Oui, mais on va pas laisser des parents, des enfants sans reconnaissance paternelle.' » Pour lui, c'est à la population française de trancher. « Soit faire acte d'autorité, soit ce que je considérerais être une forme de lâcheté, presque de perversion. »

Mais il ne veut pas imposer sa vision. « Notre mission sera de rendre cette parole-là », affirme-t-il. « D'autant plus que ce sont des questions sur lesquelles — enfin — qui ne mettent pas en jeu la cohérence de notre programme et de notre ambition politique en tant qu'ensemble. »

Une réorganisation administrative radicale

Le candidat propose une simplification drastique des échelons administratifs. Il veut supprimer les régions et les intercommunalités. « Il faut qu'il y ait une immense simplification, qu'on sache ce que fait un maire », explique-t-il.

Son modèle : des communes renforcées, des départements où le préfet serait contrôlé par l'assemblée départementale, et une échelle nationale simplifiée. « On sort à la fois par le haut de l'Union européenne et par le bas des régions et de toutes ces compétences mixtes. »

« À partir de là, on sait à nouveau qui fait quoi », conclut-il. « On s'implique beaucoup plus naturellement parce que tout d'un coup, il y a une identification. »

Une conception du politique qu'il résume simplement : « Pour moi, le politique c'est s'assurer que les poubelles soient ramassées. C'est aussi vulgaire et simple que cela. »

Une candidature dans un champ encombré

Branco reconnaît la difficulté. Il est « entre une vingtaine et une trentaine de candidats déclarés ». Mais il relativise. « Une grande partie sont — y compris parmi les plus visibles — des candidatures qui ont avant tout pour vocation de se placer sur les échiquiers politiques et de s'assurer des places dans les phases d'après. »

Lui dit avoir pris le problème à l'envers. « On a d'abord commencé à construire un appareil territorial. » Il cite les 70 structures départementales des Ruches et les 600 propositions de son programme.

« Malgré les vents contraires, malgré l'invisibilisation médiatique, malgré tout ce dont on pourrait se plaindre, on continue notre chemin sur une double branche », affirme-t-il. « Il y a l'aspect électoral, mais il y a peut-être et surtout aussi l'aspect révolutionnaire. »

La question des 500 parrainages

Branco évoque les difficultés pour obtenir les 500 parrainages nécessaires. Mais il y voit aussi une opportunité. « C'est un très beau rituel objectivement d'aller voir les maires des petites communes, essayer de les convaincre, les écouter aussi, de voir ce qu'ils ont à nous dire de l'état du pays au fin fond. »

Il donne un exemple : près de Montauban, un maire lui a parlé des « chaussées de Moulin qui sont quasiment interdites et que l'on cherche à faire détruire du fait d'un certain nombre de propositions et de dispositions législatives qui ont été adoptées sur l'impulsion des écologistes ».

« Il me racontait comment c'était en train — contrairement à ce que c'était comme objectif — de détruire la biodiversité, de déséquilibrer les flux », rapporte-t-il. « Des détails auxquels on ne pense pas si on reste enfermé à Paris et qui en réalité ont une affectation importante sur la vie de beaucoup de personnes. »

Une analyse psychologique de Macron

Interrogé sur l'évolution d'Emmanuel Macron entre ses deux mandats, Branco livre une analyse personnelle. « Je pense que c'est quelqu'un de très stable psychologiquement », dit-il. « C'est en général des profils psychopathologiques. »

Il ne termine pas sa phrase. Mais le sous-entendu est clair. Il renvoie à son ouvrage de 2017, Contre Macron, où il décrit le président comme « une forme de séducteur ».

Une chose est sûre pour Branco : Macron n'a pas changé. « C'est quelqu'un de très stable psychologiquement », répète-t-il. La stabilité, dans sa bouche, n'est pas un compliment.

Le système judiciaire en ligne de mire

Branco, qui fut avocat de Julian Assange et de WikiLeaks, connaît bien le système judiciaire. Il le critique vertement. « Le pouvoir médiatique a une influence majeure sur la justice », affirme-t-il. « L'état de droit n'existe plus parce qu'on est dans l'arbitraire le plus absolu aujourd'hui en France. »

Il sent « une inquiétude poindre dans l'institution judiciaire de la part des magistrats et même de la population ». « Ça veut dire quelque chose de la part de personnes qui sont censées juger au nom du peuple français », commente-t-il.

Son programme prévoit un travail « extraordinairement détaillé » sur la justice. L'objectif : « Sortir de cette fuite en avant dans laquelle se sont enferrés les magistrats, être très dur avec eux, mais aussi derrière proposer des solutions. »

« Pas se contenter d'une sorte de veine protestation qui elle mènerait à la violence », précise-t-il.

Une révolution démocratique ou la violence

La question revient comme un leitmotiv. Branco prédit une violence institutionnelle si la révolution politique échoue. Mais il se défend de la provoquer. « Ces violences, c'est pas nous qui les provoquons », insiste-t-il.

Son mouvement, les Ruches, se veut une alternative. « On est des gens qui à un moment donné ont fait l'effort et peut-être qu'on a les capacités — notamment du fait de notre connaissance du système institutionnel — pour trouver des solutions qui permettent de contourner les obstacles. »

Et si le système refuse ? « On entamera le rapport de force nécessaire pour exiger réparation et s'assurer que nos idées soient entendues et portées. »

Une menace qui n'en est pas tout à fait une. « Je crois beaucoup à la valeur de prêcher par l'exemple », dit-il. « On fait tout comme il faut faire. Et si ça marche pas, bah ça permet en réalité de démontrer qu'il y a un problème dans le système. »

Un constat partagé ?

Les analyses de Ran Branco sont radicales. Mais certaines de ses critiques — sur le verrouillage des institutions, l'influence des médias, l'absence de référendum — trouvent un écho au-delà de son camp.

Le 6 juin 2026, à moins d'un an de l'élection présidentielle, la question de la transparence démocratique reste centrale (source : Le Petit Nicois). Le programme de Branco, avec ses 600 propositions, est en accès libre. « Tout le monde veut piocher », dit-il, mi-fier, mi-résigné.

Reste à savoir si son appel à un « coup d'État institutionnel » via l'article 11 trouvera des oreilles attentives. Et si la « violence institutionnelle » qu'il prédit est une prophétie ou une menace.

Une chose est sûre : Ran Branco ne compte pas disparaître. « On a pris le problème à l'envers », conclut-il. « On s'est créé un socle qui fasse qu'on n'a pas vraiment à s'interroger sur notre légitimité ou le sens de notre démarche. »

Le peuple, lui, jugera.

Sources :

  • Vidéo YouTube (entretien avec Ran Branco)
  • Le Monde — « Jean-Luc Mélenchon accuse Marine Le Pen d'avoir posté une vidéo montée de lui » (1er juin 2026)
  • Le Figaro — « Nous allons gagner ces élections » (citation de campagne)
  • Mon Vote 2027 — Programme politique « Section Europe

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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