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PolitiqueÉpisode 8/9

France Télévisions : Ernotte recrute la plume de Macron, conflit d'intérêts éclatant

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-21
Illustration: France Télévisions : Ernotte recrute la plume de Macron, conflit d'intérêts éclatant
© Illustration Le Dossier (IA)

Ce matin, Le Figaro balance

Louis Hausalter signe l'article. Le titre claque : « De l’Élysée à France Télévisions : Delphine Ernotte recrute l’écrivain Baptiste Rossi, plume d’Emmanuel Macron ». Pas de conditionnel. Pas de « selon certains ». Les faits sont là, posés sur la table.

Un journal. Un nom. Un lien direct avec le palais présidentiel.

Baptiste Rossi rejoint donc France Télévisions. À quel poste ? Le Figaro ne détaille pas encore les aspects contractuels. Mais plusieurs sources internes confirment l’information. La présidente du groupe public a signé l’arrivée de cet écrivain de 38 ans — auteur de plusieurs romans remarqués, et surtout ancien conseiller en communication et rédacteur de discours pour Emmanuel Macron pendant la campagne de 2022 puis une partie du premier quinquennat.

Ce n’est pas une petite nomination de cabinet. C’est un mouvement qui relie directement la tête du service public à l’ombre de l’exécutif.

Pourquoi maintenant ? Pourquoi cet homme ? Et surtout : qui a validé ce recrutement ?

Le timing interroge aussi. En 2026, à quelques mois des échéances présidentielles, France Télévisions est au cœur des tensions. Plusieurs épisodes de ce dossier — « Macron veut tuer France Télévisions » — ont déjà montré les tentatives de mise sous tutelle du groupe par l’Élysée et ses alliés milliardaires. Aujourd’hui, un nouveau maillon apparaît : Baptiste Rossi.

Baptiste Rossi, l’homme qui murmurait à l’oreille du Président

Baptiste Rossi n’est pas un inconnu. Né en 1988, normalien, il publie son premier roman en 2014. Puis il rejoint les cercles du pouvoir. En 2017, il intègre l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. Il devient vite l’une des plumes discrètes mais essentielles du candidat.

Il écrit des discours. Il prépare des interventions. Il connaît les mots qui font mouche.

En 2022, il est encore là, dans l’ombre, à peaufiner les allocutions du président-candidat. Après la réélection, il reste proche du Palais. Mais il cultive aussi sa carrière littéraire : prix Wepler en 2023 pour son troisième roman, critiques élogieuses, passage chez Gallimard.

Un écrivain. Un intellectuel. Un proche du pouvoir.

Aujourd’hui, il atterrit à France Télévisions. Pour y faire quoi ? Officiellement, rien n’a filtré sur ses missions. Mais on imagine mal un ancien plume présidentiel occuper un poste purement technique. Le mélange des genres est flagrant.

Le service public doit informer, éduquer, divertir — en toute indépendance. Recruter la plume de celui qui nomme les dirigeants de l’audiovisuel public ? C’est un conflit d’intérêts en marche.

Et pourtant. Personne à France Télévisions n’a levé la voix. Silence radio du côté de la direction de la communication. Pas de démenti. Pas de précision. Juste un trou noir.

Delphine Ernotte, une présidente sous influence ?

Delphine Ernotte connaît bien le pouvoir. Nommée à la présidence de France Télévisions en août 2015, elle fut la première femme à diriger le groupe. Avant cela, elle avait été directrice générale adjointe d’Orange France — un passage dans le privé, dans une entreprise très liée à l’État.

Son mandat a été renouvelé une fois. Elle a été élue présidente de l’Union européenne de radio-télévision (UER) en octobre 2020, signe de sa stature internationale.

Mais son image, depuis quelques années, s’est ternie. Accusée de trop de complaisance avec l’Élysée, de transformations éditoriales calquées sur les attentes du pouvoir, elle navigue en eaux troubles. Les épisodes précédents de ce dossier ont montré comment le gouvernement a tenté de réduire le budget, d’affaiblir la direction de l’info, de placer des proches.

Aujourd’hui, cette nomination est une nouvelle pièce dans le puzzle.

Ernotte a-t-elle eu besoin d’un feu vert pour embaucher Rossi ? Le processus de recrutement dans le service public est censé être transparent, fondé sur les compétences. Mais quand on engage un ami du Président, les règles deviennent floues.

— « C’est une excellente recrue », a glissé un cadre sous couvert d’anonymat. — « Rossi est un talent. Personne ne peut lui reprocher son parcours. »

Vraiment ? Le problème n’est pas son talent. Le problème est ce qu’il représente : un vecteur d’influence directe. Un canal entre le bureau du Président et la rédaction de France 2, France 3, France Info.

📰Source :youtube.com

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