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PolitiqueÉpisode 16/12

Juan Branco accuse l’Élysée d’instrumentaliser la justice et se lance dans la présidentielle 2027

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-06
Illustration: Juan Branco accuse l’Élysée d’instrumentaliser la justice et se lance dans la présidentielle 2027
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Candidat à l’Élysée — avec des accents révolutionnaires

Juan Branco l’affirme : il se présente à l’élection présidentielle de 2027. Objectif : obtenir les 500 parrainages nécessaires. « On a émis cette hypothèse il y a un peu plus d’un an », explique-t-il. Son programme est clair : « référendum sur la sortie de l’Union européenne, de l’euro, de l’OTAN, adoption du RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) ». Il parle de « coup d’État institutionnel » via l’article 11 de la Constitution – celui qui permet au président de déclencher un référendum sur l’organisation des pouvoirs publics. Une stratégie qu’il justifie : « Depuis notre perspective citoyenne, c’est plutôt la participation à l’élection qui est scandaleuse. Tellement le jeu est truqué d’avance. »

Il n’exclut pas une prise de l’Élysée par d’autres moyens. « Si c’est par l’élection, tant mieux. Si c’est par la révolution, encore mieux », lance-t-il. Il regrette que les Gilets jaunes n’aient pas « pris l’Élysée collectivement » à l’époque. Désormais, il veut « utiliser les armes du système pour les retourner contre lui ».

Mais cette radicalité verbale ne doit pas masquer le cœur de son propos : une dénonciation en règle de l’état de la justice française.

« Embole » judiciaire : 163 % d’augmentation des procédures pour violences sexuelles

Un fait divers tragique ouvre le réquisitoire. Le 29 mai, Liana, une adolescente, disparaît dans le Gers. Un corps est retrouvé. Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, aurait déjà été visé par « cinq procédures pour violence sexuelle », selon l’avocat. « Ça me dégoûte. » Il voit dans cette affaire le symptôme d’un système qui dysfonctionne.

Il avance un chiffre : « 163 % d’augmentation des procédures pour violence sexuelle en quatre ans. » Une donnée qu’il lie à l’influence du mouvement #MeToo – qu’il qualifie d’« importé des États-Unis et des structures protestantes puritaines ». Selon lui, cette explosion de signalements a provoqué une « embolie » des juridictions. Résultat : les délais de jugement atteignent « en moyenne six ans » pour ces affaires. Et les véritables prédateurs seraient « protégés par cette embolie ». Des accusations graves, certes. Mais rien dans l’entretien n’étaye ces affirmations par des sources extérieures.

Branco dénonce aussi l’impunité des magistrats. Il cite le cas d’un « responsable de la lutte contre la criminalité à Bobigny » arrêté pour consommation de drogue, puis « classé sans suite avec obligations de soins ». Pas plus de détails. L’affaire, si elle est réelle, n’est pas identifiée.

L’Élysée accusé d’avoir orchestré des fuites contre lui

Voilà l’accusation la plus sensible. Juan Branco affirme que l’Élysée a fait fuiter des informations couvertes par le secret de l’instruction pour le déstabiliser. Il explique : « L’implication de l’Élysée est établie. C’est écrit noir sur blanc par les journalistes qui ont fait connaître l’affaire. » Il fait référence à l’enquête pour violences sexuelles dont il a lui-même fait l’objet – une enquête qu’il qualifie de « main courante orchestrée ». « Ils visaient à intimider », ajoute-t-il.

Il rappelle le timing : son livre « Battre l’ennemi » venait de paraître, trois semaines auparavant. Les Gilets jaunes, l’affaire Griveaux… « Chaque fois, le timing est extraordinaire », dit-il. Il suggère que son ascension politique a fait peur au pouvoir. Il obtient finalement un non-lieu dans cette affaire, après perquisition et expertise toxicologique. Mais le dommage médiatique, lui, était fait.

« Aujourd’hui, ça ne fait plus scandale », constate-t-il. Une manœuvre qu’il compare à celle qui a visé Édouard Philippe.

L’affaire Édouard Philippe : « le PNF a communiqué pour nuire »

Édouard Philippe, ensuite. Selon Branco, l’information judiciaire ouverte au Havre résulte d’une plainte « d’une employée licenciée » voulant se venger. « Il y a eu un classement sans suite, puis elle s’est constituée partie civile – ce qui est un droit automatique. » L’avocat affirme que le Parquet national financier (PNF) a « communiqué à la presse » la désignation d’un juge d’instruction, alors que cela n’a rien d’exceptionnel. « Pourquoi les procureurs communiquent-ils ce qu’ils ne font jamais dans aucune autre affaire ? » demande-t-il. Sa réponse : « Une intention derrière. » Il y voit une instrumentalisation politique, avec la complicité de la presse.

Il étend sa critique à l’ensemble du système. « Les forces politiques contrôlent aujourd’hui le système judiciaire ou l’influencent. » Et de citer l’impunité des politiques pendant des décennies, puis les condamnations tardives – mais jamais de prison ferme. Nicolas Sarkozy en est l’exemple parfait, selon Branco : « Le bon candidat pour la justice, lui qui avait sans cesse critiqué les juges. »

Impunité des puissants : Business France, Uber Files, Epstein

Branco ne s’arrête pas là. Il accumule les exemples de dossiers qu’il juge étouffés. Business France : « Un déplacement à Las Vegas de plus de 200 000 € pour Emmanuel Macron, organisé par Muriel Pénicaud, alors patronne de Business France, avec Havas. » Il affirme que cette somme a été débloquée « en dehors de tout code de marché public » pour aider le candidat Macron. Et que le silence de Muriel Pénicaud a été « acheté en la faisant nommer ministre du travail ». Il la qualifie de « pire ministre du travail qu’on a eu ». Il associe le même procédé à Agnès Buzyn après l’affaire Griveaux.

Il évoque aussi les Uber Files, sans donner de détail. Et l’affaire Epstein : « Les documents retenus par le Department of Justice américain ne sont pas sortis. » Selon lui, la France n’a pas enquêté sérieusement. « Toutes les enquêtes concernant la Macronie sont à l’arrêt », assure-t-il.

Médias : le contrôle des oligarques et des géants du numérique

Direction les médias. « Les médias privés sont contrôlés par des oligarques » cherchant « à influencer le pouvoir ». Il cite Delphine Ernotte, directrice de France Télévisions, dont le nouveau directeur de cabinet serait « le conseiller au discours de Macron », un homme de « 30 ans sans expérience télévisuelle ». Avant elle, c’était Stéphane Sillon (?), « propulsé à l’un des postes de pouvoir les plus importants après avoir été conseiller de Cécile Duflot ». Il n’en apporte pas la preuve.

Il dénonce aussi l’influence des géants du numérique. « Samira (?) voir Xavier Niel au conseil d’administration de TikTok, personne le sait », dit-il. Et affirme qu’Emmanuel Macron a « donné la nationalité au fondateur de Snapchat et à celui de Telegram » pour pouvoir affecter leurs algorithmes. Il rapporte une révélation à l’Assemblée nationale : « Snapchat a changé ses algorithmes pendant les émeutes après l’affaire Naël pour mettre fin à la contamination. » Affirmation non vérifiée.

Profil de l’accusateur : un habitué des polémiques

Juan Branco n’est pas un novice. Avocat de Julian Assange, conseiller juridique de WikiLeaks, essayiste à succès – « Crépuscule », « Battre l’ennemi », « Assange : l’antisouverain » – il a été investi par La France insoumise aux législatives de 2022 dans les Hauts-de-Seine. Il a fondé le mouvement « Les Ruches » (ruche.org). Il se présente comme un révolutionnaire convaincu, mais aussi comme un stratège du temps long. « Notre capacité à renverser le pouvoir passera par la formation, le travail », assure-t-il.

Il critique d’ailleurs ses anciens alliés : Jean-Luc Mélenchon aurait « abandonné le discours républicain pour un discours identitaire ». François Ruffin serait un « personnage clownesque utilisé par la presse pour diviser la gauche ». Il appelle à une « révolution politique citoyenne » pour « redémarrer le pays ».

Ses propositions incluent le rétablissement de la conscription comme « contre-pouvoir citoyen » et une réforme de l’immigration – il juge le regroupement familial des années 1970 « erroné ». Il dénonce une « névrose post-coloniale » source de tensions identitaires.

Ce qu’il faut retenir

Une charge frontale contre les institutions. Juan Branco ne mâche pas ses mots : « Le système judiciaire français est pourri », résume-t-il. Mais ses accusations – pour la plupart non sourcées – doivent être prises pour ce qu’elles sont : des allégations d’un avocat en campagne, qui a lui-même été visé par une procédure judiciaire. L’Élysée, le PNF, les ministres cités n’ont pas été sollicités pour répondre. La présomption d’innocence s’applique à tous les protagonistes, y compris à ceux qu’il accuse d’instrumentalisation.

Une chose est sûre : à un an de la présidentielle, Juan Branco entend bien bousculer le jeu. Reste à savoir si ses 500 parrainages suivront.

Sources :

  • Entretien vidéo avec Juan Branco, « Le samedi politique » (YouTube), durée 1h+, non daté (publié courant 2026, moins d’un an avant le scrutin de 2027).
  • Éléments biographiques vérifiés : articles Wikipedia, données justice.gouv.fr 2025 (procédures pénales), ouvrages de Juan Branco.

📰Source :youtube.com

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