LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

JusticeÉpisode 6/9

Procès explosif : Un élève mineur jugé pour l'assassinat de sa prof d'espagnol

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-21
Illustration: Procès explosif : Un élève mineur jugé pour l'assassinat de sa prof d'espagnol
© YouTube

Une tragédie qui a secoué la France

Un lycée privé de Saint-Jean-de-Luz. Un cours d'espagnol ordinaire, jusqu'à ce qu'un élève se lève et poignarde sa professeure. Danièle Lassal succombe sur place.

Stéphane Voirin, son compagnon, garde les souvenirs en mémoire. "On avait prévu de nous marier six jours après." Trois ans ont passé, et il arbore toujours un t-shirt à l'effigie de sa compagne. "Je veux que ce garçon regarde enfin les conséquences de ses actes."

Le procès s'ouvre à Pau. À huis clos. L'accusé, aujourd'hui âgé de 19 ans, reste protégé par l'anonymat. Mais c'est son état mental à 16 ans qui est sous la loupe.

Et c'est là que les choses se compliquent.

Expertises psychiatriques : le nœud de l'affaire

Quatre expertises. Quatre conclusions divergentes.

La première soutient que l'adolescent était "en pleine possession de ses moyens psychiques". La seconde évoque une "altération du discernement". La troisième parle d'"abolition". La quatrième — un collège d'experts — opte pour une "légère altération".

"Une altération du discernement peut réduire la peine, mais pas annuler la condamnation", explique Noémie Chus, spécialiste en droit pénal. "Une abolition, en revanche, mène à l'acquittement."

L'accusé aurait affirmé avoir "entendu des voix" lors de l'attaque. Un pharmacologue a été appelé pour analyser son traitement antidépresseur. Hallucinations ? Effets secondaires ? Les pistes restent floues. Pour l'instant.

L'excuse de minorité : entre 20 et 30 ans de prison

L'adolescent avait 16 ans au moment du meurtre. Un détail qui pèse lourd.

"L'excuse de minorité est automatique avant 16 ans", souligne Maître Florence Roisé, avocate spécialisée dans le droit pénal des mineurs. "À partir de 16 ans, elle peut être levée."

Si l'excuse est maintenue, la peine maximale est de 20 ans. Si elle est levée, l'accusé risque 30 ans. La perpétuité ? Impossible pour un mineur, même en cas de préméditation.

Stéphane Voirin et ses avocats réclament la levée de l'excuse. "Un regard de travers, des mauvaises notes... La banalité du motif ne justifie pas l'acte", martèle l'un d'eux.

La violence scolaire : un problème systémique

Maxime Reppert, vice-président du SNALC, ne tourne pas autour du pot. "Ce meurtre n'est pas un fait divers. C'est le symptôme d'une société malade."

Les chiffres sont glaçants. 20 500 contrôles aux abords des écoles en un an. Près de 1 000 armes blanches saisies. Cinq agressions mortelles depuis 2020 — dont deux attentats terroristes.

"Nous sonnons l'alarme depuis des années", poursuit Reppert. "En juin dernier, un écolier de 8 ans cachait trois couteaux dans son casier. Il menaçait de tuer sa maîtresse."

Le ministre de l'Éducation, Édouard Gefrayet, tente de se montrer rassurant. "La communauté éducative tient bon." Mais les enseignants du lycée Saint-Thomas-d'Aquin arborent désormais un ruban vert. Un symbole de leur combat contre la violence scolaire.

La santé mentale : une bombe à retardement

L'accusé était harcelé. Dépressif. Anxieux. Il avait tenté de mettre fin à ses jours quelques mois avant le drame.

"Ce n'est pas le couteau qui tue. C'est celui qui le tient", insiste Maxime Reppert. "On supprime des postes alors que la santé mentale est déclarée 'grande cause nationale'. Les portiques ne sont pas la solution."

1 000 mineurs fichés S en France. Des enseignants dans l'ignorance des profils à risque. "Nous sommes devenus des cibles", dénonce le syndicaliste. "Rien n'a changé depuis trois ans."

Le dossier reste ouvert.

Un procès qui fait trembler

Quatre jours d'audience. Quatre jours pour tenter de percer l'impensable.

Stéphane Voirin exige "la reconnaissance d'un geste monstrueux". L'accusé, lui, n'a jamais adressé un mot à la famille de sa victime. "Le pardon ? C'est un chemin tortueux", murmure le compagnon de Danièle Lassal.

Les jurés devront trancher. Discernement altéré ou intact ? Excuse de minorité maintenue ou levée ? 20 ans ou 30 ans de prison ?

Une décision qui résonnera bien au-delà de la cour d'assises des mineurs de Pau. Dans toutes les salles de classe de France.

Sources :

  • France Info
  • Témoignage de Stéphane Voirin
  • Expertises psychiatriques
  • SNALC (Syndicat National des Lycées et Collèges)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Sur le même sujet