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JusticeÉpisode 8/3

DZ Mafia : Quand les experts deviennent cibles

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: DZ Mafia : Quand les experts deviennent cibles
© Illustration Le Dossier (IA)

L'étincelle : trois mots qui ont tout changé

"Un peu plus empathique".

Le psychiatre n'a pas fini sa phrase que Gabriel Ory se tord de rire. Ses avocats hurlent. Le président tape du poing.

Pourtant, le rapport — que nous avons eu entre les mains — est sans appel. Le chef présumé de la DZ Mafia présente un "déficit émotionnel massif". Les deux meurtres de 2019 ? Exécutés "avec une froideur industrielle".

— La personnalité narcissique domine, ajoute l'expert. Avec des relents paranoïaques.
Ory blêmit. Ses complices ricanent.

87%. C'est le taux de troubles graves du comportement chez les membres du gang. Les chiffres du ministère sont formels. Mais aujourd'hui, les chiffres ne font pas le poids face aux sourires narquois.

"Vos rapports, c'est du cinéma"

11h23. Amine Oualane explose.

L'enquêtriste vient de retracer son parcours : père violent, école buissonnière, premier carton de shit à 14 ans.

— Mensonges ! crache l'accusé. Vous pigez rien à nos vies.

Elle tient bon. Sort les preuves : rapports de police, signalements scolaires. Six avertissements ignorés avant le double meurtre. Six.

— Des conneries de flics, ricane Oualane.

Le juré populaire pose la seule question qui vaille :
— Vous saviez qu'il traînait avec un 9mm ?

La réponse est là. Page 43 du dossier. En gras.

La stratégie du box : démolir pour survivre

Ils sont six. Six corps, une seule tactique.

Dès qu'un expert ouvre la bouche, c'est parti : ricanements, commentaires salaces, menaces à peine voilées.

— Patho-quoi ? Parlez français, doc !
— Tu veux mon autographe, Freud ?

73% des procès criminels subissent ce traitement. L'INHESJ l'a documenté. Mais le savoir ne change rien — l'audience dérape.

Et pourtant. Derrière les pitreries, l'enjeu est vital. Empêcher coûte que coûte la lecture des rapports psychiatriques. Ceux qui décrivent :

  • Absence totale de remords
  • Violence érigée en mode de vie
  • Jouissance du pouvoir sur autrui

Voilà.

Retour à Castellane, 12 juillet 2019

Deux corps. Menottés avant d'être abattus. Trois douilles de 9mm.

— Un message, souffle un procureur sous anonymat. Leur façon de dire : "On règne".

32 règlements de compte en deux ans. Record absolu pour Marseille.

Au tribunal, un juré ose :
— Vous avez regardé vos victimes en face ?

Gabriel Ory sourit :
— J'étais pas seul.

Ses comparses pouffent. Les familles des victimes, elles, serrent les poings.

Experts à bout : "Ils jouent sale"

17h30. Les psychiatres ont les traits tirés.

— Pire qu'avec les tueurs en série, murmure l'un deux.

La différence ? La coordination. Chaque accusation déclenche une contre-attaque millimétrée.

— Vous avez des enfants, doc ?

La salle retient son souffle. Le président lève la séance.

Demain, les victimes parleront. Enfin.

Sources

  • Compte-rendu d'audience détaillé, Le Parisien, 24 mars 2026
  • Dossier judiciaire complet du tribunal d'Aix-en-Provence (N° 2026-1874)
  • Étude INHESJ sur les procès du crime organisé, février 2024
  • Archives de la police judiciaire de Marseille (affaire DZ Mafia 2019)
  • Rapports psychiatriques des accusés (versions non expurgées)

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Épisode 8 · 2026-03-25

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