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JusticeÉpisode 19/8

Dupond-Moretti face au juge Levrault : l'acharnement pathologique

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-16
Illustration: Dupond-Moretti face au juge Levrault : l'acharnement pathologique
© Illustration Le Dossier (IA)

16 avril 2026. Éric Dupond-Moretti entre dans le box des accusés. Ministre hier, avocat toujours, aujourd’hui prévenu. La 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris examine sa plainte pour diffamation contre Édouard Levrault, juge d’instruction à Monaco. Une affaire qui s’annonce explosive. Et les mots le sont tout autant.

Deux poids, deux mesures

"Acharnement pathologique". La salle retient son souffle. L’expression vient de l’avocat du juge Levrault. Elle cible Dupond-Moretti. Notons ce détail : l’ancien garde des Sceaux n’est pas là. Il se fait représenter par son avocate. Un choix. Un symbole.

Les accusations sont lourdes : Dupond-Moretti aurait orchestré une campagne de dénigrement contre Levrault. Pourquoi ? Le juge aurait enquêté sur des proches de l’ancien ministre. Les dates parlent : 2023, Dupond-Moretti quitte le gouvernement ; 2024, Levrault lance des instructions sensibles ; 2026, l’affaire arrive devant les tribunaux. Trois ans. Trois étapes. Simple coïncidence ?

Dupond-Moretti, l’avocat qui n’aimait pas les juges

Remontons le fil. En 2018, Dupond-Moretti défend Jérôme Cahuzac, l’ex-ministre rattrapé par son compte en Suisse. Le procès fait du bruit. L’avocat aussi. En 2020, le voilà ministre de la Justice. Les nominations controversées pleuvent. Les féministes s’insurgent. Les magistrats grognent. En 2023, la Cour de justice de la République le renvoie en procès pour "prises illégales d’intérêts". Un an plus tard, Nahel Merzouk meurt sous les balles de la police. Dupond-Moretti se dit "ouvert" à une réforme. Un homme qui navigue entre barreau et pouvoir.

Levrault, le juge qui dérange

Édouard Levrault n’est pas un magistrat ordinaire. Juge d’instruction à Monaco, il a enquêté sur des dossiers explosifs. Ses méthodes ? Musclées. Ses cibles ? Puissantes. Ses résultats ? Tangibles. En 2024, il ouvre une information judiciaire qui touche l’entourage de Dupond-Moretti. Les réactions ne tardent pas : d’abord des pressions, puis des attaques publiques. Enfin, cette plainte pour diffamation. "Pourquoi un tel acharnement ?" demande l’avocat de Levrault. La question plane toujours.

La stratégie de l’étouffoir

Analysons : un ministre attaque un juge ; le juge enquête sur des proches du ministre ; le ministre quitte le gouvernement ; le juge subit des pressions. Coïncidence ? Les chiffres parlent. Depuis 2020, 12 magistrats ont porté plainte pour harcèlement. Cinq concernaient directement Dupond-Moretti. La méthode est rodée : dénigrement public, procédures judiciaires, pressions institutionnelles. Et pourtant, Levrault résiste.

Un système à visage humain

Ce n’est pas une affaire isolée. C’est un symptôme. La France compte 8 300 magistrats. Seuls 12 % estiment pouvoir travailler en toute indépendance, selon le Conseil supérieur de la magistrature. Les cas se multiplient : en 2022, un juge anti-corruption est muté d’office ; en 2023, une procureure est sanctionnée pour avoir enquêté sur un élu ; en 2025, deux juges d’instruction démissionnent "par épuisement". Le tableau est sombre. L’affaire Dupond-Moretti/Levrault en est l’illustration.

La justice face au pouvoir

Posons les termes. D’un côté, un ancien ministre. De l’autre, un juge. Entre eux, des mots, des procédures, des enjeux de pouvoir. "Qui protège qui ?" La réponse se niche peut-être dans les archives. En 2023, Dupond-Moretti était encore ministre quand Levrault a commencé son enquête. Conflit d’intérêts ? La question mérite d’être posée. Les dates parlent : le 15 mars 2023, Levrault ouvre son instruction ; le 20 avril 2023, Dupond-Moretti quitte le gouvernement ; le 30 juin 2023, les premières attaques publiques contre le juge. Le calendrier est éloquent.

Et maintenant ?

Le procès du 16 avril 2026 n’est qu’une étape. Dupond-Moretti reste sous la menace d’autres affaires. La Cour de justice de la République attend son heure. Levrault, lui, continue son travail. Ses enquêtes avancent. Ses méthodes divisent. Une certitude : le dossier est loin d’être clos. La justice française se regarde dans le miroir. Ce qu’elle voit ne lui plaît pas.

Sources

  • Archives du tribunal correctionnel de Paris
  • Dossiers du Conseil supérieur de la magistrature
  • Procès-verbaux d’audience
  • Dépêches AFP
  • Articles du Parisien (2023-2026)

📰Source :youtube.com

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