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JusticeÉpisode 5/7

Violences scolaires : le procès qui accuse l'État

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-21
Illustration: Violences scolaires : le procès qui accuse l'État
© YouTube

22 mars 2023 : le jour où tout a basculé

Le couteau a traversé sa blouse d'enseignante avant d'atteindre son cœur. Agnès Lassalle s'effondre dans le couloir du lycée. L'arme ? Prélevée dans l'atelier cuisine de l'établissement.

"J'aurais préféré un acte de folie isolé", murmure Stéphane Voirin. Mais les chiffres le démentent : 10 à 15 agressions similaires depuis. Sept ministres ont tourné la page. Sans écrire la suivante.

Le rapport du Sénat, publié dans la foulée, alerte sur "une profession ébranlée". Et pourtant. Rien.

Expertises : le grand flou

Trois ans d'attente. Trois psychiatres. Trois versions.

Le huis clos intégral protège le mineur accusé. "Ces gamins sont surprotégés par l'anonymat", regrette Voirin. La dernière expertise contredit les précédentes sur le discernement du jeune. Une seule ? "Non, une seule n'est pas contradictoire", corrige le veuf.

Le doute s'installe. Comme une brume sur le verdict.

L'école en sang

Les chiffres saignent. 4 à 5 agressions annuelles avant 2023. 10 à 15 désormais. Le ministère compte. Mais n'agit pas.

"Et les victimes ?" Voirin lance la question comme un couteau. Le rapport 377 lui donne raison : les agressions ont doublé. Pire encore, il pointe "une considération réservée aux seules victimes masculines du terrorisme".

Sept ministres. Sept échecs.

Deux vérités en procès

Voirin n'attend plus rien de la justice. Après deux ans d'enquête personnelle, il connaît les réponses. Ce qu'il veut ? Entendre l'adolescent parler. Vraiment.

"Pourvu qu'il soit sincère". Le "pourquoi" le hante. Mais l'essentiel est ailleurs : "Valider cette souffrance pour avancer".

La cour devra choisir entre deux récits. Un ado perturbé ? Un système en panne ?

L'État dans le box des accusés

Trois ans pour juger un crime scolaire. Sept ministres pour l'ignorer.

Le procès d'un adolescent masque celui d'une institution. Le rapport 377 le prouve noir sur blanc : l'Éducation nationale savait. Pourtant — voilà — aucun plan. Aucune mesure.

Voirin danse encore. Mais sous la surface, la colère gronde : "J'ai de quoi être indigné". L'État aussi. Non ?

Sources

  • Interview de Stéphane Voirin, France Inter, 20 avril 2026
  • Rapport 377 du Sénat sur les violences scolaires, septembre 2023
  • Archives judiciaires du procès de la cour d'assises des mineurs

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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