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OTAN : Trump étrille ses alliés, l'Europe divisée sur sa défense

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-08
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OTAN : Trump étrille ses alliés, l'Europe divisée sur sa défense

Ankara, 8 juillet 2026. Le sommet de l'OTAN s’ouvre sous tension (source : La Croix). Donald Trump débarque « avec sa tête des mauvais jours, prêt à en découdre ». Il ne perd pas une seconde. Devant la presse, le président américain tire « à boulets rouges sur ses alliés ». « Je suis très en colère contre l'OTAN », lâche-t-il. « Nous payons beaucoup trop, des milliards de dollars en trop. C’est injuste. Nous les protégeons, mais eux ne sont pas là pour nous. »

Cette colère a un déclencheur précis : l’Iran. Trump accuse ses alliés de l’avoir laissé tomber dans ce dossier. Selon le journaliste C. Roux, présent à Ankara, « il a passé un savon à ces pays qui sont protégés par les États-Unis et ne sont pas au rendez-vous quand on a besoin d’eux ». Une charge qui vise les Européens — pourtant membres de l’Alliance.

Mais l’Iran n’est pas une mission de l’OTAN. L’analyste A. Bellanger recadre : « Il a mal lu la Charte. L’Iran ne fait pas partie du domaine de l’OTAN. » Une précision qui n’a pas calmé Trump.

L'Espagne dans le viseur

Parmi les cibles favorites du président américain : l’Espagne. Il l’attaque frontalement. « L’Espagne est un partenaire terrible au sein de l’OTAN. Ils ne participent pas, ne payent pas. Je ne veux plus rien avoir à faire avec eux. Coupez tout commerce avec l’Espagne, s’il vous plaît. Ils sont irrécupérables, de mauvaises personnes. » Pourquoi une telle animosité ? Selon le journaliste P. Allémonière, le Premier ministre Pedro Sánchez s’est opposé à la guerre en Iran et au soutien à Israël. « Il est propalestinien. Ça exaspère D. Trump. »

Les Espagnols ne se sont pas laissé faire. La ministre des Affaires étrangères a répondu du tac au tac : « Vous nous voulez comme des vassaux. Nous, on n’a pas peur. On est ce qu’on est. » Une réplique qui, selon Allémonière, donne une « petite leçon aux autres pays européens en matière de souveraineté ».

Voilà où ça se complique. Trump menace de couper tout commerce avec l’Espagne. Une menace — si elle était mise à exécution — aux conséquences économiques dévastatrices. Mais pour l’instant, ce n’est qu’une déclaration.

Zelensky et les missiles Patriot

Le ton change radicalement quand Trump rencontre Volodymyr Zelensky. « Vous iriez à Moscou ? » demande Trump. « C’est compliqué. Il y a beaucoup de drones ukrainiens. C’est dangereux pour moi », répond le président ukrainien. Le rapprochement se poursuit. Trump annonce même une décision surprenante : autoriser Kiev à produire ses propres missiles Patriot. « On va leur donner les licences. C’est plutôt cool, non ? Il ne pourra plus se plaindre et dire qu’on ne leur donne pas assez. Fabriquez-les vous-mêmes. »

Pourquoi Trump, si critique envers ses alliés européens, fait-il un geste aussi fort envers l’Ukraine ? Les analystes y voient une stratégie de rapprochement personnel avec Zelensky — loin, très loin des tensions avec les Européens.

L'autonomie stratégique européenne en question

L’autonomie stratégique européenne, thème récurrent du sommet. Emmanuel Macron la défend avec vigueur. « La France est un bon exemple, car à travers nos lois de programmation militaire et l’avenant qui vient d’être voté à l’Assemblée nationale, nous avons doublé en 10 ans le budget des armées françaises. » Un effort réel, mais insuffisant aux yeux de Washington.

Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, tente de calmer le jeu. Deux semaines avant le sommet, il s’est rendu à Washington avec des pancartes : les dépenses supplémentaires des Européens et des Canadiens s’élèvent à 140 milliards de dollars en 2025 et 2026. « Pour la première fois, tous les membres européens de l’OTAN atteignent ou dépassent l’objectif des 2 % du PIB consacrés à la défense », affirme Rutte. Une première étape.

Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien, abonde : « Nous partons tous d’un même constat : l’Europe doit assumer ses responsabilités en matière de défense et de sécurité. »

Mais les paroles ne suffisent pas. Symbole des difficultés européennes : l’abandon du projet d’avion de combat franco-allemand SCAF, il y a quelques jours. Le général François Chauvancy, invité du plateau, ne mâche pas ses mots : « C’est un échec d’une collaboration franco-allemande, mais ça fait des années qu’on sait qu’on marche pas très bien avec les Allemands en termes d’industrie d’armement. »

C. Roux s’inquiète : « Ce qui est inquiétant, c’est que les industriels font la loi et que les politiques n’arrivent pas à imposer une stratégie de défense européenne. » Le général Chauvancy reconnaît : « C’est vrai. Mais d’un autre côté, on a fait une industrie d’armement privée. »

P. Allémonière résume le malaise : « L’Europe est incapable de faire cette autonomie stratégique à laquelle le président français appelle parce qu’on est toujours très divisés. Il n’y a pas que le SCAF. Les pays regardent cet argent qui se déverse dans l’industrie militaire. Les Italiens aussi. Seuls les pays du Nord sont contents. L’autonomie stratégique, oui, c’est une formidable idée. Mais on est très loin de la réalisation, parce qu’on est comme des tribus qui ne sont pas foutues de s’entendre. »

Le Groenland, nouvelle pomme de discorde

Trump n’a pas oublié le Groenland. Selon C. Roux, il est « revenu sur le sujet — un sujet sur lequel il ne lâchera pas ». P. Allémonière détaille : « Ils sont en train de dealer des bases. Il y a un accord militaire signé dans les années 70, revu au début des années 2000, qui permet aux Américains de s’installer militairement au Groenland. Ils avaient réduit leurs bases. Maintenant, ils veulent les réaugmenter. Et imposer d’autres critères aux Groenlandais : un veto sur tous les accords économiques et le droit d’exploiter toutes les terres rares. »

La Première ministre danoise a rappelé que le Groenland n’est pas à vendre. Mais A. Bellanger voit plus loin : « Trump dit n’importe quoi, a l’air de dire n’importe quoi, monte sur ses grands chevaux, fait déplacer des troupes — y compris sur le Groenland — et, à la fin, il obtient ce qu’il veut : le réinvestissement... En fait, il obtient des droits miniers sur le Groenland, et la possibilité pour les Américains de sortir du droit minier européen et danois, particulièrement strict. Les Américains pourront faire ce qu’ils veulent, dépendre du droit minier américain. »

Une manœuvre qui, si elle aboutit, contournerait les réglementations environnementales européennes. Les questions restent sans réponse.

Erdogan, l'allié privilégié

Le sommet se tient à Ankara. Trump ne cache pas son affection pour Recep Tayyip Erdogan. Selon C. Roux, « il a dit que si ça ne s’était pas passé en Turquie, il ne serait pas venu ». D. Rigoulet-Roze explique : « Il y a une relation particulière. C’est la culture viriliste qu’on retrouve chez un certain nombre de personnages. Il apprécie pour ça le président turc. Erdogan est membre de l’OTAN, un allié important. Il a eu un rôle dans le processus de négociation, notamment de désescalade avec l’Iran. Un livre qui fait beaucoup de bruit aux États-Unis révèle qu’il aurait convaincu Trump de surseoir à certaines options militaires poussées par Israël. »

Un rôle de médiateur qui agace Israël. A. Bellanger ajoute : « Ça a permis de contrebalancer Israël. C’est très important. Depuis quelque temps, un bruit court aux États-Unis : les États-Unis seraient devenus le caniche d’Israël. C’est faux. Ce n’est pas la queue qui remue le chien, mais le chien qui remue la queue. Ce sont les États-Unis qui décident. »

Israël a réagi — critiquant cette promesse de F-35. Mais les détails restent flous.

Une Europe à la croisée des chemins

Ce sommet d’Ankara révèle les fractures profondes au sein de l’Alliance atlantique. Trump exige plus d’argent et de loyauté. Les Européens peinent à s’entendre sur une défense commune. Le SCAF abandonné, les divisions sur l’Iran, les tensions avec l’Espagne — tout concourt à un sentiment d’impuissance.

Pourtant, des signes d’espoir existent. Les dépenses de défense augmentent. L’Ukraine reçoit des missiles Patriot. Mais la question centrale demeure : l’Europe peut-elle vraiment assurer sa propre défense sans les États-Unis ? Le général Chauvancy est catégorique : « Il faut qu’on soit totalement autonomes, sinon libres. » Mais les faits montrent que le chemin est long.

Sources :

  • La Croix (date et lieu du sommet)
  • Discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron (mentionné dans le débat)
  • Livre sur le rôle d’Erdogan dans la désescalade avec l’Iran (mentionné dans le débat)
  • Vidéo YouTube analysée (transcript des interventions)

📰Source :youtube.com

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