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PolitiqueÉpisode 2/1

Trump étrangle Cuba : révélations sur un embargo meurtrier

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-23
Illustration: Trump étrangle Cuba : révélations sur un embargo meurtrier
© YouTube

L'arme du blocus énergétique

Pas de kérosène. Pas de touristes. Pas de dollars. La formule est simple. Elle tue Cuba à petit feu.

Le 7 mars 2024, Donald Trump prononce un discours au sommet du Bouclier des Amériques — sa dernière initiative géopolitique au logo digne d'un tournoi e-sport. Le lieu ? Son golf privé de Floride. Le public ? Une brochette de dirigeants sud-américains d'extrême droite : Javier Milei (Argentine), José Antonio Kast (Chili), Nayib Bukele (Salvador).

"Les États-Unis ne permettront pas à une influence étrangère hostile de s'implanter dans notre hémisphère." Le message vise Pékin. La cible est La Havane.

Regardons les faits. Depuis l'arrêt des livraisons pétrolières vénézuéliennes — orchestré par Washington après le renversement de Maduro — Cuba importe 92% moins de carburant qu'en 2020. Conséquences ?

  • Les hôpitaux fonctionnent avec 4 heures d'électricité par jour
  • Le transport aérien est paralysé
  • Le PIB a chuté de 11% en 3 ans

"Une semaine de quatre jours pour les services publics", confirme Gaspar Estrada, politologue à la LSE. Le régime tient. Le peuple crève.

La double crise cubaine

20 dollars par mois. C'est le salaire d'un médecin à La Havane. Robertico, 29 ans, cumule trois jobs : chauffeur de taxi, gérant de café, docteur. "A l'étranger, je serais millionnaire. Ici, c'est la misère."

Derrière cette misère, deux facteurs s'entremêlent :

  1. L'embargo américain — actif depuis 1962, durci par Trump en 2017 et 2021
  2. La réforme monétaire de 2021 — une catastrophe interne qui a laminé 90% du pouvoir d'achat des retraités

Le résultat ? Une société fracturée. D'un côté, une élite dollarisée — comme le César Jazz Club où l'entrée coûte l'équivalent de 3 mois de salaire moyen. De l'autre, des files d'attente pour du pain rassis.

"Nous avions un rêve", soupire Marta Ortega, ex-fonctionnaire du Parti communiste. Sa pension : 5 dollars. Sa fille : sourde-muette, sans soins adaptés. La révolution ? Un souvenir.

Négociations secrètes et prisonniers jetables

14 prisonniers politiques libérés le 14 mars. Une aumône.

Pour la première fois, Miguel Diaz-Canel a admis le 13 mars des "discussions bilatérales" avec Washington. Médiation du Vatican. Objectif officiel ? "Résoudre les divergences." Réalité ? Un marchandage.

Le New York Times l'affirme : les États-Unis veulent la tête du régime. Pas par amour des libertés cubaines — l'administration Trump soutient Bukele et ses 70 000 prisonniers au Salvador — mais par calcul géopolitique.

"Diminuer l'influence russe et chinoise", analyse Fris Ann Peterson, ex-ambassadeur danois. Panama a déjà plié, annulant des concessions portuaires à un groupe hongkongais. Cuba est le domino suivant.

Lobby cubain : le nerf de la guerre

Marco Rubio. Le nom clé. Ce sénateur de Floride, fils d'exilés cubains, dirige la ligne dure contre La Havane depuis des années. Son électorat ? La diaspora anticastriste de Miami — 2 millions de personnes qui pèsent lourd dans les primaires républicaines.

Mais le vent tourne. En 2024, Miami a basculé démocrate. D'où la surenchère de Trump. "Un changement de régime à Cuba serait un trophée électoral", décrypte Gaspar Estrada.

La manœuvre est risquée. Elle asphyxie une population déjà exsangue. La preuve ? Le Mexique envoie désormais des colis alimentaires au lieu de pétrole. Du jamais-vu depuis 1959.

Le crépuscule castriste

760 à 1200 prisonniers politiques. 109 arrestations en 2024 pour simples manifestations. Les chiffres d'Amnesty International dessinent un régime aux abois.

Pourtant, Washington pourrait se tromper de cible. "Les moins de 30 ans ont jeté l'éponge", observe Jean-Philippe Rémy dans Le Monde. Le communisme ? Une relique pour cette génération qui rêve de Miami, pas de Moscou.

En étranglant économiquement Cuba, Trump prend un pari. Celui de faire imploser le système avant novembre 2024. Mais à quel prix humain ?

20% de la population a fui depuis 2020. Ceux qui restent survivent avec des coupures d'eau, des pharmacies vides, des salaires de misère. La stratégie de "pression maximale" fonctionne. Trop bien peut-être.

Le dossier est loin d'être clos. Une question demeure : jusqu'où l'Amérique laissera-t-elle Cuba sombrer avant de récolter les lauriers politiques de cette noyade programmée ?

Par la rédaction de Le Dossier

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