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Ebola en RDC : 4000 cas, 1800 morts — la France en première ligne

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-11
Illustration: Ebola en RDC : 4000 cas, 1800 morts — la France en première ligne
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Quatre mille cas. Mille huit cents morts. L'épidémie d'Ebola qui ravage l'est de la République démocratique du Congo est la deuxième plus meurtrière de l'histoire. La souche en cause n'a ni vaccin ni traitement approuvés. Sur le terrain, la recherche française est déjà là — via l'ANRS, l'INSERM et l'Institut Pasteur. Mais les essais cliniques démarrent à peine. Le professeur Yazdan Yazdanpanah, chef de service à Bichat et patron de l'ANRS, prend la parole.

Hors de contrôle

L'alerte est officielle depuis mi-mai 2026. Mais l'épidémie couvait avant — le dépistage est tardif, le traçage des contacts quasi inexistant. Pour Yazdanpanah, ces chiffres sont probablement en deçà de la réalité. Cent cinquante soignants déjà infectés. Pourquoi une telle ampleur ? Parce que l'est de la RDC est une zone de guerre, où la coordination médicale vire au casse-tête. L'OMS parle d'un « développement exceptionnel ».

Un ennemi inconnu

Cette souche n'est pas la souche Zaïre. Celle-ci a son vaccin, ses traitements. Pas celle-là. Les essais de phase 1 pour des vaccins spécifiques ont débuté en juillet 2026. On teste la sécurité, pas encore l'efficacité. « Il faut prendre son temps », dit Yazdanpanah. Et pourtant. L'OMS envisage une solution de fortune : utiliser le vaccin Zaïre existant, dans l'espoir d'une protection croisée. Des données précliniques chez l'animal suggèrent une efficacité moindre, mais potentielle. « Attention à ne pas annoncer un vaccin efficace quand il ne l'est pas, prévient le professeur. La confiance de la population est cruciale. »

La recherche française en première ligne

L'ANRS Maladies infectieuses émergentes — dirigée par Yazdanpanah — coordonne avec l'INSERM et l'Institut Pasteur deux essais cliniques. Le premier teste des candidats traitements. Le second, mené avec l'Institut National de Recherche Biomédicale de Kinshasa, évalue un traitement préventif pour les personnes exposées — les contacts des malades. Un outil clé pour améliorer le traçage des contacts, selon Yazdanpanah. Les premiers patients ont été inclus début juillet. Les résultats ? Pas avant plusieurs mois.

Financements en berne

Le professeur ne cache pas son inquiétude : les financements baissent. « Les maladies infectieuses sont aussi des enjeux sécuritaires », rappelle-t-il. L'Europe et la France doivent investir dans l'avenir — se préparer aux prochaines épidémies.

Menaces aux portes de la France

Le risque d'importation d'Ebola en France ? Faible, mais réel. « La probabilité n'est pas importante », dit Yazdanpanah. Mais d'autres menaces sont là : des cas autochtones de virus du Nil occidental, de dengue, de chikungunya dans le sud de la France. Liés au réchauffement climatique. « C'est une histoire qui commence », prévient-il.

Et maintenant ?

L'épidémie d'Ebola en RDC pourrait durer des mois. La précédente (2018-2020) avait duré deux ans — et pourtant, on disposait d'un vaccin. Sans traitement ni vaccin spécifique, impossible de contrôler l'épidémie.

📰Source :youtube.com

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