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PolitiqueÉpisode 11/10

Daniel, 19 ans, mort d'hyperthermie : une députée accuse le gouvernement d'inaction criminelle

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-07
Illustration: Daniel, 19 ans, mort d'hyperthermie : une députée accuse le gouvernement d'inaction criminelle
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« Notre pays compte déjà plus de 2000 morts à cause de votre inaction », lance-t-elle. Le chiffre vient de la députée — aucune vérification indépendante n'a été possible dans l'immédiat. Mais elle s'appuie sur des sources officielles : les rapports du Haut Conseil pour le Climat, ceux de la Cour des comptes, les alertes de Météo France. Et sur une condamnation de la France pour inaction climatique.

« Daniel n'est pas mort du climat. Il est mort parce qu'il n'a pas été protégé. »

L'élue écologiste n'a pas mâché ses mots. Elle dénonce « la valse habituelle des petits gestes » — boire, s'arrêter, faire attention. « La canicule a ce génie funeste, elle tue en laissant à ses victimes juste assez de responsabilité pour qu'on ne parle jamais des vrais coupables. »

Selon elle, le décès de Daniel est politique. « C'est votre politique », assène-t-elle au Premier ministre, présent dans l'hémicycle. Elle rappelle que le jeune homme travaillait sur un chantier, sous une chaleur écrasante. « Il n'a pas été protégé. »

Le gouvernement a-t-il pris des mesures depuis ? La question reste sans réponse. Pour l'instant.

Trente ans d'alertes, dix ans d'inaction ?

La députée dresse une chronologie implacable. « Trente ans d'alerte des scientifiques. Une condamnation de la France pour inaction climatique. Les rapports du Haut Conseil pour le Climat, de la Cour des comptes. Une Convention citoyenne qui avait tout dit, tout écrit. Qui aurait pu prédire ? Tout le monde. Littéralement tout le monde. Et vous en particulier. »

Elle cite les noms des Premiers ministres successifs — Édouard Philippe, Jean Castex, Élisabeth Borne, Gabriel Attal, François Bayrou. « Tous ont poursuivi la même fuite en avant libérale », affirme-t-elle. « Toujours moins d'investissement public, toujours plus de renoncement écologique, toujours la même confiance aveugle dans le marché. »

Pendant ce temps, les canicules s'intensifient. Météo France prévient : d'ici le milieu du siècle, le nombre de jours de canicule sera multiplié par cinq. « Il y a des tout petits bébés qui sont nés le mois dernier et qui ont déjà vécu deux canicules », souligne-t-elle. « Ce que nous vivons aujourd'hui, ce n'est pas la catastrophe. C'est la bande-annonce de la catastrophe. »

TotalEnergies et les 50 plus riches : le vrai moteur du réchauffement

La députée pointe un responsable central : TotalEnergies. « Depuis 50 ans, Total sait pour le réchauffement climatique. Et depuis 50 ans, Total ment et organise la désinformation pour protéger ses profits. » L'affirmation est forte. Elle repose sur des travaux documentés, mais la députée n'a fourni aucune preuve nouvelle dans son discours.

Elle ajoute une statistique choc : « Les 50 personnes les plus riches de la planète émettent à elles seules plus de gaz à effet de serre qu'un milliard 300 millions d'êtres humains. » Une donnée déjà publiée par des ONG comme Oxfam — non vérifiée indépendamment dans le cadre de cette enquête.

« Voilà où est le problème. Pas dans la paille en plastique de votre enfant, dans le mode de vie et surtout dans les décisions d'une minorité qui possède, qui décide et qui pollue pour nous tous. »

« Le réchauffement climatique tue d'abord les pauvres »

Le discours prend un tour social marqué. « On nous répète que devant la chaleur, nous serions tous égaux, que même les puissants ont chaud. C'est faux. C'est un mensonge de classe », assène-t-elle.

Elle énumère les victimes : l'ouvrier du bâtiment, le paysan, le livreur à vélo, l'aide-soignante dans un hôpital surchauffé, l'enfant dans une salle de classe à plus de 30 degrés, l'étudiant qui révise ses examens sans air, le détenu qui étouffe, la vieille femme seule et pauvre au dernier étage d'une passoire thermique, la personne qui vit dans la rue.

« Le réchauffement climatique tue d'abord les pauvres. Les riches se protègent pendant que les autres meurent. »

Budgets sabrés : MaPrimeRénov', fonds vert, 100 milliards

La députée détaille les choix budgétaires qu'elle reproche au gouvernement. « Vous avez raboté MaPrimeRénov' et cassé les aides à la rénovation thermique. Vous avez fait passer la loi du plomb, les mégabassines, la cétamipride. Vous avez enterré les 100 milliards du premier orail. » (Le terme « orail » est probablement une erreur de transcription — il pourrait s'agir d'un plan ou d'un fonds.)

Elle ajoute : « Vous avez rallumé les centrales à gaz en pleine canicule pour compenser les réacteurs nucléaires à l'arrêt, faute d'eau pour les refroidir. Vous avez saboté violemment le fond vert qui permettait aux communes de s'adapter en pleine vague de chaleur. »

Les chiffres précis ne figurent pas dans le transcript. Mais la députée insiste sur le contraste : « Pendant que vous sabriez les budgets, des parents et des profs mettaient des couvertures de survie dans les crèches et les écoles. Des jeunes passaient leurs examens dans des parkings. Des soignants payaient les ventilateurs de leur poche. »

Une motion de censure pour « rupture »

Le discours s'inscrit dans le cadre d'une motion de censure déposée par la députée Sandrine Rousseau, selon le transcript. « Cette motion de censure fera date car elle clarifie très clairement qui, face à la crise climatique, s'accroche envers et contre tout à un système agonisant et qui regarde devant », déclare l'élue.

Elle propose des mesures d'urgence : un budget rectificatif qui rétablit le fond vert, MaPrimeRénov' et les crédits des énergies renouvelables. Un congé climatique, un droit de retrait face à la chaleur et un vrai décret canicule avec une température maximale de travail. Un milliard d'euros d'urgence pour rafraîchir les hôpitaux, les EHPAD et les écoles. Et l'état de calamité agricole.

En profondeur, elle appelle à « une transformation planifiée du pays : rénovation thermique massive, végétalisation, fin du béton, remise en état des réseaux d'eau et d'électricité, accélération des renouvelables, agroécologie, réduction de l'élevage intensif et de la consommation de viande ».

Le financement ? « Rétablir l'ISF, la taxation sur le revenu du capital, arrêter les cadeaux fiscaux aux milliardaires. »

« Un gouvernement qui savait, qui a désarmé le pays »

« Vous ne serez plus en responsabilité quand tout continuera de brûler, mais vous serez pourtant coupable », prévient la députée. Elle écarte aussi l'extrême droite : « Qu'on ne compte surtout pas sur le Rassemblement national pour nous sauver. Il vote contre chaque mesure écologique, méprise la science, doute du Giec à chaque occasion. »

Sa conclusion est sans appel : « Un gouvernement qui savait, qui a désarmé le pays face au danger, qui a coupé les crédits de la survie et qui n'a rien fait quand les corps tombaient ne peut pas rester. Nous ne vous demandons pas de comprendre, nous vous demandons de partir. »

Le gouvernement a-t-il répondu ? Le transcript ne mentionne aucune réaction. Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.

Sources : Discours d'une députée écologiste à l'Assemblée nationale (transcript) ; Météo France (citée dans le discours) ; Haut Conseil pour le Climat (idem) ; Cour des comptes (idem) ; Convention citoyenne pour le climat (idem). Aucune vérification indépendante des faits allégués n'a pu être réalisée dans le cadre de cet article.

📰Source :youtube.com

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