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Masculinisme : le Sénat qualifie le phénomène de « poison » et de menace terroriste

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-25
Illustration: Masculinisme : le Sénat qualifie le phénomène de « poison » et de menace terroriste
© YouTube

Un signal bipartisan

Trois élus de bords politiques opposés signent le même texte. Leur rapport d'information — 260 pages — tombe comme un couperet.

Selon le rapport, le masculinisme « s'attaque au principe d'égalité entre les sexes », « affiche une misogynie violente et décomplexée », et constitue « un risque pour notre démocratie et notre cohésion sociale ».

Sur TikTok, des prêcheurs de haine

Le rapport décrit un écosystème d'influenceurs, principalement sur TikTok, qui inondent la plateforme de contenus misogynes. Leur message : les femmes sont responsables de tous les maux des hommes.

Ces influenceurs prônent le patriarcat, le virilisme, une « hostilité ou une revanche à l'égard des femmes qui peut aller jusqu'à la violence ». Des auteurs de féminicides ont été identifiés après leur passage à l'acte comme membres de groupes masculinistes — souvent liés à des milieux complotistes et d'extrême droite.

26 minutes pour basculer

Selon le rapport, sur TikTok, en seulement 26 minutes de navigation, l'algorithme propose du contenu masculiniste toxique à un adolescent.

Les cibles sont des profils fragiles, des adolescents qui se cherchent, troublés par l'évolution des relations avec les femmes, des jeunes dont la figure paternelle a failli, des mères célibataires qui doivent faire face à des fils en colère.

Le rapport décrit des scènes du quotidien : des gamins qui refusent de débarrasser la table parce que « c'est une tâche de fille », des petites sœurs sommées de servir leurs frères.

La DGSI sur le front

La DGSI — dirigée par Céline Berton — a déjoué deux projets d'attentat masculinistes en France, en 2024 et 2025. Le parquet antiterroriste suit ces dossiers.

Selon la source, Berton a comparé le parcours des masculinistes radicaux à celui des djihadistes : même jeune âge, même visionnage de vidéos de tueries, même héroïsation des tueurs de masse.

Le rapport appelle à mettre en place les mêmes « signaux faibles » que ceux utilisés pour le terrorisme et demande un renforcement de la régulation des réseaux sociaux.

Le « rateau » parisien d'un influenceur américain

L'influenceur américain « clavicular », figure de proue du « looksmaxing » — le remodelage corporel pour paraître plus attractif —, s'est filmé en train d'aborder des femmes dans les rues de Paris. La séquence, diffusée par l'influenceur lui-même, montre son rejet. Sa conclusion : « Elles n'ont pas voulu de lui, donc ce sont des lesbiennes. »

Incels : la mouvance qui tue

Le rapport s'attaque aussi aux « incels » — célibataires involontaires. Un tueur américain a justifié son passage à l'acte par le refus des femmes de coucher avec lui.

Des propositions

Le rapport propose un renforcement de la régulation des réseaux sociaux, la mise en place de signaux faibles antiterroristes, une sensibilisation dans les établissements scolaires et un accompagnement des familles confrontées à la radicalisation masculiniste de leurs enfants.

Une propagation fulgurante

Le rapport alerte sur la vitesse de propagation de ces discours. Les réseaux sociaux sont des accélérateurs. Les algorithmes, des amplificateurs. Le rapport compare ce processus à l'embrigadement djihadiste.

Sources

  • Rapport de la délégation aux droits des femmes du Sénat (260 pages)
  • Vidéo de l'influenceur « clavicular »

📰Source :youtube.com

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