Bretagne : un père avoue avoir tué sa femme et sa fillette de 20 mois

Un simple appel. La grand-mère, inquiète, joint la gendarmerie. Son fils, Charles-Olivier, lui a dit qu'« il y a un souci avec sa femme ». Rien de plus. « Tout est assez flou, assez brouillon », se souvient le chargé d’accueil. Une fiche part aux patrouilles.
Des gendarmes arrivent devant la maison. Une longue allée, vingt à trente mètres. Un homme de grande taille se tient immobile, des enfants jouent à côté. « On va à la rencontre de cet homme, donc de M. Hade. On demande si tout va bien. Il répond oui, tout va bien », raconte un militaire. La conversation s’engage. « Votre femme ? – Elle est partie, mais va revenir. » Puis, en creusant, la vérité affleure. « Elle s’est suicidée hier soir. » Le ton reste calme, détaché. « Je l’ai aidée. » Le gendarme comprend : ce n’est pas un suicide. C’est un meurtre.
Les enfants sont éloignés. Le périmètre gelé. Les enquêteurs arrivent. Charles-Olivier Hade indique où sont les corps : « Dans la chambre, il y a une trappe qui mène à une cave à vin. Elles sont là. » Il précise : « Il y a aussi la petite fille. » La trappe est étroite — « vraiment une personne ne pouvait passer, pas plus ». Une échelle abrupte. Une excavation. Deux corps allongés, qui se touchent. Samantha, couchée sur le ventre. À côté, Ombeline, vingt mois.
Les constatations sont terribles. « Les deux victimes ont été tuées par arme à feu. Elles ont toutes les deux plusieurs tirs dans la tête. » Une exécution. « Quelque chose de très froid, de très mécanique, de très clinique », dira plus tard un enquêteur. L’arme ? Une carabine calibre 22 long rifle, retrouvée sous un matelas.
Charles-Olivier Hade est placé en garde à vue pour flagrant crime. Conduit à la gendarmerie de l’Ordre, il est assisté par un avocat pénaliste. « Quand on le voit pour la première fois, on voit quelqu’un d’extrêmement gentil, poli, courtois, calme, extrêmement lucide », décrit l’avocat. « Il va tout de suite reconnaître que c’est bien lui l’auteur des faits. Il n’y a aucun doute là-dessus. » Un homme ordinaire — à l’opposé de l’horreur qu’il vient de commettre.
Les enquêteurs saisissent les ordinateurs et téléphones. Sur celui de Samantha, ils tombent sur un long document. Un journal intime. Plusieurs pages qui retracent les dernières semaines de la famille. « Quelle joie de partir en vacances », écrit-elle. « Ma fille est en danger. Je suis abasourdie. Mon beline rit aux éclats en marchant dans les vagues. Une mère. Une vraie mère. » Le texte alterne bonheur et angoisse. Il sera analysé pour comprendre le basculement.
Voilà où ça se complique. Le profil de Charles-Olivier Hade ne colle pas au cliché du monstre. Il grandit dans un milieu modeste. Père alcoolique, divorce quand il a cinq ans. Son frère a dix ans. « Le père, quand ils vont chez lui, ne s’occupe pas du tout. Il les renvoie à leur liberté. Ils font exactement ce qu’ils veulent. » La mère travaille beaucoup, ne peut s’occuper de lui. Il est seul face à un monde difficile à décoder. « Je suis tout seul, j’ai 13 ans, je suis dans ma chambre et je pleure », confie-t-il aux enquêteurs. L’avocat parle de « syndrome d’abandon, un cran au-dessus ».
À 18 ans, il trouve sa voie dans la cuisine. « Il m’a dit qu’il est rentré dans un restaurant et qu’il y a vu de la vie. Il a été très attiré par ça. Il pouvait participer à ce mouvement de vitalité. » Ils ont trois enfants. La vie semble s’être stabilisée. Mais la pression monte. Dépression ? Isolement ? La famille Hade vit « totalement repliée sur elle-même dans un petit village », selon les gendarmes.
L’hypothèse initiale est celle d’un homme qui tue sa femme et sa fille, mais on découvre une réalité plus complexe. « On est sur quelque chose de très froid, de très mécanique. » Charles-Olivier Hade a tenté de faire croire au suicide de sa femme avant d’avouer. « C’est un homme ordinaire qui est à l’opposé de l’horreur qu’il vient de revendiquer », répète l’avocat.
Reste une question — et elle est lancinante : pourquoi la petite Ombeline ? Pourquoi une enfant de vingt mois ? Le journal intime de Samantha décrit les dernières semaines, les tensions, la peur. « Ma fille est en danger. »
« C’est un dossier d’un homme qui importe toute sa famille dans un drame de dépression. »
Les gendarmes, eux, se souviennent de la scène. La trappe, la cave, les deux corps. « des dossiers qu’on a dans notre sac à dos, parce qu’ils nous auront marqué. Celui-là, il en fera indiscutablement partie », dit le pénaliste.
Sources : Témoignage des gendarmes intervenants, Journal intime de Samantha retrouvé sur son ordinateur.
📰Source :YouTube
Par la rédaction de Le Dossier
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