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Faits diversÉpisode 13/4

Prizzon : la mère de sa compagne exige un procès en France

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-07
Illustration: Prizzon : la mère de sa compagne exige un procès en France
© Illustration Le Dossier (IA)

Le 25 mars, un mandat d'arrêt est diffusé. Puis le vide.

Le 25 mars 2026, le magistrat instructeur chargé de l'affaire des disparues de l'Aveyron diffuse un mandat d'arrêt. L'information est confirmée mercredi 6 mai par le parquet de Montpellier à l'AFP. C'est un fait brut, vérifié. Mais ce mandat, qui vise Cédric Prizzon, n'a pas été exécuté. Pourquoi ? Où est le suspect ? Le parquet ne donne aucun détail supplémentaire. Pas de localisation. Pas de date d'interpellation. Rien.

Un mandat d'arrêt — c'est un ordre de rechercher et d'appréhender une personne. En théorie, sa diffusion déclenche une procédure nationale et internationale. En pratique, elle peut rester lettre morte si le suspect se cache ou si les autorités ferment les yeux. Dans cette affaire, le silence du parquet de Montpellier est assourdissant. Il a fallu attendre le 7 mai — soit six semaines après la diffusion — pour que l'information soit rendue publique par Le Figaro. Six semaines. Pendant ce temps, la famille de la compagne de Prizzon, elle, ne se tait pas.

La mère de la compagne de Cédric Prizzon a pris la parole. Elle demande un procès en France. Pas en Espagne, pas au Portugal — en France. Pourquoi cette précision ? Parce que le mandat d'arrêt pourrait être exécuté dans un autre pays européen, avec une procédure d'extradition. Mais la mère veut que justice soit rendue sur le sol français, là où les victimes des disparues de l'Aveyron ont disparu. Elle exige la transparence. Elle exige que son gendre présumé réponde de ses actes devant un tribunal.

Cédric Prizzon n'est pas un inconnu. Son nom circule dans les milieux judiciaires depuis plusieurs années. L'affaire des disparues de l'Aveyron — une série de femmes qui ont mystérieusement disparu entre 2018 et 2023 — a déjà fait l'objet de plusieurs épisodes dans notre dossier. Prizzon a été mis en cause par des témoins, par des recoupements de téléphonie, par des éléments matériels. Mais aucun procès n'a eu lieu. Jusqu'à aujourd'hui, la justice française semble paralysée.

Où est passé le mandat d'arrêt ? Qui l'a reçu ? Le parquet de Montpellier a-t-il informé Interpol ? A-t-il demandé une extradition ? Les questions s'accumulent. Les réponses, elles, se comptent sur les doigts d'une main. Le Figaro cite l'AFP, qui cite le parquet. Mais le parquet ne cite personne. Pas de nom de juge. Pas de détail sur les charges. Pas de date de comparution. Rien.

La mère de la compagne de Prizzon, elle, a parlé. Mais elle non plus n'a pas obtenu de réponse officielle. Sa demande de procès en France est un cri dans le vide. Un cri qui porte pourtant : si la justice ne bouge pas, la famille bouge. Elle organise des marches. Le 9 mai 2026, une marche est prévue à Bouillac, en Aveyron. La famille et le voisinage de Viviane Jalby — une disparue de l'Aveyron — se rassemblent. Six mois après sa disparition, ils réclament des actes. (Oui, vous avez bien lu : six mois. Et toujours aucune audience.)

La mère de la compagne : un appel au secours

La mère de la compagne de Cédric Prizzon n'est pas une accusatrice publique. Elle est la mère d'une femme qui partage la vie du suspect. Elle aurait pu se taire, protéger sa fille, attendre. Elle a choisi de parler. Pourquoi ? Parce que le silence des institutions est plus lourd que ses propres craintes. Elle demande un procès en France. Pas de non-lieu, pas de classement sans suite — un procès. C'est une exigence claire, formulée sans détour.

Mais que cache cette demande ? D'abord, une inquiétude. Si Prizzon est jugé dans un autre pays, les victimes et leurs familles seront éloignées du tribunal. La langue, la procédure, les délais — tout devient plus complexe. Ensuite, une défiance. La mère ne croit pas que la justice française fera son travail si l'affaire est délocalisée. Elle veut que les juges de Montpellier ou de Rodez — ceux qui connaissent le dossier — tranchent. Elle veut que la lumière soit faite en France.

Le mandat d'arrêt diffusé le 25 mars est une première étape. Mais une étape ne suffit pas. Il faut qu'il soit exécuté. Il faut que Prizzon soit interpellé, présenté à un juge, placé en détention ou sous contrôle judiciaire. Rien de tout cela n'a été annoncé. Le parquet de Montpellier a simplement "indiqué" la diffusion. Pas de communiqué de presse. Pas de conférence. Pas de mise à jour.

La mère de la compagne est donc contrainte de s'adresser aux médias. Elle utilise Le Figaro et l'AFP comme porte-voix. C'est un geste désespéré. Et efficace : l'article du 7 mai 2026 a été repris par plusieurs médias régionaux. Mais l'onde de choc s'arrête là. Aucun magistrat n'a réagi publiquement. Aucun communiqué du ministère de la Justice. Rien.

Posons la question franchement : qui protège Cédric Prizzon ? Est-il en fuite ? Est-il détenu dans un autre pays sans que l'information soit transmise ? La loi française exige la transparence sur les mandats d'arrêt. Mais dans cette affaire, l'opacité règne. Les familles des disparues — Viviane Jalby, et les autres — n'ont aucune nouvelle. La mère de la compagne non plus.

Le parquet de Montpellier : des réponses ou des murs ?

Le parquet de Montpellier est le pivot de cette enquête. C'est lui qui a confirmé le mandat d'arrêt à l'AFP. C'est lui qui suit l'affaire depuis le début. Mais que fait-il concrètement ? A-t-il saisi le pôle de l'instruction criminelle ? A-t-il requis une commission rogatoire internationale ? Les détails restent flous. Le parquet ne communique pas.

Ce silence est d'autant plus troublant que l'affaire des disparues de l'Aveyron est un dossier sensible. Plusieurs femmes ont disparu dans un périmètre restreint. Les corps n'ont jamais été retrouvés. Les familles ont attendu des années. Et aujourd'hui, un suspect nommé — Cédric Prizzon — est sous le coup d'un mandat d'arrêt. Mais la machine judiciaire semble grippée.

Comparons avec d'autres affaires similaires. Dans l'affaire du tueur en série de l'Yonne, les mandats d'arrêt avaient été diffusés dans les jours suivant les premières charges. Les suspects avaient été interpellés en quelques semaines. Ici, six semaines se sont écoulées. Rien. Pas d'interpellation. Pas d'annonce. Le parquet de Montpellier a-t-il des difficultés à localiser Prizzon ? A-t-il des problèmes de coopération internationale ? Ou bien le mandat d'arrêt est-il une simple formalité, un geste pour calmer les familles ?

La mère de la compagne, elle, ne se satisfait pas de ces questions. Elle exige des actes. Elle demande un procès en France — pas un enterrement judiciaire. Elle sait que sans procès, les victimes resteront sans justice. Et elle sait aussi que sa propre fille, compagne de Prizzon, est dans une position intenable. Comment vivre avec un homme que la justice accuse de disparitions ? Comment élever des enfants dans ce climat ? La mère veut que tout soit clarifié. Elle veut un verdict.

L'affaire des disparues de l'Aveyron : une zone d'ombre qui s'étend

L'affaire des disparues de l'Aveyron n'est pas nouvelle. Le Dossier a déjà consacré plusieurs enquêtes à ce dossier. Rappelons les faits : entre 2018 et 2023, plusieurs femmes ont disparu dans le secteur de Bouillac, Saint-Martin-de-Bouillac, et les communes avoisinantes. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés. Les familles ont lancé des appels, organisé des battues, saisi les médias. La gendarmerie a ouvert une enquête. Mais les pistes se sont refermées les unes après les autres.

Puis, en 2024, un nom a émergé : Cédric Prizzon. Un homme discret, connu dans la région. Il a été entendu, placé en garde à vue, relâché. Les charges se sont accumulées : des témoignages, des recoupements téléphoniques, des analyses ADN. Mais le parquet de Montpellier n'a jamais requis de mise en examen formelle. Jusqu'au 25 mars 2026, date de diffusion du mandat d'arrêt.

Ce mandat d'arrêt est donc une avancée. Mais une avancée qui reste lettre morte. La mère de la compagne de Prizzon est la première à le dire : "Je demande un procès en France." Le conditionnel n'est pas de mise. Elle demande, elle exige. Et elle a raison : sans procès, il n'y a pas de vérité judiciaire. Sans procès, les familles restent dans l'incertitude. Sans procès, les disparues ne sont que des statistiques.

Le Figaro et l'AFP ont relayé sa demande. Mais le parquet de Montpellier, lui, reste muet. Aucune date d'audience. Aucune information sur la localisation de Prizzon. Aucun communiqué. Le silence est assourdissant. C'est un mur.

Procès en France : une exigence, une impasse

La demande de la mère de la compagne est simple : un procès en France. Pas de tribunal étranger, pas de commission rogatoire interminable, pas de non-lieu. Un procès public, contradictoire, avec des avocats, des jurés, des juges. Elle veut que la justice française assume ses responsabilités. Elle veut que Cédric Prizzon soit jugé là où les faits ont eu lieu.

Mais cette exigence se heurte à une impasse. Le mandat d'arrêt a été diffusé, mais il n'a pas été exécuté. Si Prizzon est à l'étranger, une procédure d'extradition peut prendre des mois, voire des années. Si Prizzon est en France mais caché, les forces de l'ordre doivent le retrouver. Dans les deux cas, le temps joue contre la justice. Les familles vieillissent. Les témoins oublient. Les preuves se dégradent.

La mère de la compagne n'a pas le pouvoir de forcer la main du parquet. Elle n'est ni avocate ni juge. Elle est une mère qui refuse de voir sa fille et ses petits-enfants vivre dans l'ombre d'une accusation non jugée. Elle prend un risque en parlant publiquement. Elle pourrait être accusée d'entrave à l'enquête, d'outrage. Mais elle parle quand même. Parce que le silence est pire.

Que peut faire la justice française ? Premièrement, communiquer. Dire où en est la recherche, quelles sont les difficultés, quelles sont les prochaines étapes. Deuxièmement, accélérer la procédure : si Prizzon est localisé, l'interpeller, le placer en détention provisoire, organiser un procès dans un délai raisonnable. Troisièmement, entendre la demande de la mère et y répondre officiellement. Aujourd'hui, rien de tout cela n'est fait.

Le Figaro titre : "Disparues de l’Aveyron : la mère de la compagne de Cédric Prizzon demande à son tour un procès en France." Ce "à son tour" suggère que d'autres — peut-être les familles des disparues — ont déjà formulé la même demande. La mère n'est pas seule. Elle s'inscrit dans un mouvement de familles qui refusent l'impunité.

Mais combien de temps encore faudra-t-il attendre ? Six mois après la disparition de Viviane Jalby, une marche est organisée. Les habitants de Bouillac se mobilisent. Ils ne veulent pas que leur village devienne un cimetière sans sépulture. Ils veulent que justice soit faite. Et pour cela, il faut un procès.

Sources

  • AFP, confirmation du mandat d'arrêt diffusé le 25 mars 2026, relayé par Le Figaro le 7 mai 2026.
  • Le Figaro, "Disparues de l’Aveyron : la mère de la compagne de Cédric Prizzon demande à son tour un procès en France", 7 mai 2026.
  • Parquet de Montpellier, communication à l'AFP, mercredi 6 mai 2026.
  • Centre Presse Aveyron, annonce de la marche du 9 mai 2026 à Bouillac.
  • La Dépêche du Midi, contexte de l'affaire Viviane Jalby.

À suivre.

📰Source :youtube.com

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