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SociétéÉpisode 9/7

Michelin, émeutes, logement : le gouvernement pris en flagrant délit de mensonge

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-03
Illustration: Michelin, émeutes, logement : le gouvernement pris en flagrant délit de mensonge
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891 interpellations : la nuit où la République a craqué

Laure Lavalette n'a pas mâché ses mots. « Les casseurs ont tout brûlé sur leur passage », lance-t-elle en séance. La députée du Rassemblement national décrit une capitale transformée en brasier après la victoire du PSG. Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, confirme les chiffres. 891 interpellations. 720 gardes à vue. 62 départements touchés. 13 magasins pillés à Paris, 16 en province. Un bilan officiel — déjà trop lourd.

Mais les vrais chiffres se cachent ailleurs. Deux policiers de la BAC ont été gravement blessés par des mortiers — ces feux d'artifice détournés en armes de guerre. « Des tirs tendus », dit Nunez. Et un adolescent de 13 ans, dans la circonscription du député Aly Diouara, a perdu l'usage d'un œil. « C'est le résultat de votre doctrine du maintien de l'ordre », accuse Diouara. Il publie une vidéo. Le ministre promet une enquête. Mais la mécanique est connue.

« On disperse et on charge. Puis viennent les blessés, les interpellations, les justifications. » Diouara dénonce un face-à-face organisé. « Rien n'a été fait pour permettre une célébration populaire festive et sécurisée. » Pourtant, la maire de Paris avait proposé une fanzone. Refusée. Pourquoi ? Nunez répond : « Est-ce que vous pensez sérieusement que les casseurs seraient gentiment rentrés dans cette fanzone ? » La question est rhétorique. La réponse, elle, est politique.

Le gouvernement mise sur la loi Riposte — votée au Sénat, pas encore à l'Assemblée. Elle durcit les sanctions contre les rodéos urbains, l'usage de protoxyde d'azote, les mortiers. « Nous prévoyons des fermetures administratives pour les commerces qui vendent ces artifices », détaille Nunez. Vincent Caure, député Renaissance, applaudit. Mais les oppositions s'étranglent. « Vous criminalisez toute une jeunesse », rétorque Pouria Amirshahi. Les témoignages de gaz lacrymogène dans le métro se multiplient. (Oui, vous avez bien lu : les voyageurs pris dans des nuages de gaz en sortant de la fête.)

Le vrai problème ? L'impunité, répond Corentin Le Fur. « À chaque infraction, une condamnation. À chaque condamnation, une sanction rapide. » Il propose la loi « casseurs-payeurs ». Gabriel Attal l'avait promise. Nunez se dit « ouvert à toute réflexion ». « Nous excluons rien. » Retenez ce détail : le Premier ministre a rouvert le dossier. Mais les Français attendent des actes, pas des concertations.

Michelin : 1500 licenciements, 2 milliards pour les actionnaires

Le débat bascule sur l'emploi. Nicolas Turquois interpelle le gouvernement : « Michelin annonce la suppression de 1500 emplois supplémentaires d'ici 2029. Soit plus de 10% des effectifs en France. » L'entreprise ferme deux usines il y a moins de deux ans. Les salariés tremblent. Les actionnaires, eux, se frottent les mains.

« Michelin consacre plus de 2 milliards d'euros par an aux dividendes et aux rachats d'actions », dénonce Turquois. « Marges très élevées. Bénéfices records. Et pourtant, on supprime. » Le député ne mâche pas ses mots : « Le prétexte du coût du travail ne tient pas. C'est la rémunération du capital qui prime. » Le gouvernement répond par la concurrence chinoise. Julien Brugerolles, député, rappelle que l'État a versé « plusieurs millions d'argent public » à Michelin. Sans contrepartie suffisante. Une commission d'enquête sénatoriale avait déjà pointé le problème. Rien n'a changé.

Roland Lescure, ministre délégué à l'Industrie, promet des départs volontaires et un suivi personnalisé. « Nous accompagnons chaque salarié. » Traduction : pas de plan de sauvegarde obligatoire. Pas d'interdiction des licenciements boursiers. Le groupe communiste demande une loi pour les bloquer. Le gouvernement botte en touche. « On ne peut pas interdire à une entreprise de s'adapter », élude Lescure.

Mais le scandale est là : 2 milliards d'euros reversés aux actionnaires pendant que 1500 familles perdent leur salaire. « Où est la justice sociale ? » demande Turquois. La question reste sans réponse. Les députés LFI et PCF exigent des comptes. Le ministre promet une évaluation. « Nous allons regarder les aides publiques versées. » Regarder ? Il y a urgence. Les usines ferment. Les dividendes, eux, ne s'arrêtent jamais.

Plafonnement des loyers : le rapport gênant que le gouvernement voulait cacher

Boris Tavernier attaque le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun. « Samedi soir, Arsenal a joué la montre. Vous aussi. » Le député dénonce la stratégie de l'évitement. L'encadrement des loyers, expérimenté dans plusieurs villes, expire en novembre prochain. Sans texte de prolongation, il disparaît. « Le rapport d'évaluation que vous deviez publier en début d'année, vous l'avez sorti la semaine dernière. Coïncidence ? »

Le rapport est une bombe. Il révèle que l'encadrement des loyers fait économiser 600 millions d'euros par an aux locataires. « 800 euros par an pour un Parisien », précise Tavernier. Mais il a un défaut : il coûte cher aux finances publiques et profite surtout aux foyers les plus aisés. Jeanbrun s'empare de cet argument : « Impossible de généraliser. Ce n'était pas la cible. » Pourtant, il propose de laisser les maires expérimenter. « Nous allons avancer sans idéologie, en faisant confiance aux élus locaux. »

Tavernier ne se laisse pas duper. « Vous jouez la montre pour enterrer le dispositif. Les locataires ont besoin d'une prolongation maintenant. Pas de concertations. Pas de rapports supplémentaires. Un texte. » Il cite les propos de Jeanbrun en 2025 : « Vous pouvez compter sur notre engagement de légiférer avant la fin de l'expérimentation pour éviter tout vide juridique. » La promesse est en papier. Le temps presse. Les maires des villes concernées — Paris, Lille, Lyon, Bordeaux — ont signé une pétition pour la prolongation. Le gouvernement écoute. Mais ne décide pas.

« La pénurie de logements ne se résout pas en organisant la pénurie », rétorque Jeanbrun. Belle formule. Mais les familles qui paient des loyers indécents attendent une réponse concrète. L'enquête continue.

Thérapie génique : la France, ancien pionnier, 4e de cordée

Nicolas Turquois revient à la charge, sur un autre front. « En 2002, des enfants condamnés à vivre dans une bulle stérile ont été guéris à l'hôpital Necker grâce au professeur Fisher. La France a écrit l'histoire de la thérapie génique. » Aujourd'hui, elle la regarde passer.

« 1,8% des essais cliniques mondiaux sont conduits en France. 53% aux États-Unis. Seulement quatre thérapies géniques autorisées sur notre territoire. Nous sommes passés de la première à la quatrième place européenne en biomédicaments. » Turquois enfonce le clou : « Quand une entreprise part, ce sont des chercheurs, des essais, des traitements qui partent avec elle. »

Le gouvernement répond par des mesures techniques. Stéphanie Rist, secrétaire d'État à la Santé, annonce une « procédure réglementaire accélérée à 14 jours » pour les essais sur les maladies rares et les thérapies innovantes. Et la création d'une « direction dédiée à la recherche, l'innovation et au numérique en santé ». Des promesses. Mais le mal est profond. Le plan France 2030 a débloqué des milliards. Les clusters se montent. L'environnement fiscal et réglementaire, lui, reste hostile. « Les industriels vont là où on les accueille », résume Turquois. Et la France n'accueille plus.

La perte est double. Pour les patients — des maladies génétiques rares, des cancers, des pathologies lourdes. Et pour la Sécurité sociale : une thérapie génique curative coûte moins cher qu'une vie de soins chroniques. Mais le gouvernement semble préférer les soins palliatifs à l'innovation.

Mayotte, immigration, JO : les autres dossiers où l'État se dérobe

Une séance de questions au gouvernement, c'est aussi une série de petites bombes. Estelle Youssouffa, députée de Mayotte, étrille Jean-Noël Barrot. « La France prend la présidence de la Commission de l'océan Indien le 8 juin. Mayotte en est exclue. Paris s'incline scandaleusement. » La France est le premier

📰Source :youtube.com

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