Assassinat de Véronique Duchesne : son mari, témoin assisté, toujours suspect

L’accroche
Le 6 octobre 2010, elle déjeune avec lui, puis va chercher des cigarettes. Sur la plage de la Comtesse, on la voit marcher. Un témoin britannique l’observe vingt minutes. Elle s’assoit sur l’îlot. Puis elle disparaît.
Son mari tarde à signaler sa disparition. Vingt-quatre heures s’écoulent. Ce n’est pas lui qui contacte les gendarmes en premier : son beau-frère Olivier insiste. Thierry Meunier, lui, reste calme. Selon le récit des proches, il aurait dit que si tous les hommes allaient à la gendarmerie pour dire que leur femme n’est pas rentrée le soir, les gendarmeries se rappellent.
Le 8 octobre, des pêcheurs retrouvent son châle sur l’île de la Comtesse. Du sang macule le tissu. Le lendemain, un père et son fils découvrent un corps à la pointe de Minard, à quinze kilomètres de là par la côte. C’est Véronique. L’autopsie révèle des blessures au visage, aux membres inférieurs, aux avant-bras. Et surtout — des traces de strangulation. Elle n’est pas morte noyée : on l’a frappée, étranglée, puis jetée à l’eau.
Les faits
Ce mercredi 6 octobre 2010, Véronique Duchesne et Thierry Meunier déjeunent ensemble. La victime est fatiguée, triste. Son père est décédé en mai. Elle est brouillée avec ses deux filles issues d’un premier mariage. Elle vient de couper les ponts avec sa mère, après une violente dispute la veille. Elle pleure beaucoup, elle ne mange plus.
Pourtant, ce jour-là, elle a du rouge à lèvres. Elle est coiffée.
Vers 14h30, elle quitte le domicile. Thierry Meunier affirme qu’elle est allée au bureau de tabac du port. Elle n’est jamais revenue.
Le soir, ne voyant pas sa femme rentrer, Thierry Meunier prévient son beau-frère Olivier. Selon Olivier, Thierry Meunier ne s’affole pas et trouve prématuré de contacter la gendarmerie. Ce n’est que le lendemain matin que Thierry Meunier part à sa recherche et refait l’itinéraire qu’elle devait emprunter. Il faudra attendre le jeudi après-midi pour qu’il se rende à la gendarmerie.
Thierry Meunier a déclaré avoir repéré dans leur maison des indices qui laissent craindre le pire : la maison était très propre, le linge rangé, les brosses à dents bien mises. Il a aussi remarqué que la photo de la grand-mère de Véronique dans la bibliothèque avait été déplacée, et qu’un bouquet de fleurs se trouvait sur la tombe des grands-parents au cimetière. Selon lui, ces éléments pouvaient être des signes d’un suicide.
Le 8 octobre, des pêcheurs à pied découvrent un châle beige sur l’île de la Comtesse. Le beau-frère reconnaît le vêtement que Véronique portait quotidiennement. Le sac à main de la disparue est également retrouvé, contenant deux chapelets, un livre de prière et des médicaments anxiolytiques. Selon Thierry Meunier, Véronique aurait avalé des somnifères, puis la marée aurait emporté son corps.
Le 9 octobre, un corps est découvert à la pointe de Minard, à 15 km de Saint-Quay-Portrieux par la côte. C’est Véronique Duchesne, vêtue d’un jean et d’un pullover vert.
Trois mois après la mort, les gendarmes de la section de recherche de Rennes informent la famille que ce n’est pas un suicide mais un assassinat. Le légiste a révélé des traces de violences : blessures au visage, aux membres inférieurs, aux avant-bras. Du sang a été retrouvé sur le châle, ce qui révèlerait une lutte dans les rochers. Véronique Duchesne aurait subi des violences au niveau du cou, étranglée avant d’être dans l’eau. Aucune trace de violence sexuelle n’a été constatée.
Les enquêteurs ont reconstitué la dérive du corps en partant de l’île de la Comtesse, en mettant des mannequins à l’eau avec le même coefficient de marée. Les mannequins et le sac à main se sont retrouvés à peu près au même endroit où ont été retrouvés le sac et le corps de Véronique. Selon la source, Véronique a donc bien été tuée sur l’île de la Comtesse.
Un témoin britannique a vu une femme traverser la plage de la Comtesse pour se rendre au bout de l’île, et l’a observée pendant vingt minutes. Il a décrit une femme attirante. Ce témoin a été considéré comme suspect potentiel en raison de son profil psychologique et de sa propension à aller au contact des femmes, mais il avait un alibi : il est parti se baigner avec sa mère. Le témoin a également indiqué avoir aperçu la silhouette d’un homme quitter l’île de la Comtesse aux alentours de 15h.
La vie du couple
Véronique Duchesne a rencontré Thierry Meunier au milieu des années 2000, alors qu’elle sortait d’un divorce douloureux. Selon ses proches, ils sont allés très vite dans leur relation et se sont mariés moins d’un an après leur rencontre. À l’époque, Véronique était secrétaire à la mairie de Poitiers.
Thierry Meunier se présentait comme marchand de biens. Selon la source, il a très vite fait cesser l’activité professionnelle de Véronique et lui a fait vendre sa maison pour faire des investissements immobiliers. Il se servait d’elle comme prête-nom, car il était interdit d’exercer dans l’immobilier. Le couple a acheté et rénové des logements, accumulant un patrimoine d’environ 80 appartements en cinq ans. Mais le couple était ruiné avec plus d’un million d’euros de dettes, Véronique étant seule signataire.
Selon les proches, Thierry Meunier avait pris le contrôle des finances et de la vie sociale de sa femme. Il l’avait isolée.
Après le meurtre
Selon la source, après le meurtre, Thierry Meunier a rapidement entamé une relation avec une femme au profil similaire à celui de la victime : divorcée, héritière de 300 000 euros. Les anciennes compagnes de Thierry Meunier témoignent d’un mode opératoire : les ruiner financièrement.
Thierry Meunier a été placé sous le statut de témoin assisté, faute d’indices graves et concordants pour une mise en examen. Un nouveau juge d’instruction a rouvert le dossier, dix ans après les faits.
Sources
- Canal Crime (YouTube)
- RFI (YouTube)
- Sud Ouest Faits Divers (RSS)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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