Amine Kessaci : « Je suis dans ce pays la personnalité la plus protégée après le président »

Les faits
Tout commence par une déclaration. Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille, ne peut plus mener une vie normale. Il est devenu une cible. Pourquoi ? Parce qu'il combat le narcotrafic. C'est ce qu'il explique à France Info, dans un témoignage publié le 23 juillet 2026.
France Info ne détaille pas la menace précise. Pas de lettre anonyme, pas de tag sur un mur, pas de tentative d'intimidation décrite. Mais le niveau de protection accordé à ce jeune élu parle de lui-même. « Je suis dans ce pays la personnalité la plus protégée après le président », affirme-t-il.
Une phrase qui frappe. Qui interroge. Un adjoint au maire d'une grande ville française bénéficierait d'une sécurité comparable à celle du chef de l'État ? C'est ce que dit Kessaci. C'est ce que rapporte France Info. Aucune source officielle ne confirme ni n'infirme ce niveau de protection — pour l'instant.
On sait que son engagement contre les trafiquants lui a valu une surveillance renforcée. Une réalité que peu d'élus locaux connaissent. Une réalité qui, pour certains, devient le quotidien. Voilà.
Le contexte
Remontons quelques années. Amine Kessaci n'a pas toujours été un élu. Né le 10 octobre 2003 dans le 13e arrondissement de Marseille, il est d'abord un militant associatif. Il grandit dans les quartiers nord, là où le trafic de stupéfiants gangrène la vie. Là où les fusillades entre clans font des morts — souvent des jeunes, parfois des innocents.
Son engagement le mène en politique. Il rejoint Benoît Payan et le Printemps marseillais. En 2026, il est candidat aux municipales. Mais le combat a un prix.
Le 13 novembre 2024, son frère Mehdi Kessaci, 20 ans, est abattu à Marseille. Un commando à moto. Plusieurs balles. Une exécution. Les circonstances exactes du meurtre restent à éclaircir. Mais pour Amine Kessaci, le lien avec son engagement ne fait aucun doute.
Depuis, il vit sous protection. Une vie sous cloche. Déplacements sécurisés, horaires imprévisibles, existence qui n'a plus rien de normal. « Je suis dans ce pays la personnalité la plus protégée après le président », répète-t-il. Une phrase qui dit la menace. Mais aussi l'isolement.
Le traitement judiciaire
Où en est la justice ? L'enquête sur les menaces visant Amine Kessaci est en cours. France Info n'en précise pas le stade. Aucune interpellation mentionnée, aucune mise en examen signalée.
On sait que la justice est saisie. Les faits de menaces de mort envers un élu sont pénalement répréhensibles — des peines lourdes possibles. Mais pour l'instant, les auteurs présumés restent dans l'ombre.
Le cas de Kessaci n'est pas isolé. Le même jour, France Info Politique relaie les propos de Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement national, après des menaces contre le maire d'Alès. « Le narcotrafic est une menace pour notre démocratie », déclare-t-il. Deux élus, deux villes, une même menace.
Les deux sources divergent peu. France Info traite le témoignage de Kessaci sur un ton personnel, presque intime. France Info Politique aborde le sujet sous l'angle politique, avec une déclaration d'un responsable de parti. Mais le constat est identique : les élus locaux sont en première ligne. Et l'État peine à les protéger.
Ce que ça dit de la France
Ce témoignage dépasse le simple fait divers. C'est un symptôme. Un signal d'alarme.
Amine Kessaci a 22 ans. Il aurait dû se préoccuper des écoles, des transports, des logements. Au lieu de ça, il doit compter ses pas, vérifier ses trajets, vivre sous escorte. La démocratie locale, c'est aussi cela : des hommes et des femmes qui acceptent de servir, parfois au péril de leur vie.
Le narcotrafic n'est plus un problème de quartier. C'est une économie parallèle qui pèse des milliards. Une économie qui tue. Qui corrompt. Qui dicte désormais ses conditions aux élus.
« Le narcotrafic est une menace pour notre démocratie », dit Julien Odoul. Une phrase politique, certes. Mais à la lumière du témoignage de Kessaci, elle prend une tout autre dimension.
Car ce n'est pas seulement une menace pour l'ordre public. C'est une menace pour la capacité même de la République à exercer son autorité sur son territoire. Quand un adjoint au maire doit être protégé comme un chef d'État, quelque chose s'est brisé.
Les questions restent sans réponse. Combien d'élus vivent sous protection ? Quel est le coût réel de cette sécurité ? Et surtout : que fait l'État pour enrayer ce phénomène ?
Amine Kessaci, lui, continue. Il se présente aux municipales. Il porte son projet. Il refuse de céder.
Mais à quel prix ?
« Je suis dans ce pays la personnalité la plus protégée après le président. »
Ce n'est pas une fierté. C'est un constat. Et un avertissement.
Sources :
- France Info — « "Je suis dans ce pays la personnalité la plus protégée après le président", témoigne Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille devenu une cible pour sa lutte contre le narcotrafic » (23 juillet 2026)
- France Info Politique — « Menaces contre le maire d'Alès : "Le narcotrafic est une menace pour notre démocratie", selon Julien Odoul, porte-parole du Rassemblement national » (23 juillet 2026)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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