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JusticeÉpisode 12/29

Affaire Liana : la justice des mineurs en accusation après un nouveau drame

Par la rédaction de Le Dossier · 10 JUIN 2026
Illustration: Affaire Liana : la justice des mineurs en accusation après un nouveau drame
© YouTube

Colère, oui. Surprise, non.

Douze jours après la mort de Liana, l'incompréhension reste totale. Le principal suspect avait été signalé. Neuf mois plus tôt, une autre collégienne déposait plainte pour viols répétés. Rien. Pas de suite.

« De la colère mais malheureusement pas de surprise », répond Dominique Attias, interrogée par Arnaud Pontus sur RFI. Elle ne mâche pas ses mots : « Tous les professionnels alertent depuis de très nombreuses années. Avocats, magistrats, éducateurs, on appelle au secours. »

Glaçant. « Il faut attendre qu'il y ait cette mort de cette petite fille pour que tout d'un coup tout le monde se réveille. » La pression monte, puis retombe. « Rien ne change. Et rien ne se passe. » — et pourtant.

Des circulaires, pas des moyens

Le ministre a reconnu un « dysfonctionnement total ». Dominique Attias va plus loin. Elle parle de « paille et de poutre », et s'adresse directement aux politiques : « Regardez-vous les politiques de tous bords. »

Pourquoi ? Les circulaires de priorisation s'accumulent. « Deux circulaires par jour depuis un an et demi », selon l'avocate. Narcotrafic : priorisation. Violences sexistes : priorisation. Antisémitisme : priorisation. « Mais tout le monde devient fou et on n'a pas de parquetier suffisant. »

La France compte trois procureurs pour 100 000 habitants. La moyenne européenne ? Onze. Certains pays en ont vingt-deux — oui, vingt-deux. « Trois au lieu de vingt-deux », répète Attias.

Où est passé l'argent ?

Le budget de la justice a augmenté de 53 % en dix ans. Alors, où va cet argent ? « On se fout du monde », tranche l'avocate. « 50 % c'est pour construire des lieux fermés. C'est pour du béton carcéral. »

Des prisons, toujours plus de prisons. Mais pas de prévention. Pas de protection en amont. « Les parquetiers ne peuvent plus s'occuper de la protection des enfants » — pourtant, c'est leur rôle. « Tous les jours il y a une loi, on dit c'est le parquet qui va faire quelque chose. »

Mais avec trois procureurs pour 100 000 habitants, comment faire ? Voilà : la France est en queue de peloton des pays développés.

Le Gers, un désert judiciaire

Le drame s'est joué dans le Gers. Un département où il manquait plus de 300 gendarmes. Où il n'existe pas d'unité pédiatrique APED. Ces unités, explique Attias, permettent de prendre en charge les victimes au même endroit — procureurs, gendarmes, psychologues, avocats, magistrats. Tout sous le même toit. Mais pas dans le Gers. Pas pour Liana.

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