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SociétéÉpisode 35/20

Violences policières et agressions contre des journalistes en manifestation : les faits établis

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-10-13
Illustration: Violences policières et agressions contre des journalistes en manifestation : les faits établis
© YouTube

Plusieurs jours d'hôpital, des semaines à se remettre. Le bilan d'un journaliste frappé lors d'une manifestation ressemble à un constat d'échec. Une histoire qui se répète, malgré les promesses. Et pourtant.

Scènes de chaos

28 mars, 14h23. Un JRI voit soudain son monde basculer. Trois individus cagoulés le projettent au sol. Sa caméra vole en éclats sur le bitume. Pendant qu'il tente de se protéger, les coups pleuvent — jusqu'à l'intervention d'un collègue. Deux jours plus tôt, à 200 mètres de là, deux confrères évitent de justesse des matraques policières. Ces images, tournées en rafale, font le tour des rédactions. Selon Reporter sans frontières, 70% des incidents impliqueraient des forces de l'ordre.

Chronologie d'une violence ordinaire

Premier acte : le 26 mars. Une équipe de tournage se fait encercler par des CRS lors d'une dispersion. Ils brandissent leurs cartes de presse. Trois secondes plus tard, les premiers coups partent. Miracle : ils esquivent.

Deuxième épisode, 48 heures après. Un reporter et son JRI se font attaquer par un groupe en noir. L'agent de sécurité parvient à sauver le premier. Le second prend quinze secondes de volée — le temps qu'une brigade anti-émeute intervienne. Sa caméra ? Transformée en puzzle.

Le protocole qui change (tout sauf la réalité)

Décembre 2021. L'État adopte un nouveau schéma de maintien de l'ordre. En théorie : droit de filmer garanti, protections individuelles pour la presse. En pratique ? Les rédactions forment désormais leurs équipes comme des soldats. Gilets pare-balles. Agents de sécurité. Consigne numéro un : "Quand ton fixeur dit non, tu fais demi-tour." Voilà.

Ça n'a pas suffi le 28 mars.

Justice en attente

Altis Media ne lâche rien. Plainte systématique après chaque agression — qu'elle vienne de manifestants ou de fonctionnaires. Résultat ? Aucune condamnation à ce jour. Le parquet promet "un examen rigoureux". Les journalistes comptent les mois.

Usure des deux côtés

La défiance ne date pas d'hier. Depuis les Gilets jaunes, certains manifestants voient la presse comme une extension des forces de l'ordre. D'où ces blocages de tournages, ces mains devant les objectifs. Peur des preuves judiciaires ?

Côté policiers, la fatigue use les nerfs. Le danger constant aussi. Explication ? Sans doute. Excuse ? Jamais.

Trois questions brûlantes :

  • Les 20 000 policiers formés au nouveau protocole l'appliquent-ils réellement ?
  • Les prochaines condamnations enverront-elles un signal fort ?
  • Comment concilier ordre public et liberté d'informer sans sacrifier l'un ou l'autre ?

Le dossier reste ouvert. Bien trop ouvert.

📰Source :youtube.com

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