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SociétéÉpisode 27/9

Mobilisation lycéenne : 338 établissements bloqués, tensions avec les forces de l'ordre

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-09-30
Illustration: Mobilisation lycéenne : 338 établissements bloqués, tensions avec les forces de l'ordre
© YouTube

338 lycées paralysés, des centaines d'interpellations. Depuis mardi, la France découvre le visage d'une génération qui n'en peut plus. Pas de slogans creux ici, mais trois revendications précises qui reviennent comme un leitmotiv : Parcoursup, contrôle continu, manque de moyens.

Une colère partie de province

Gardanne, 6h30. Des poubelles renversées, des chaises empilées. "Très peu d'élèves sont rentrés, même avec une entrée libre", lâche Chloé Barbé, lycéenne et membre du MJCF. L'étincelle qui a tout embrasé.

Les toilettes qui fuient, les cantines bondées, les options artistiques sacrifiées en zone rurale — tout y passe. Et pourtant. À Marseille, des mineurs manifestent au risque de compromettre leur bac. Le contrôle continu sanctionne les absences. Ironie du système : ils luttent contre une réforme qui pourrait les pénaliser.

Derrière les blocages, un système à bout de souffle

Classes surchargées, profs absents, spécialités abandonnées. Gardanne n'est pas une exception, mais un symptôme.

Comment s'organise cette révolte ? Un mélange surprenant. D'un côté, des collectifs militants rodés (MJCF, USL). De l'autre, des initiatives spontanées qui ont devancé l'appel national. Certains blocages ont commencé le 28 septembre, alors que la journée de mobilisation était prévue pour le 29. Signe d'une exaspération qui dépasse les cadres habituels.

Police dans les lycées : la ligne rouge franchie

Plusieurs vidéos tournent en boucle sur les réseaux. On y voit des policiers pénétrer dans des enceintes scolaires — une pratique théoriquement interdite. Les images montrent des adolescents assis pacifiquement devant les grilles, interpellés sans ménagement.

Oui, certains excès ont été constatés côté manifestants. Mais la disproportion saute aux yeux. La présomption d'innocence vaut pour tous. Alors pourquoi ce traitement différencié ?

Trois fractures françaises

  1. Générationnelle : Le bac réformé transforme les lycées en centres d'examen permanents. Stress chronique, pression permanente — des ados préfèrent tout risquer plutôt que subir.

  2. Territoriale : Latin, théâtre, musique disparaissent des campagnes. Parcoursup creuse le fossé en favorisant les lycées bien dotés. Machine à inégalités, version 2.0.

  3. Sécuritaire : L'Allemagne confie les conflits étudiants aux rectorats. La France envoie les CRS. Un choix de société qui en dit long.

Et maintenant ? Deux dates à retenir. Le 17 octobre, où pourrait renaître le spectre des Gilets jaunes. Janvier 2027, quand une majorité de terminales voteront pour la première fois. Une génération qui n'a connu que Macron et ses réformes. Et qui pourrait bien s'en souvenir.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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