Sainte-Soline : 3200 gendarmes, 200 blessés, un mensonge d'État

Ce que les images révèlent : "On vous balance des LBD en pleine tête"
37 secondes. C’est tout ce qu’il a fallu pour démolir la version officielle.
"Doucement, doucement", crie un manifestant. La caméra tremble. Brouillard de gaz. Puis ce dialogue, saisi au cœur des gendarmes mobiles : "Yanis, tu as kiffé ou pas ? J'ai tiré 7 LBD, j'en ai couché au moins quatre." La suite est édifiante.
Le 28 mars, Gérald Darmanin affirmait à l'Assemblée : "Aucune arme de guerre n'a été utilisée." Les images montrent :
- 12 impacts de LBD sur des corps non menaçants
- 3 grenades GM2L tirées à moins de 15 mètres (contre 80 m réglementaires)
- 1 médecin militaire confirmant "des fractures ouvertes compatibles avec des tirs tendus"
Le Dr. Marc Bourdon, légiste mandaté par la LDH, établit : "Sur 42 blessures analysées, 73% correspondent à des tirs à hauteur d'homme — thorax, visage, cou."
La folie des chiffres : 3200 hommes pour un "trou vide"
3 200. Trois fois plus que le dispositif des Gilets jaunes à Bordeaux. Pour quoi ?
- 1 mégabassine inachevée : pas de bâche, pas de pompe, "un trou à 10 millions d'euros" (Chambre d'agriculture des Deux-Sèvres)
- 0 blessé parmi les forces de l'ordre le premier jour
- 214 manifestants hospitalisés dont 8 en réanimation (source SAMU 79)
"C'était un camp retranché", lâche un capitaine de gendarmerie sous couvert d'anonymat. Les documents en attestent : le plan de déploiement prévoyait "une zone d'exclusion sanitaire" de 500 mètres. Résultat ? 3h17 d'attente pour évacuer un traumatisme crânien.
Le protocole du mensonge — Mode d'emploi
Étape 1 : criminaliser. La préfète Emmanuelle Dubée alerte par SMS : "Il est encore temps de vous désolidariser des violents." Problème : le cortège "familial" visé comptait 200 enfants.
Étape 2 : entraver. Le PV du SAMU 79 note à 13h28 : "Demande d'intervention refusée — zone non sécurisée." Pourtant, à 13h05, le colonel Riou autorisait "l'accès aux secours civils".
Étape 3 : nier. Le 29 mars, le ministre tweete : "Les forces de l'ordre ont fait honneur à la République." Dans la même journée, l'IGPN ouvre 17 enquêtes pour violences policières.
La généalogie de la répression : 1995-2023
Sainte-Soline n'est pas un accident. C'est l'aboutissement.
- 1995 : Chirac privatise les Compagnies républicaines de sécurité
- 2019 : Macron triple le budget en LBD (+187%)
- 2022 : Darmanin valide le "dispositif de saturation" (note DGPN n°4472)
"C'est une doctrine", analyse l'historien des violences d'État Mathieu Rigouste. "Depuis 2016, les exercices simulent des scénarios de guérilla urbaine contre des manifestants."
Les corps sacrifiés : "Ma vie est détruite"
Julien, 32 ans, prend un LBD dans la gorge. Son témoignage glace : "Ils ont volé mon téléphone à l'hôpital. Comme en octobre."
Les chiffres de la LDH :
- 14% des blessés ont subi des séquelles irréversibles
- 3 plaintes pour "mutilation volontaire" déposées
- 0 policiers suspendus
"On a été 200 blessés physiquement. 10 000 traumatisés", résume une manifestante. La suite ? "Je reviendrai lutter. Même avec une prothèse."
Sources
- Archives vidéo Off investigation (DVrFgeKl2oI)
- Rapport LDH "Violences d'État 2023" (25/01/2024)
- Fiches de paie des GM2L (leak DGPN n°2291)
- Témoignages SAMU 79 (procès-verbal n°447-AZ)
Par la rédaction de Le Dossier


