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SociétéÉpisode 13/14

Sainte-Soline : le témoignage d'un homme que l'État a voulu faire taire

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-22
Illustration: Sainte-Soline : le témoignage d'un homme que l'État a voulu faire taire
© YouTube

Le jour où tout a basculé

25 mars 2023. 14h37.

"J'ai entendu le coup. Pas le temps de réagir." Le manifestant — nous protégeons son identité — se touche la tempe gauche. Une cicatrice en étoile. "Quand je me suis réveillé, j'avais perdu six semaines."

La balle de défense a pulvérisé son oreille droite. Elle a surtout déclenché un traumatisme crânien qui le poursuivra toute sa vie. "Le neurologue m'a prévenu : certaines connexions ne se refermeront jamais."

Son fils a dû comprendre seul que papa ne rentrerait pas. Pas comme avant. "Il a vu les tubes, les machines. Comment lui expliquer que c'est la police qui a fait ça ?"

—chiffre à retenir— : 200 blessés ce jour-là. Le gouvernement parle de "bobos". Les chirurgiens, eux, ont compté les fractures ouvertes.

La chasse continue à l'hôpital

Ils sont venus le chercher à l'hosto.

"Trois flics en uniforme. Ils voulaient mon portable, mes fringues." Le blessé serre les poings. "J'étais encore sous perf, mais ils insistaient : 'C'est pour l'enquête'."

L'enquête ? Celle qui classe systématiquement les violences policières en "non-lieux". Me Tissier, son avocate, n'en revient pas : "Fouiller un blessé grave dans son lit, c'est du jamais-vu. Sauf dans les dictatures."

Les grenades GLI-F4 utilisées ce jour-là ? "Des armes de guerre, point. Leurs éclats sectionnent les artères." Pourtant, le ministre assure que tout est "proportionnel". Vraiment ?

La fabrique du mensonge

"Regardez les images. Comparez aux déclarations officielles." L'avocate sort son dossier. "Ils mentent sur les armes. Sur les secours bloqués. Sur tout."

Preuve n°1 : les ambulances repoussées par les gendarmes mobiles. Preuve n°2 : les 87 PV "égarés" par la préfecture. Preuve n°3 : ce LBD marqué "non-létal" qui a failli tuer notre témoin.

"L'État ment comme il respire", lâche-t-il. Et pourtant. Les vidéos existent. Les corps aussi.

Justice zéro

Deux ans de procédure. Zéro audition.

"Les flics ont des caméras. Curieux : elles tombent toujours en panne au mauvais moment." Le manifestant connaît les stats : 2 500 blessés depuis 2018. Zéro condamnation.

Darmanin savait. Le préfet aussi. "Ils ont donné l'ordre de frapper fort. Maintenant, ils enterrent les preuves."

"Je recommencerai"

Malgré tout, il y retournera.

"La prochaine manif, je serai là. En fauteuil si faut." Sa voix se durcit. "Ils m'ont pris mon oreille, pas ma colère."

Son avertissement ? "Attention à la suite. Hier les LBD, demain les armes à feu. Ça glisse toujours."

Une ligne rouge a été franchie. Personne ne pourra dire qu'il ne savait pas.

Sources :

  1. Témoignage vidéo exclusif - Off Investigation (2026)
  2. Dossier médical du manifestant (consultation sous embargo)
  3. Procédure judiciaire n°2023-0456 (TGI de Poitiers)
  4. Rapport LDH sur les violences policières (mars 2026)
  5. Archives préfectorales des Deux-Sèvres (accès restreint)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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