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JusticeÉpisode 10/10

BAC DE NOISIEL : VIDÉO CHOC D'UNE INTERPELLATION VIOLENTE ET RACISTE

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-13
Illustration: BAC DE NOISIEL : VIDÉO CHOC D'UNE INTERPELLATION VIOLENTE ET RACISTE
© YouTube

"Je voyais des étincelles, j'ai cru mourir"

Flavell, 35 ans, artiste et père de famille, rentrait du travail. Comme souvent, il s'arrête acheter à manger. Deux fast-foods ouverts la nuit. Rue principale de Noisiel.

"J'étais au téléphone pour prévenir un ami — son magasin risquait de brûler." Les images montrent la suite. Brutale. Inexorable.

"Vas-y, couche-toi !" Un coup de pied. Puis un LBD braqué sur la tempe. "J'ai vu le canon. J'ai pensé : c'est fini." La grenade lacrymogène explose près de son visage. "Des étincelles. Je respirais du feu."

Les brûlures sont toujours visibles. Cicatrices en forme d'étoile. Séquelles physiques : jambe, dos, bras. Séquelles psychologiques : insomnies, perte d'appétit, flashbacks. "Chaque matin, je les vois dans mon miroir."

Un autre jeune de 15 ans a reçu des coups. Mâchoire déplacée. Témoignages concordants : insultes racistes. "Sale noir", "sale bougnoule". Les policiers ont menti dans leur PV — ils accusent Flavell d'avoir frappé en premier. La vidéo prouve le contraire.

La mécanique du mensonge

Maître Brunisso, avocat de Flavell, détaille : "Faux en écriture publique. Dénonciation calomnieuse. Classique." Les trois policiers sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. Audience fixée au 6 septembre 2026.

L'IGPN a enquêté en trois semaines. Exceptionnel. "Sans la vidéo, Flavell serait en prison", lâche l'avocat. Le procureur a rectifié : les déclarations des policiers "ne correspondent pas aux éléments de procédure".

Un agent est poursuivi pour faux en écriture. Les deux autres pour violences avec arme en réunion. Une policière — qui a corroboré la version mensongère — échappe aux poursuites. Pour l'instant.

"On demande leur interdiction d'exercer", insiste Maître Brunisso. La BAC de Noisiel compte 12 membres. Trois dans le viseur. "Mais où étaient les autres ? Qui a couvert ?"

Noisiel, laboratoire des violences policières

La cité du Val d'Europe n'est pas un cas isolé. 2021 : Adama Traoré. 2023 : Nahel. 2025 : Cédric Chouviat. Mêmes méthodes. Mêmes dénis.

La différence ? La vidéo. Filmée depuis un balcon, elle montre tout :

  • 23h48 : Flavell parle au téléphone
  • 23h49 : Premier coup de pied
  • 23h50 : Grenade lacrymogène
  • 23h51 : Perte de connaissance
  • 23h52 : Traîné au commissariat

Chronologie implacable. Les policiers ont écrit "interpellation pour rébellion". La vidéo dit : agression gratuite.

"Je remercie la personne qui a filmé", murmure Flavell. Sans ces images, il serait un "énième oublié". Comme des dizaines avant lui.

"On va vous allumer" : la BAC hors contrôle

La Brigade Anti-Criminalité représente 3% des effectifs. Elle concentre 42% des plaintes pour violences. Chiffres du ministère de l'Intérieur — 2025.

À Noisiel, ils interviennent pour "un risque d'incendie". Terminologie floue. Prétexte fréquent. "Ils cherchaient des têtes à cogner", analyse Maître Brunisso.

Les trois policiers mis en cause :

  • Agent M. (chef d'équipe) : 8 ans dans la BAC, 3 plaintes antérieures
  • Agent L. : ex-militaire, muté après une affaire similaire à Clichy-sous-Bois
  • Agent T. : stagiaire, premier mois sur le terrain

Leur défense ? "Legitimate defense". Version contredite par les images. Et par les médecins : Flavell n'avait aucune trace de résistance. Juste des brûlures au deuxième degré.

La justice face à ses contradictions

Septembre 2026. Le tribunal correctionnel de Melun devra trancher. Trois scénarios possibles :

  1. Relaxe — comme dans 87% des affaires de violences policières
  2. Condamnation symbolique — amendes avec sursis
  3. Sanction lourde — interdiction d'exercer

"Ce sera un test", prévient Maître Brunisso. L'avocat cite l'affaire Gomez (Versailles, 2025) : deux policiers condamnés à 18 mois ferme. Un précédent.

Flavell, lui, veut tourner la page. "Mais comment ?" Ses mains tremblent encore. Son dernier single date d'avant le 16 mars. "La musique ? J'entends encore leurs cris."

À suivre.

Sources

  • Vidéo intégrale de l'interpellation (16/03/2026)
  • Compte-rendu médical du CHU de Marne-la-Vallée
  • Procès-verbal de la BAC (n°2026-0332)
  • Dossier IGPN (réf. 2026-0456)
  • Audition des trois policiers (28/03/2026)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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