Canicule, justice, peine de mort : les trois fronts du RN selon Chenu

Vingt milliards. Le chiffre claque. Sébastien Chenu, vice‑président du Rassemblement national, les promet pour climatiser la France. Problème : il n'a pas d'étude sur la consommation électrique. Sur l'affaire Liana, il dénonce des « carences et défaillances ». Pendant ce temps, deux polémiques internes — Bardella à Monaco, Jacobelli sur la peine de mort — l'obligent à justifier son camp.
Climatisation : 20 milliards, zéro étude d'impact
Huitième jour de vague de chaleur. La France étouffe. Le RN a une solution : climatiser massivement. Sébastien Chenu détaille ce plan sur France Info.
« Moi, je me réfère au rapport Pisani », lance‑t‑il. Ce rapport public chiffre à 20 milliards d'euros le fonds nécessaire pour isoler et climatiser les bâtiments publics et privés. « 20 milliards, c'est tout compris sur privé public », insiste Chenu.
Mais le compte n'y est pas. Son collègue Jean‑Philippe Tanguy estimait le coût d'un climatiseur entre 1000 et 5000 euros. Multiplié par 40 millions d'appareils — le chiffre avancé par le RN —, cela donne 60 milliards. Jean‑François Copé, lui, parle de 50 milliards.
Chenu esquive. « Sur ces 20 milliards, vous n'avez pas les mêmes démarches selon que ce soit le privé ou public. » Il propose des prêts à taux zéro pour les particuliers. Pour les bâtiments publics, il veut utiliser les recettes de la journée de solidarité — 3 milliards d'euros, créée en 2004 sous Jean‑Pierre Raffarin. « Vous avez également l'Ademe », ajoute‑t‑il.
La journaliste insiste : où trouver les 6,5 milliards par an jusqu'en 2030 ? Chenu fait le tour des économies : fermer l'Office français de la biodiversité, supprimer le Conseil économique, social et environnemental.
Et l'impact sur le réseau électrique ? « J'ai pas les moyens de faire l'étude que vous me demandez », reconnaît‑il. « C'est l'État qui doit faire. » Il se retranche derrière le professeur Juvain, selon qui la climatisation « empêcherait jusqu'à 47 % des décès liés à la chaleur ».
Le débat glisse. Chenu attaque le gouvernement : « Ils n'ont eu aucune vision, aucune anticipation. » Il cite 71 rames de train Intercités et des RER arrêtés parce que la climatisation ne fonctionnait pas. « L'État a acheté du matériel espagnol », regrette‑t‑il. Sa solution ? Un « patriotisme économique intelligent ».
La ministre de l'Écologie est dans son viseur. « Je l'ai vue une fois en un an à l'Assemblée nationale », affirme Chenu. Il dénonce une « idéologie anticlimatisation » : le fonds vert, dit‑il, exclut la climatisation pour les écoles. « Un maire qui veut utiliser le fonds vert pour rénover son école avec de la clim, sa subvention sera refusée. »
La journaliste rappelle que la députée RN Katiana Levavasseur avait qualifié le GIEC de « catastrophe pour le moral des Français ». Chenu assure : « Les analyses du GIEC, je les remets pas en cause. » Il distingue les recommandations, sur lesquelles « on peut diverger ».
La journaliste le coince : « Vous proposez 40 millions de climatiseurs. C'est beaucoup. » Chenu répond par un argument de productivité : « Ça coûte très cher les pics de chaleur où les Français arrêtent de travailler. » Un coût humain, un coût économique. Pas d'étude environnementale. Voilà.
L'affaire Liana : des paroles sans chiffres
Chenu évoque le meurtre de Liana. « Un rapport de l'Inspection générale de la justice et de la gendarmerie a mis en lumière de graves défaillances », rappelle la journaliste. Chenu est tranchant : « Carences et défaillances. » Il pointe le manque de moyens, de places de prison et de greffiers.
Interrogé sur la future loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles, Chenu se montre prudent. Le RN se dit ouvert mais émet des réserves sur la responsabilisation exclusive des hommes et des familles. Il préfère « embarquer tout le monde dans la protection de l'enfance ».
Bardella à Monaco, Jacobelli sur la peine de mort : le RN en roue libre
Jordan Bardella, président du RN, était au Grand Prix de Monaco le jour de la marche blanche pour Liana. Interrogé, il a répondu : « Des marches blanches, il y en a tous les jours. » Gabriel Attal, ancien Premier ministre, l'a accusé de désinvolture sur France Info. Chenu minimise la polémique et attaque Gérald Darmanin sur la justice.
Laurent Jacobelli, député RN, a suggéré que le parti respecterait un référendum sur le rétablissement de la peine de mort. Marine Le Pen l'avait jugée inconstitutionnelle en 2022. Chenu se dit abolitionniste mais évoque une « perpétuité réelle » pour éviter le retour des criminels. Et pourtant.
📰Source :YouTube
Par la rédaction de Le Dossier
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