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SociétéÉpisode 2/6

Canicule : 61 départements en rouge, les hôpitaux sous pression

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-25
Illustration: Canicule : 61 départements en rouge, les hôpitaux sous pression
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29,9°C — cet indicateur qui raconte tout

Mardi, l'indicateur thermique national a touché 29,9°C. Puis la barre des 30°C s’est envolée. Météo France le confirme : les températures les plus chaudes jamais observées s’enchaînent.

61 départements en rouge. 11 repassent en orange.

Le Premier ministre a activé le plan Orsan niveau 3. Objectif : renforcer les effectifs hospitaliers, permettre au système de tenir. Face à une canicule exceptionnelle.

25 arrêts cardiaques en 24 heures

Wilfried Samut, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France, témoigne sur Public Sénat. 25 arrêts cardiaques recensés en 24 heures. Contre moins de 10 d'habitude.

Les urgences ? +20 à 30 % d’activité.

À l’hôpital de Versailles, pas de fontaines d’eau. Dans certains services, le thermomètre affiche 34-35 °C. L’interdiction de filmer à l’hôpital ? Un intervenant la qualifie de « stalinienne ».

Depuis la canicule de 2003 — qui a fait 15 000 morts — 100 à 120 000 lits d’hôpital ont disparu. 30 % des postes de praticiens hospitaliers sont vacants.

2003 : des leçons pas tirées

« On n’a pas tiré les leçons de la canicule de 2003. » Gaëlle Musquet, météorologue spécialiste des risques majeurs, le dit sans détour sur le plateau de Sens Public.

La prévention coûte cinq fois moins que la gestion de crise. Mais elle reste le « parent pauvre » des politiques. Et pourtant.

Le rapport 2023 de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique le confirme : les vagues de chaleur vont s'intensifier. En fréquence. En durée.

L'Europe, un territoire inadapté

Yann — présidente du laboratoire mondial des sobriétés, chercheuse à Sciences Po, autrice du sixième rapport du GIEC — pose le diagnostic. L'Europe est particulièrement exposée pour trois raisons. Sa géographie : Méditerranée, glaciers qui fondent. Son urbanisme : des infrastructures construites pour un climat qui n'existe plus. Sa démographie : population vieillissante, absence de refuges climatiques.

« Nous sommes les plus vulnérables en raison de notre infrastructure », conclut-elle.

Des prévisions ignorées

Laurent Fabius, ex-président de la COP21, avait prévenu. Les conséquences à court terme du changement climatique.

« Tout se passe comme prévu », ironise Michael Darmont, éditorialiste pour Sens Public. Il rappelle les cartes d'Evelyne Délia sur TF1 en 2014 et 2021. Des scénarios pour 2050. Aujourd'hui réalisés.

« C'est ce que l'on vit maintenant », constate-t-il.

Jean-Marc Jancovici, expert climat, répète ce message depuis des années. Des années.

Objectifs climatiques : la France n'y arrive pas

Marie Beland, journaliste aux Échos, est claire : la France devrait réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5 % par an. Elle n'y parvient pas.

Yann ajoute que les politiques actuelles ne s'attaquent pas aux causes profondes. Certaines mesures ? Du greenwashing, dit-elle.

La Cour internationale de justice et l'ONU viennent de rendre un avis et une décision. Conséquence : la France pourrait faire face à des actions en justice pour réparations climatiques.

Des infrastructures fragiles

Les intervenants le soulignent : infrastructures électriques et nucléaires vulnérables aux fortes chaleurs.

Gaëlle Musquet alerte sur un risque précis — accident électrique en cas de feu de forêt à proximité de lignes haute tension.

10 % de mortalité animale en plus

Les urgences vétérinaires enregistrent plus de 10 % de mortalité supplémentaire chez les animaux pris en charge. Comparé à l'an dernier.

Et maintenant ? Un débat politique qui s'annonce

« La prise de conscience est beaucoup plus forte cette fois », observe Marie Beland. La canicule frappe en juin, en pleine activité normale. L'impact devient concret.

Yann espère que la question climatique s'imposera dans la campagne présidentielle. Michael Darmont, lui, en doute. Il craint que le sujet s'efface dès le retour des températures normales.

Les faits sont là. La France n'a pas tenu ses engagements. Les hôpitaux craquent. La menace judiciaire se précise. Reste une question : ce choc thermique provoquera-t-il un choc politique ?

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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