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SociétéÉpisode 5/7

Boîtes de nuit du Sud : SOS Racisme dévoile des discriminations, la justice au banc des accusés

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-30
Illustration: Boîtes de nuit du Sud : SOS Racisme dévoile des discriminations, la justice au banc des accusés
© YouTube

Le testing : des discriminations constatées

La méthode est rodée. SOS Racisme envoie des groupes de jeunes — les uns blancs, les autres noirs ou arabes — à l’entrée des mêmes établissements. Résultat : dans le Sud de la France, 8 établissements sur 40 ont pratiqué une discrimination raciale. À Nice, une boîte demande 15 euros aux Blancs, 200 euros aux Noirs, avec obligation d’acheter une bouteille. À Montpellier, on dit « c’est complet » aux uns, mais pas aux autres. À Marseille, il faut « être habitué ». Sauf que les Blancs qui arrivent juste après, eux, entrent sans problème.

Ces chiffres, SOS Racisme les a obtenus par des testings menés dans 40 établissements. Huit ont été épinglés. « On ne dit jamais que c’est parce que vous êtes noir ou arabe qu’on vous refuse, explique Dominique Sopo. On trouve des faux prétextes. »

Une parole raciste libérée

Dans l’interview, Sopo a également réagi à une vidéo tournée lors d’une feria dans l’Ain. On y voit des jeunes chanter en chœur : « On n’aime pas les bougnoules et on s’en fout ! » « Ces personnes disent ça avec décontraction, alors qu’elles savent très bien qu’elles sont filmées en public », commente-t-il.

Quelques semaines plus tôt, un autre incident avait déjà fait le tour des réseaux sociaux : dans une boîte de nuit de Rodez, des jeunes scandaient « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir ». Pour Sopo, c’est un signe que « la parole raciste peut s’exprimer à nouveau très tranquillement ». Et il pointe la responsabilité du discours politique.

La responsabilité politique : Retailleau, le RN, LR, et la gauche timide

Sopo accuse Bruno Retailleau, alors ministre de l’Intérieur, d’avoir lancé des formules comme « vive le sport, à bas le voile » — des propos qui, selon lui, « excitent la xénophobie ». Il cite aussi le fait qu’un ministre ne se soit pas rendu sur les lieux d’un crime impliquant un musulman. « Il y a une forme d’excitation raciste, tous ces débats autour de l’immigration, y compris au Sénat et à l’Assemblée. Voici ce que ça produit. »

Le Rassemblement National est directement visé : « Des gens qui disent “Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir”, on peut dire qu’ils ont compris le programme. » Mais Sopo n’épargne pas Les Républicains, qu’il accuse de « complaisance et de silence dans la contestation du racisme ». Et la gauche ? Il la juge « trop faible » historiquement, citant le quinquennat Hollande et la déchéance de nationalité, ou la loi immigration votée avec retard.

Interrogé sur le rôle des médias et des politiques, Sopo parle de « cadrage du débat public ». Le message sous-jacent : « Si on a des problèmes, c’est à cause des Noirs, des Arabes, des immigrés. » Ce cadre, selon lui, autorise les citoyens à se dire qu’ils sont « en droit d’être virulents » envers ces populations.

Une justice trop lente, trop clémente

Selon Sopo, « en France, en matière de discrimination raciale, il y a entre 0 et 10 condamnations pénales par an sur tout le territoire ». Un exemple frappant : SOS Racisme a déposé une plainte en février 2001 contre une agence d’intérim. Elle n’a été condamnée qu’en 2024. Vingt-trois ans de procédure. « La lenteur des recours, des contestations de classement sans suite, des refus d’actes d’instruction… C’est un combat qui, s’il n’avait pas été mené, aurait amené à une absence de condamnation », explique Sopo.

« Le droit est de notre côté, mais il n’est pas effectif », résume-t-il.

Le débat sur le racisme anti-Blanc : une arme politique

L’interview aborde aussi l’affaire Thomas, à Crépol, où les juges d’instruction ont requalifié les faits avec une circonstance aggravante de racisme. Sopo est sceptique : « Les juges ne parlent pas de racisme anti-Blanc. Ils disent qu’il y a une circonstance aggravante de racisme. » Il rappelle que le concept de « racisme anti-Blanc » est utilisé par l’extrême droite comme une « arme de guerre » venue du concept de racisme antichrétien ou antifrançais. « Cela consiste à dire que le problème n’est pas le racisme que subissent les Noirs et les Arabes, mais celui qu’ils font subir aux Blancs. Ce n’est pas de l’antiracisme. »

Et maintenant ?

Ce que propose SOS Racisme ? D’abord, rendre publics les noms des établissements — ce qu’ils font parfois, mais pas toujours, pour « ficeler » les plaintes. Ensuite, accélérer les procédures.

Le journaliste Balla Fofana écrit : « A force, on anticipe. Charge raciale oblige, on apprend à contourner les obstacles. »

📰Source :youtube.com

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