FIFA : un projet de société commerciale, des investisseurs proches de Trump et un boycott en marche

Le plan : lever des fonds en ouvrant le capital
Le projet a été révélé par le journal britannique The Times, puis confirmé par la FIFA dans un communiqué officiel. Il s'agit de créer une société baptisée FIFA Forward Enterprise. Elle regrouperait l'ensemble des actifs commerciaux de l'instance : droits de diffusion, sponsoring, billetterie, organisation des compétitions — dont la Coupe du monde.
La FIFA conserverait le contrôle exclusif de cette société. Mais elle ouvrirait environ 20 % de son capital à des investisseurs privés. L'objectif affiché est de lever des fonds dès 2025. Officiellement, l'argent servirait à financer le développement du football mondial. La FIFA promet de reverser plus de 10 milliards de dollars sur quatre ans aux 211 fédérations membres.
Chaque fédération qui adhérerait au nouveau programme facultatif — baptisé FIFA Fast Forward — pourrait toucher des fonds supplémentaires. Selon The Times, la FIFA aurait fixé une date limite : le 19 septembre. Les fédérations qui acceptent avant cette date recevraient des fonds. Les autres, beaucoup moins. Une méthode que certains détracteurs qualifient de pure corruption.
Pourquoi ? Parce que la FIFA est, en théorie, une association à but non lucratif. Pas de profits pour des actionnaires.
Les investisseurs : Joshua Kushner, le frère du gendre
Selon la source, le groupe d'investisseurs qui pourrait racheter une partie de la FIFA serait dirigé par le fonds Thrive Eternal, créé par Joshua Kushner. Son frère, Jared Kushner, est le gendre de Donald Trump. Jared Kushner a été l'un des conseillers de l'administration Trump.
Le lien est direct. Les deux frères sont proches de Donald Trump. Il y a quelques mois, Infantino a remis à Trump le tout premier prix de la paix de la FIFA — une récompense qui avait suscité un tollé. Une ONG et la Fédération norvégienne de football avaient saisi la commission d'éthique de la FIFA. Aujourd'hui, le même Infantino propose de vendre une partie de la Coupe du monde à des proches de Trump.
Infantino : le président qui deviendrait PDG
Le point le plus explosif du dossier — et le moins confirmé — concerne l'avenir de Gianni Infantino. Selon The Times, une fois son mandat de président de la FIFA terminé, Infantino pourrait devenir le directeur général de la nouvelle société FIFA Forward Enterprise. Son salaire actuel de président est de 2,6 millions de dollars par an. Dans son nouveau rôle, il pourrait toucher un salaire estimé à 64 millions de dollars par an, selon la source.
Ce chiffre n'a pas été officiellement confirmé par la FIFA. Infantino a publié une vidéo sur la chaîne officielle de la FIFA pour défendre le projet, affirmant qu'il s'agit d'une simple consultation et d'un processus démocratique.
« C'est une opportunité, pas une obligation », a-t-il déclaré, selon la vidéo. Les fédérations restent libres d'accepter ou non. Mais la date limite du 19 septembre, associée à la promesse de fonds pour les premières signataires, ressemble à une pression.
Le conflit d'intérêts est flagrant. Infantino négocie aujourd'hui, en tant que président de la FIFA, un accord dont il pourrait personnellement profiter demain. Un député démocrate américain a convoqué Infantino devant une commission de la Chambre des représentants pour l'interroger sur ses liens avec l'administration Trump.
La réaction : boycott et accusations
Les réactions ne se sont pas fait attendre. L'UEFA a dénoncé un projet qui « franchit une limite que les instances dirigeantes du football ne devraient jamais dépasser », selon ses déclarations. Les 55 fédérations membres de l'UEFA, y compris la Fédération française de football, ont voté pour boycotter la Coupe du monde si la FIFA poursuit son projet de céder une partie de ses compétitions à des investisseurs privés.
Plusieurs responsables politiques ont également réagi. Marina Ferrari, la secrétaire d'État française chargée du Numérique, a dénoncé « un tournant majeur ». Andy Burnham, le maire de Manchester et ancien ministre britannique, a déclaré que « le football n'appartient pas aux investisseurs ».
Seule la Turquie a, pour l'instant, publiquement soutenu l'initiative. La Confédération africaine de football (CAF) a appelé ses associations membres à examiner le projet et à participer à la consultation.
Et maintenant ?
Le 19 septembre, les 211 fédérations membres de la FIFA doivent se prononcer. Si au moins la moitié d'entre elles soutiennent le projet, il sera soumis au conseil de la FIFA, qui pourrait l'adopter. Infantino assure que la démarche est démocratique. Mais la menace de l'UEFA de boycotter la Coupe du monde change la donne.
Un boycott européen rendrait le projet économiquement intenable. Les investisseurs ne mettraient pas des fonds dans une compétition sans les équipes européennes.
Une date. Une question. Le 19 septembre, on saura si la Coupe du monde appartient encore aux supporters ou déjà aux Kushner.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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